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    <title>lectures &amp;mdash; Poltergeist</title>
    <link>https://blog.parpoil.org/tag:lectures</link>
    <description>un journal personnel</description>
    <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 23:11:48 +0100</pubDate>
    <item>
      <title>Lecture : 2025</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/lecture-2025</link>
      <description>&lt;![CDATA[Me voici quasiment cloué au lit suite à une opération, c&#39;est le moment de faire un peu le point sur mes dernières lectures frappantes, d&#39;autant qu&#39;en prévision de ce moment j&#39;ai dépensé mes sous à tort et à travers libéralement dans les librairies pour alimenter le plaisir anticipé consistant à créer des piles de lectures au pied de mon lit et dans mes étagères.&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Octavia Butler&#xA;&#xA;La parabole du semeur : voilà enfin un récit post-apo qui tabasse. &#xA;&#xA;Je l&#39;avais commencé avec un enthousiasme modéré parce que ce genre de SF n&#39;est pas trop ma tasse de thé, et aussi parce que le synopsis est drôlement proche de La route (Cormac McCarthy) qui m&#39;était tombé des mains tellement c&#39;est une bouse emmerdante et sans intérêt. Quelle maladie a touché la presse française à la sortie de ce pensum, je me le demande. Il faut aimer se flageller avec des orties pour apprécier. Donnez-moi par pitié cent mille Octavia et Ursula et rangez Cormac à la poubelle. &#xA;D&#39;ailleurs je suppute que le critique français masturbateur aime bien trouver de temps en temps une œuvre de genre cette fois c&#39;est tombé sur &#34;la science fiction&#34; c&#39;était l&#39;occasion rhalala ça m&#39;énerve. Et au fait, pas de science ici c&#39;est une anticipation.&#xA;&#xA;Un synopsis proche disais-je, celui de la fin du monde, amené de manière très intelligente sur le fond et formidable dans la forme car on lit un journal intime, écrit de manière tellement prenante et vivante qu&#39;on s&#39;y croit totalement. Chose amusante : l&#39;histoire, écrite en 93, se déroule en 2025 et (presque) tout est tellement réaliste. En tout cas, la manière dont le monde s&#39;effondre est très réaliste, à tel point que c&#39;est une fictions les plus ancrées que j&#39;aie lu sur ce thème. &#xA;Je l&#39;ai acheté dans un élan de littérature &#34;sérieuse&#34;, sans doute en même temps que des essais qui resteront inachevés sur une étagère -ça m&#39;arrive régulièrement- cette fois-ci il arrivait tout de même auréolé de critiques (de critiques de gens qui savent ce qu&#39;ils lisent, je précise) très positives, et c&#39;est l&#39;occasion de découvrir une autrice importante. Ça brasse large, j&#39;ai eu un peu de mal à entrer dedans puis le déclic s&#39;est fait et je l&#39;ai lu d&#39;une traite. &#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Ann Leckie&#xA;&#xA;En parlant de science-fiction, de la vraie cette fois avec des vaisseaux spatiaux et tout, j&#39;ai acheté un recueil de nouvelles d&#39;Ann Leckie qui a obtenu de manière très très méritée le prix Hugo 2024 pour Les Chroniques du Radch, une des choses les plus follement innovantes que j&#39;ai lu depuis des années, que je ne vais pas raconter , mais qui a un ton, un univers, des personnages extraordinairement singuliers et attachants. Il m&#39;est resté longtemps en tête, et malgré sa sortie récente je l&#39;ai lu plusieurs fois. &#xA;Bref j&#39;attends beaucoup de ce livre, sa tranche me regarde depuis l&#39;étagère et je savoure le moment où je l&#39;ouvrirai, même si les nouvelles sont moins ma tasse de thé que les romans. &#xA;&#xA;Benjamin Labatut&#xA;&#xA;À propos de tranche qui me regarde et réciproquement, j&#39;ai prévu de lire Maniac après avoir dévoré d&#39;un coup Lumières aveugles, un autre livre impossible à décrire ou résumer et tellement étrange, exotique et bizarre... Il a un côté collection d&#39;anecdotes filées qui m&#39;a fait un peu penser à ce que faisait Sebald avec l&#39;histoire (la grande histoire, la sienne, celle de ses proches), mais lui s&#39;intéresse à l&#39;histoire des sciences : c&#39;est intriguant puis intéressant puis perturbant à mesure qu&#39;on se demande où est le vrai. Un livre très très fort.&#xA;&#xA;Alexis Jenni&#xA;&#xA;Également, j&#39;ai lu la courte biographie de John Muir par Alexis Jenni, une très jolie découverte qui m&#39;accompagnera longtemps je pense.&#xA;&#xA;J&#39;avoue je ne connaissais pas John Muir, sauf peut-être pour avoir croisé son nom parfois ? en tout cas je ne connaissais pas son histoire et elle est littéralement extraordinaire, y compris pour ses contemporains. Et puis elle se déroule encore cette époque bénie où les frontières entre sciences n&#39;existaient pas comme aujourd&#39;hui et où l&#39;on pouvait devenir à la fois ingénieur, géologue, naturaliste et bien sûr homme de lettres. En plus à cette période charnière où la conquête est terminée mais pas la découverte et où se mettent en place les mécaniques de domination dont on voit aujourd&#39;hui la continuation, les mêmes causes produisant les mêmes effets.&#xA;&#xA;Mais surtout, quel aventurier incroyable, qui n&#39;a eu de cesse de se déplacer à travers le monde pour en constater et relater les beautés et surtout les éprouver de manière physique et spirituelle.&#xA;Bref une biographie classique mais qui va au cœur de l&#39;individu John Muir, et écrite avec une grande tendresse.&#xA;&#xA;Laurent Gaudé&#xA;&#xA;Sinon en début d&#39;année j&#39;ai lu deux livres de Laurent Gaudé, d&#39;abord La porte des Enfers, parce que j&#39;avais conservé un bon souvenir du soleil des Scorta et que j&#39;avais celui-ci dans ma bibliothèque depuis un moment. C&#39;est très bien écrit, vraiment. C&#39;est également sinistre au dernier degré : pas un rai de lumière dans ce cloaque. Alors certes l’œuvre traite de la mort et du deuil mais quand même. &#xA;&#xA;En plus les aspects mythologiques sont bizarrement amenés, puis curieusement traités, c&#39;est à la fois trop terre-à-terre et fantasmagorique. Et au final la description des enfers est d&#39;une monotonie barbante. &#xA;Bref, une lecture déprimante. La langue reste belle  et heureusement c&#39;est assez court. &#xA;&#xA;Et comme la critique était positive, j&#39;ai lu dans la foulée ou presque, Chien 51, un polar SF dystopique, toujours aussi bien écrit et sans fausse note, lui. Son univers est particulièrement consistant et réaliste, sa construction m&#39;a beaucoup plu, les personnages sont attachants et le mystère reste entier jusqu&#39;aux dernières pages.&#xA;&#xA;Par contre c&#39;est de nouveau sinistre et déprimant, rien ne vient égayer cette vision terrifiante de notre futur : je ne suis pas certain de continuer à lire Gaudé :)&#xA;&#xA;Ted Conover&#xA;&#xA;Une découverte incroyable, grâce à une émission de radio je crois (il a dû passer dans les midis de Culture), dont le pitch n&#39;est pas forcément très attirant. &#xA;&#xA;J&#39;ai donc lu d&#39;une traite Là où la terre ne vaut rien (plus précisément là ou l&#39;hectare de terrain vaut 1000$)  en gardant en tête les paysages somptueux du Colorado et ce qu&#39;ils remontent de construction culturelle sur ces paysages &#34;vides&#34; qui n&#39;attendent que des colons. &#xA;&#xA;Le défilé de personnalités hors normes est incroyable, tout comme la pauvreté saisissante de ces laissés-pour-compte et ce qu&#39;ils racontent de l&#39;Amérique d&#39;aujourd&#39;hui.&#xA;&#xA;Mathieu Auzanneau&#xA;&#xA;Un auteur qui connaît bien son sujet car il dirige the Shift Project et a déjà écrit une somme sur le pétrole (Or noir, la grande histoire du pétrole, je sais que c&#39;est une somme car je l&#39;ai chez moi et il fait 10 cm d&#39;épaisseur).  &#xA;Ici nous sommes plutôt dans l&#39;hyper-light : Pétrole, le déclin est proche se lit en une soirée. Une soirée agréable car c&#39;est bien écrit et on y apprend beaucoup. &#xA;&#xA;Le livre part d&#39;une histoire proche : en 2000, le concept de pic pétrolier était dans l&#39;air puis les américains ont &#34;inventé&#34; le gaz et le pétrole de schiste et magiquement la question des limites de ressources énergétiques a disparu du débat public. Le shift project a eu accès vers les années 2020 a des données très peu partagées, produites par un des principaux cabinets qui compilent de la donnée relative au stock (données généralement vendues à prix d&#39;or aux acteurs du secteur). En faisant converger pas mal d&#39;informations, il postule que le pic pétrolier a été atteint vers 2021 et que nous faisons désormais face à la fin du pétrole facile à une échéance connue et surtout, proche. Proche, c&#39;est 2030, 2040, 2050 ? dans pas longtemps en tout cas, surtout à l&#39;échelle de notre civilisation qui s&#39;est construite sur une énergie surabondante depuis 200 ans. &#xA;&#xA;Et c&#39;est précisément cet aspect du livre qui m&#39;a le plus fasciné : envisager l&#39;histoire et la géopolitique sous le prisme de la disponibilité des ressources ce qui modifie pas mal d&#39;idées préconçues : Pearl Harbour ? les japonais cherchaient à accéder aux ressources pétrolières du sud asiatique. Les allemands ont perdu la deuxième guerre ? c&#39;était inévitable car ils n&#39;avaient pas suffisamment d&#39;énergie face au bloc de l&#39;ouest. Et je ne parle même pas de la guerre en Irak. Je cite de mémoire &#34;ces guerres ont eu lieu en période de surabondance, que seront-elles lorsque les ressources seront en train de se tarir ?&#34;&#xA;&#xA;Une partie du livre expose les contraintes physiques liées à l&#39;exploitation des ressources fossiles et explique pourquoi les chiffres généralement agités par les industriels ou les politiciens ne sont pas fiables. &#xA;&#xA;Et il rappelle utilement ce qu&#39;on croit savoir par ailleurs : notre civilisation et notre mode de vie reposent sur le pétrole. Pas de pétrole ? pas de médicament, pas de production agricole sans paysan, pas de biens de consommation courante, pas de transferts sur le globe. Et d&#39;un point de vue géopolitique, pas de domination américaine.&#xA;&#xA;Et puis bien sûr il appuie là où ça fait mal : la fin du pétrole ne signifiera pas la fin de l&#39;extractivisme ou la baisse d&#39;émissions de GES. Le fait que personne ne s&#39;y prépare rend inéluctables des chocs monstrueux à venir. &#xA;&#xA;Bref un livre salutaire avec un côté curieusement enthousiasmant, façon puzzle : une esquisse de la fin d&#39;un monde. Dommage que ce soit la réalité et qu&#39;on soit en plein dedans.&#xA;&#xA;L&#39;atelier paysan&#xA;&#xA;Ce livre est presque déjà un classique en tant que critique du techno-solutionnisme. Moi, qui pensait connaître le sujet, ai beaucoup appris en le lisant, notamment sur l&#39;histoire de la mécanisation. &#xA;&#xA;En décortiquant les rouages de la grosse machinerie agricole, la démonstration est faite de nouveau, que les paysans sont avec les consommateurs les premières victimes d&#39;un système industriel qui a des racines historiques profondes et répond à une idéologie délétère. &#xA;&#xA;Je l&#39;ai lu dans la foulée de celui sur le pétrole, ça va bien ensemble.&#xA;&#xA;Larry McMurtry&#xA;&#xA;Restons en Amérique avec Lonesome Dove, un chef-d’œuvre à bien des niveaux. &#xA;&#xA;Il nous fait suivre un groupe de Texas Ranger, plus particulièrement d&#39;eux d&#39;entre eux ainsi que plusieurs personnages annexes dans les années 1840 à la frontière des États-Unis et du Mexique qui n&#39;a pas encore sa forme actuelle et ressemble plutôt à un gigantesque no man&#39;s land où les colons risquent leur vie et où les Indiens tentent encore de vivre la leur. &#xA;&#xA;Je n&#39;avais encore jamais lu d&#39;histoire aussi documentée se déroulant à cette époque, je trouve que le roman éclaire beaucoup la mentalité des pionniers qui explique tellement de choses sur la vie publique américaine. Il montre aussi la construction mouvementée de l&#39;unité territoriale américaine, qu&#39;on connaît mal en France il faut bien dire. &#xA;&#xA;Les personnages sont tous étrangement attachants, j&#39;écris étrangement car plusieurs d&#39;entre eux sont complètement barrés. Ils sont aussi très ambivalents et ont parfois du mal à justifier leurs propres actes ce qui nous les rapproche. Les dialogues sont savoureux et souvent drôles. L&#39;auteur suit les personnages un à un et nous fait ainsi brièvement mais aussi très rapidement comprendre le point de vue des personnages, pas en tant qu&#39;archétype (indien/ranger par exemple) mais en tant qu&#39;individu.  &#xA;&#xA;Et les personnages de femmes, ha ! sont incroyables surtout dans le deuxième volet. Bref un must-read.&#xA;&#xA;DOA&#xA;&#xA;J&#39;avais acheté Rétiaires il y a plusieurs mois puis je l&#39;&#39;ai laissé sciemment prendre la poussière sur une étagère parce que j&#39;attendais le moment propice à sa lecture pour deux raisons ; d&#39;abord, ce n&#39;était pas rien de se plonger dans Citoyens clandestins puis dans Pukhtu alors j&#39;attendais d&#39;être psychologiquement un peu disponible pour l&#39;entamer. &#xA;&#xA;Qu&#39;on se rassure le livre est beaucoup moins foisonnant et complexe que Pukhtu, je le qualifierais de polar &#34;classique&#34; bien enlevé avec des personnages ambigus comme on aime (surtout du côté des flics, les voyous sont plus attendus), un intrigue assez straight mais qui utilise un peu trop de retours en arrière à mon goût. &#xA;&#xA;Je l&#39;ai lu d&#39;une traite ça reste un bon polar bien documenté et qui donne une vraie impression d&#39;être embarqué en quelques mots dans les organisations de chaque côté, mais il est trop classique dans sa construction par rapport à ce que je connaissais déjà de l&#39;oeuvre de DOA alors j&#39;ai été un poil déçu.&#xA;&#xA;lectures]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Me voici quasiment cloué au lit suite à une opération, c&#39;est le moment de faire un peu le point sur mes dernières lectures frappantes, d&#39;autant qu&#39;en prévision de ce moment j&#39;ai dépensé mes sous <del>à tort et à travers</del> libéralement dans les librairies pour alimenter le plaisir anticipé consistant à créer des piles de lectures au pied de mon lit et dans mes étagères.
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<h2 id="octavia-butler" id="octavia-butler">Octavia Butler</h2>

<p><a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791030703313-la-parabole-du-semeur-octavia-e-butler/">La parabole du semeur</a> : voilà enfin un récit post-apo qui tabasse.</p>

<p>Je l&#39;avais commencé avec un enthousiasme modéré parce que ce genre de SF n&#39;est pas trop ma tasse de thé, et aussi parce que le synopsis est drôlement proche de <em>La route</em> (Cormac McCarthy) qui m&#39;était tombé des mains tellement c&#39;est une bouse emmerdante et sans intérêt. Quelle maladie a touché la presse française à la sortie de ce pensum, je me le demande. Il faut aimer se flageller avec des orties pour apprécier. Donnez-moi par pitié cent mille Octavia et Ursula et rangez Cormac à la poubelle.
D&#39;ailleurs je suppute que le critique français masturbateur aime bien trouver de temps en temps une œuvre de genre cette fois c&#39;est tombé sur “la science fiction” c&#39;était l&#39;occasion rhalala ça m&#39;énerve. Et au fait, pas de science ici c&#39;est une anticipation.</p>

<p>Un synopsis proche disais-je, celui de la fin du monde, amené de manière très intelligente sur le fond et formidable dans la forme car on lit un journal intime, écrit de manière tellement prenante et vivante qu&#39;on s&#39;y croit totalement. Chose amusante : l&#39;histoire, écrite en 93, se déroule en 2025 et (presque) tout est tellement réaliste. En tout cas, <em>la manière dont le monde s&#39;effondre</em> est très réaliste, à tel point que c&#39;est une fictions les plus ancrées que j&#39;aie lu sur ce thème.
Je l&#39;ai acheté dans un élan de littérature “sérieuse”, sans doute en même temps que des essais qui resteront inachevés sur une étagère -ça m&#39;arrive régulièrement- cette fois-ci il arrivait tout de même auréolé de critiques (de critiques de gens qui savent ce qu&#39;ils lisent, je précise) très positives, et c&#39;est l&#39;occasion de découvrir une autrice importante. Ça brasse large, j&#39;ai eu un peu de mal à entrer dedans puis le déclic s&#39;est fait et je l&#39;ai lu d&#39;une traite.</p>

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<h2 id="ann-leckie" id="ann-leckie">Ann Leckie</h2>

<p>En parlant de science-fiction, de la vraie cette fois avec des vaisseaux spatiaux et tout, j&#39;ai acheté un recueil de nouvelles d&#39;Ann Leckie qui a obtenu de manière très très méritée le prix Hugo 2024 pour <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782290111437-les-chroniques-du-radch-tome-1-la-justice-de-l-ancillaire-ann-leckie/">Les Chroniques du Radch</a>, une des choses les plus follement innovantes que j&#39;ai lu depuis des années, que je ne vais pas raconter , mais qui a un ton, un univers, des personnages extraordinairement singuliers et attachants. Il m&#39;est resté longtemps en tête, et malgré sa sortie récente je l&#39;ai lu plusieurs fois.
Bref j&#39;attends beaucoup de ce livre, sa tranche me regarde depuis l&#39;étagère et je savoure le moment où je l&#39;ouvrirai, même si les nouvelles sont moins ma tasse de thé que les romans.</p>

<h2 id="benjamin-labatut" id="benjamin-labatut">Benjamin Labatut</h2>

<p>À propos de tranche qui me regarde et réciproquement, j&#39;ai prévu de lire <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782246833420-maniac-benjamin-labatut/">Maniac</a> après avoir dévoré d&#39;un coup <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791041413027-lumieres-aveugles-benjamin-labatut/">Lumières aveugles</a>, un autre livre impossible à décrire ou résumer et tellement étrange, exotique et bizarre... Il a un côté collection d&#39;anecdotes filées qui m&#39;a fait un peu penser à ce que faisait <a href="https://www.placedeslibraires.fr/listeliv.php?base=paper&amp;mots_recherche=Winfried%20georg%20Sebald">Sebald</a> avec l&#39;histoire (la grande histoire, la sienne, celle de ses proches), mais lui s&#39;intéresse à l&#39;histoire des sciences : c&#39;est intriguant puis intéressant puis perturbant à mesure qu&#39;on se demande où est le vrai. Un livre très très fort.</p>

<h2 id="alexis-jenni" id="alexis-jenni">Alexis Jenni</h2>

<p>Également, j&#39;ai lu <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782375021521-j-aurais-pu-devenir-millionnaire-j-ai-choisi-d-etre-vagabond-alexis-jenni/">la courte biographie de John Muir par Alexis Jenni</a>, une très jolie découverte qui m&#39;accompagnera longtemps je pense.</p>

<p>J&#39;avoue je ne connaissais pas John Muir, sauf peut-être pour avoir croisé son nom parfois ? en tout cas je ne connaissais pas son histoire et elle est littéralement extraordinaire, y compris pour ses contemporains. Et puis elle se déroule encore cette époque bénie où les frontières entre sciences n&#39;existaient pas comme aujourd&#39;hui et où l&#39;on pouvait devenir à la fois ingénieur, géologue, naturaliste et bien sûr homme de lettres. En plus à cette période charnière où la conquête est terminée mais pas la découverte et où se mettent en place les mécaniques de domination dont on voit aujourd&#39;hui la continuation, les mêmes causes produisant les mêmes effets.</p>

<p>Mais surtout, quel aventurier incroyable, qui n&#39;a eu de cesse de se déplacer à travers le monde pour en constater et relater les beautés et surtout les éprouver de manière physique et spirituelle.
Bref une biographie classique mais qui va au cœur de l&#39;individu John Muir, et écrite avec une grande tendresse.</p>

<h2 id="laurent-gaudé" id="laurent-gaudé">Laurent Gaudé</h2>

<p>Sinon en début d&#39;année j&#39;ai lu deux livres de Laurent Gaudé, d&#39;abord <em>La porte des Enfers</em>, parce que j&#39;avais conservé un bon souvenir du <em>soleil des Scorta</em> et que j&#39;avais celui-ci dans ma bibliothèque depuis un moment. C&#39;est très bien écrit, vraiment. C&#39;est également sinistre au dernier degré : pas un rai de lumière dans ce cloaque. Alors certes l’œuvre traite de la mort et du deuil mais quand même.</p>

<p>En plus les aspects mythologiques sont bizarrement amenés, puis curieusement traités, c&#39;est à la fois trop terre-à-terre et fantasmagorique. Et au final la description des enfers est d&#39;une monotonie barbante.
Bref, une lecture déprimante. La langue reste belle  et heureusement c&#39;est assez court.</p>

<p>Et comme la critique était positive, j&#39;ai lu dans la foulée ou presque, <em>Chien 51</em>, un polar SF dystopique, toujours aussi bien écrit et sans fausse note, lui. Son univers est particulièrement consistant et réaliste, sa construction m&#39;a beaucoup plu, les personnages sont attachants et le mystère reste entier jusqu&#39;aux dernières pages.</p>

<p>Par contre c&#39;est de nouveau sinistre et déprimant, rien ne vient égayer cette vision terrifiante de notre futur : je ne suis pas certain de continuer à lire Gaudé :)</p>

<h2 id="ted-conover" id="ted-conover">Ted Conover</h2>

<p>Une découverte incroyable, grâce à une émission de radio je crois (il a dû passer dans <em>les midis de Culture</em>), dont le pitch n&#39;est pas forcément très attirant.</p>

<p>J&#39;ai donc lu d&#39;une traite <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782364686991-la-ou-la-terre-ne-vaut-rien-ted-conover/"><em>Là où la terre ne vaut rien</em></a> (plus précisément là ou l&#39;hectare de terrain vaut 1000$)  en gardant en tête les paysages somptueux du Colorado et ce qu&#39;ils remontent de construction culturelle sur ces paysages “vides” qui n&#39;attendent que des colons.</p>

<p>Le défilé de personnalités hors normes est incroyable, tout comme la pauvreté saisissante de ces laissés-pour-compte et ce qu&#39;ils racontent de l&#39;Amérique d&#39;aujourd&#39;hui.</p>

<h2 id="mathieu-auzanneau" id="mathieu-auzanneau">Mathieu Auzanneau</h2>

<p>Un auteur qui connaît bien son sujet car il dirige <a href="https://theshiftproject.org/">the Shift Project</a> et a déjà écrit une somme sur le pétrole (<a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782348067280-or-noir-la-grande-histoire-du-petrole-matthieu-auzanneau/">Or noir, la grande histoire du pétrole</a>, je sais que c&#39;est une somme car je l&#39;ai chez moi et il fait 10 cm d&#39;épaisseur).<br>
Ici nous sommes plutôt dans l&#39;hyper-light : <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782757899458-petrole-le-declin-est-proche-matthieu-auzanneau-hortense-chauvin/">Pétrole, le déclin est proche</a> se lit en une soirée. Une soirée agréable car c&#39;est bien écrit et on y apprend beaucoup.</p>

<p>Le livre part d&#39;une histoire proche : en 2000, le concept de pic pétrolier était dans l&#39;air puis les américains ont “inventé” le gaz et le pétrole de schiste et magiquement la question des limites de ressources énergétiques a disparu du débat public. Le shift project a eu accès vers les années 2020 a des données très peu partagées, produites par un des principaux cabinets qui compilent de la donnée relative au stock (données généralement vendues à prix d&#39;or aux acteurs du secteur). En faisant converger pas mal d&#39;informations, il <em>postule</em> que le pic pétrolier a été atteint vers 2021 et que nous faisons désormais face à la fin du pétrole facile à une échéance connue et surtout, proche. Proche, c&#39;est 2030, 2040, 2050 ? dans pas longtemps en tout cas, surtout à l&#39;échelle de notre civilisation qui s&#39;est construite sur une énergie surabondante depuis 200 ans.</p>

<p>Et c&#39;est précisément cet aspect du livre qui m&#39;a le plus fasciné : envisager l&#39;histoire et la géopolitique sous le prisme de la disponibilité des ressources ce qui modifie pas mal d&#39;idées préconçues : Pearl Harbour ? les japonais cherchaient à accéder aux ressources pétrolières du sud asiatique. Les allemands ont perdu la deuxième guerre ? c&#39;était inévitable car ils n&#39;avaient pas suffisamment d&#39;énergie face au bloc de l&#39;ouest. Et je ne parle même pas de la guerre en Irak. Je cite de mémoire “<em>ces guerres ont eu lieu en période de surabondance, que seront-elles lorsque les ressources seront en train de se tarir ?</em>“</p>

<p>Une partie du livre expose les contraintes physiques liées à l&#39;exploitation des ressources fossiles et explique pourquoi les chiffres généralement agités par les industriels ou les politiciens ne sont pas fiables.</p>

<p>Et il rappelle utilement ce qu&#39;on croit savoir par ailleurs : notre civilisation et notre mode de vie reposent sur le pétrole. Pas de pétrole ? pas de médicament, pas de production agricole sans paysan, pas de biens de consommation courante, pas de transferts sur le globe. Et d&#39;un point de vue géopolitique, pas de domination américaine.</p>

<p>Et puis bien sûr il appuie là où ça fait mal : la fin du pétrole ne signifiera pas la fin de l&#39;extractivisme ou la baisse d&#39;émissions de GES. Le fait que personne ne s&#39;y prépare rend inéluctables des chocs monstrueux à venir.</p>

<p>Bref un livre salutaire avec un côté curieusement enthousiasmant, façon puzzle : une esquisse de la fin d&#39;un monde. Dommage que ce soit la réalité et qu&#39;on soit en plein dedans.</p>

<h2 id="l-atelier-paysan" id="l-atelier-paysan">L&#39;atelier paysan</h2>

<p>Ce livre est presque déjà un classique en tant que critique du techno-solutionnisme. Moi, qui pensait connaître le sujet, ai beaucoup appris en le lisant, notamment sur l&#39;histoire de la mécanisation.</p>

<p>En décortiquant les rouages de la grosse machinerie agricole, la démonstration est faite de nouveau, que les paysans sont avec les consommateurs les premières victimes d&#39;un système industriel qui a des racines historiques profondes et répond à une idéologie délétère.</p>

<p>Je l&#39;ai lu dans la foulée de celui sur le pétrole, ça va bien ensemble.</p>

<h2 id="larry-mcmurtry" id="larry-mcmurtry">Larry McMurtry</h2>

<p>Restons en Amérique avec <a href="https://www.placedeslibraires.fr/ebook/9782404011349-la-marche-du-mort-larry-mcmurtry/">Lonesome Dove</a>, un chef-d’œuvre à bien des niveaux.</p>

<p>Il nous fait suivre un groupe de Texas Ranger, plus particulièrement d&#39;eux d&#39;entre eux ainsi que plusieurs personnages annexes dans les années 1840 à la frontière des États-Unis et du Mexique qui n&#39;a pas encore sa forme actuelle et ressemble plutôt à un gigantesque no man&#39;s land où les colons risquent leur vie et où les Indiens tentent encore de vivre la leur.</p>

<p>Je n&#39;avais encore jamais lu d&#39;histoire aussi documentée se déroulant à cette époque, je trouve que le roman éclaire beaucoup la mentalité des pionniers qui explique tellement de choses sur la vie publique américaine. Il montre aussi la construction mouvementée de l&#39;unité territoriale américaine, qu&#39;on connaît mal en France il faut bien dire.</p>

<p>Les personnages sont tous étrangement attachants, j&#39;écris étrangement car plusieurs d&#39;entre eux sont complètement barrés. Ils sont aussi très ambivalents et ont parfois du mal à justifier leurs propres actes ce qui nous les rapproche. Les dialogues sont savoureux et souvent drôles. L&#39;auteur suit les personnages un à un et nous fait ainsi brièvement mais aussi très rapidement comprendre le point de vue des personnages, pas en tant qu&#39;archétype (indien/ranger par exemple) mais en tant qu&#39;individu.</p>

<p>Et les personnages de femmes, ha ! sont incroyables surtout dans le deuxième volet. Bref un must-read.</p>

<h2 id="doa" id="doa">DOA</h2>

<p>J&#39;avais acheté <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782073044426-retiaire-s-doa/">Rétiaires</a> il y a plusieurs mois puis je l&#39;&#39;ai laissé sciemment prendre la poussière sur une étagère parce que j&#39;attendais le moment propice à sa lecture pour deux raisons ; d&#39;abord, ce n&#39;était pas rien de se plonger dans <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782073078308-citoyens-clandestins-doa/">Citoyens clandestins</a> puis dans <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782073078407-pukhtu-primo-doa/">Pukhtu</a> alors j&#39;attendais d&#39;être psychologiquement un peu disponible pour l&#39;entamer.</p>

<p>Qu&#39;on se rassure le livre est beaucoup moins foisonnant et complexe que Pukhtu, je le qualifierais de polar “classique” bien enlevé avec des personnages ambigus comme on aime (surtout du côté des flics, les voyous sont plus attendus), un intrigue assez <em>straight</em> mais qui utilise un peu trop de retours en arrière à mon goût.</p>

<p>Je l&#39;ai lu d&#39;une traite ça reste un bon polar bien documenté et qui donne une vraie impression d&#39;être embarqué en quelques mots dans les organisations de chaque côté, mais il est trop classique dans sa construction par rapport à ce que je connaissais déjà de l&#39;oeuvre de DOA alors j&#39;ai été un poil déçu.</p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:lectures" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">lectures</span></a></p>
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      <guid>https://blog.parpoil.org/lecture-2025</guid>
      <pubDate>Mon, 05 May 2025 20:24:24 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Retour en Égypte</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/retour-en-egypte</link>
      <description>&lt;![CDATA[Vingt ans après mon premier séjour, j&#39;aurais du mal à dire ce qui a changé. Pas l&#39;expérience du transport aérien, ça c&#39;est sûr on est toujours traité comme du bétail, mal assis et mal nourri mais c&#39;est une bien faible punition pour tout ce carbone injecté dans l&#39;atmosphère. &#xA;&#xA;Difficile aussi d&#39;ignorer qu&#39;on arrive dans un état policier délabré, l&#39;aérogare le proclame haut et fort ; néanmoins ce que je trouvais marrant, suranné et exotique il y a quelques années, me semble désormais triste et flippant (et un peu marrant quand même, mais d&#39;une triste manière).&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;En arrivant &#xA;&#xA;Nous sommes environnés de champs extrêmement verdoyants tandis que le désert commence à cinquante mètres : un condensé de vallée du Nil. De plus notre séjour à l’hôtel nous met dans la peau des visiteurs anglais du XIX° car on donne sur la montagne de Thèbes et ses centaines de tombes d&#39;un côté, sur les colosses de Memnon de l&#39;autre (il parait qu&#39;une des deux statues émettait un sifflement le matin, dû à la dilatation de la pierre se réchauffant au soleil, et que ce bruit a disparu après une restauration. C&#39;est aussi à la base de plusieurs de ces statues qu&#39;on a trouvé la liste égéenne/Larenaissancegrecque) qui décrit le monde connu sous Amenophis 3 en listant des villes et par extension les peuples -Hittites, Nubiens, Assyriens, Babyloniens et Grecs du continent ou de Crête- qui étaient les partenaires, les adversaires, les voisins de Pharaon). Nous marchons littéralement sur l&#39;Égypte antique. &#xA;&#xA;champs&#xA;&#xA;Comme c&#39;est l&#39;Égypte on marche aussi sur des montagnes de plastique et de déchets mais je me suis promis de rédiger sur une note positive alors je n&#39;en parlerai pas trop. Je suis cependant très étonné du peu de cas qu&#39;on fait de l&#39;eau dans ce pays qui n&#39;est tout de même qu&#39;un désert où la vie est rendue possible uniquement par et sur le fleuve. Le guide qui nous escortera dans quelques jours a eu plusieurs fois cette formule que je trouve stupéfiante : &#34;jusqu&#39;en 1963 la terre d&#39;Égypte était attaquée par le fleuve&#34;. Attaquée... alors que le barrage condamne à court terme une bonne partie de la capacité de subsistance du pays et favorise le recul du delta. Bref, le fleuve est manifestement perçu de manière ambivalente.&#xA;&#xA;Karnak&#xA;&#xA;En arrivant, nous avons choisi de nous jeter dans le grand bain et d&#39;aller, à peine débarqué de l&#39;avion, visiter le site qui accueille le plus de touristes de toute l&#39;Égypte, à savoir le complexe de Karnak. &#xA;&#xA;karnak&#xA;&#xA;---&#xA;Mais avant nous avons été réveillés par les montgolfières qui survolent la vallée de Rois. Saviez-vous qu&#39;une montgolfière fait un boucan du diable avec sa torchère ? Nous, oui, car plusieurs dizaines d&#39;entre elles sont passées à 50 m de notre chambre au lever du soleil. &#xA;---&#xA;&#xA;Karnak, donc : l&#39;endroit est stupéfiant de par sa taille, alors même qu&#39;une bonne partie du complexe religieux a disparu, avalé par les sables puis par la ville moderne. L&#39;ensemble est trop difficile à appréhender et la visite se résume dans mon esprit à quelques instantanés, des images de gravures merveilleusement exécutées, de piliers d&#39;une ligne magnifique, de restes de couleur dont on peine à imaginer qu&#39;elles ont 4000 ans, de bouts de statues cyclopéennes. &#xA;&#xA;pilier&#xA;&#xA;Le tout est environné par le travail toujours en cours des archéologues qui grignotent lentement le côté du site, regagnant péniblement un peu de terrain et amassant des montagnes de bouts de cailloux à trier, étiqueter, remonter : du travail pour des centaines d&#39;années.&#xA;&#xA;La seule salle hypostyle est presque aussi grande que Notre-Dame et mobilisait manifestement les mêmes ressorts : dimensions écrasantes, demi-jour mystique traversé de rais de lumière miraculeuse. &#xA;&#xA;salle&#xA;&#xA;Majestueuse et écrasante, intrigante et mystérieuse, chaude et poussiéreuse, envahie d&#39;une marée de touristes et autour de laquelle il faut se frayer un chemin entre vendeurs de cochonneries et rabatteurs variés : pas de doute cette visite se déroule en Égypte. Et pour parachever la mise en condition on prend une calèche pour aller déjeuner puis une felouque pour traverser le fleuve et enfin des tuk-tuk pour rejoindre l&#39;hôtel. &#xA;&#xA;felouque&#xA;&#xA;Avec une pause pour voir rapidement le village en terre crue d&#39;Hassan Fathy, une vraie merveille qu&#39;on n&#39;a pas le temps de visiter en détail et qui est désormais totalement englobée dans la nouvelle ville de Louxor. &#xA;&#xA;adobe&#xA;&#xA;Medinet Habou&#xA;&#xA;Et comme l&#39;hôtel est construit sur une zone archéologique, on prend le temps d&#39;aller à pied visiter le très mignon temple de Medinet Habou. Le chemin de terre qui y mène longe un bidonville quartier de Louxor par l&#39;arrière mais le temple lui-même donne sur la montagne de Thèbes, a une échelle bien plus accessible que Karnak et draine nettement moins de monde. Même si la salle principale est désormais dépourvue de toit la visite nous plait beaucoup. &#xA;&#xA;mehdinet&#xA;&#xA;Intermède Eric H. Cline &#xA;&#xA;Mon livre de chevet au début du séjour est 1077 av. JC : le jour où la civilisation s&#39;effondra et l&#39;histoire racontée par l&#39;historien commence très précisément ici au XII° siècle avec les récits consignés sur les parois des temples, d&#39;échanges épistolaires, d&#39;ambassades, de destructions de villes et de guerres menées au Nord de l&#39;Empire contre des groupes d&#39;envahisseurs mal identifiés. &#xA;&#xA;Car la fin du XII° (avant JC bien sûr), c&#39;est la fin de l&#39;âge de Bronze au moyen-Orient dans ce qui était à l&#39;époque une vaste interconnexion d&#39;empires et de cités-état allant de Rome à Babylone, dont l&#39;Égypte était clairement la puissance dominante. Et cette fin n&#39;est pas venue seulement par l&#39;effacement du temps, elle s&#39;est faite dans la douleur et le mystère, avec l&#39;effondrement presque simultané (enfin, simultané à l&#39;échelle de l&#39;histoire antique et avec toutes les pincettes imaginables pour dater ces évènements) de ces structures sociales dites palatiales (c&#39;est-à-dire j&#39;imagine, très centralisées). &#xA;&#xA;C&#39;est aussi la période probable de la guerre de Troie, ou plutôt d&#39;une des guerres sur le site de Troie (où, rappel, on pense que neuf villes se sont succédées), qui aurait pu servir de prétexte à Homère pour rédiger l&#39;Iliade (oui car j&#39;ai appris à cette occasion que le poème décrit des objets et des personnages séparés en fait par des décennies ou des siècles).&#xA;&#xA;Et il se trouve que toute cette histoire a pu être reconstituée entre autres grâce à la graphomanie égyptienne, de pierre (sur les murs) et d&#39;argile (sur les tablettes de comptes et de correspondance) : merci la bureaucratie. Et plusieurs de ces éléments de contexte cités dans le livre se trouvent juste ici dans un rayon de 500m autour de l&#39;hôtel : au Ramesseum, à Mehdimet Abou ou encore sur le socle des colosses. On peut dire que c&#39;est une lecture de circonstance.&#xA;&#xA;Spoiler concernant le livre de Cline : personne ne sait pour l’instant qui étaient ces groupes qui ont incendié tant de villes et attaqué les empire méditerranéens, il n&#39;y a pas de consensus sur la raison de cet effondrement relativement soudain de la civilisation de l&#39;époque. Je retiens tout de même que plusieurs facteurs furent concomitants et que, outre l&#39;érection de nouveaux empires sur l&#39;humus de leurs prédécesseurs, la zone a connu (de manière attestée par l&#39;analyse de pollen) un changement climatique avec des sécheresses en série et des famines (ses voisins et alliés ont demandé du grain à l&#39;Égypte), des tremblements de terre (ou plutôt des séries de tremblement de terre en Grèce, à Chypre et en Anatolie), la rupture de plusieurs routes commerciales alors que les économies de l&#39;époque étaient très liées les unes aux autres... &#xA;&#xA;Lecture que je conseille et qui rapproche singulièrement de nous les préoccupations de l&#39;antiquité. &#xA;&#xA;#egypte #lectures #2025 &#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Vingt ans après mon premier séjour, j&#39;aurais du mal à dire ce qui a changé. Pas l&#39;expérience du transport aérien, ça c&#39;est sûr on est toujours traité comme du bétail, mal assis et mal nourri mais c&#39;est une bien faible punition pour tout ce carbone injecté dans l&#39;atmosphère.</p>

<p>Difficile aussi d&#39;ignorer qu&#39;on arrive dans un état policier délabré, l&#39;aérogare le proclame haut et fort ; néanmoins ce que je trouvais marrant, suranné et exotique il y a quelques années, me semble désormais triste et flippant (et un peu marrant quand même, mais d&#39;une triste manière).</p>



<h2 id="en-arrivant" id="en-arrivant">En arrivant</h2>

<p>Nous sommes environnés de champs extrêmement verdoyants tandis que le désert commence à cinquante mètres : un condensé de vallée du Nil. De plus notre séjour à l’hôtel nous met dans la peau des visiteurs anglais du XIX° car on donne sur la montagne de Thèbes et ses centaines de tombes d&#39;un côté, sur les colosses de Memnon de l&#39;autre (il parait qu&#39;une des deux statues émettait un sifflement le matin, dû à la dilatation de la pierre se réchauffant au soleil, et que ce bruit a disparu après une restauration. C&#39;est aussi à la base de plusieurs de ces statues qu&#39;on a trouvé <em>la <a href="https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Circulation_et_diffusion_des_savoirs_dans_le_monde_grec_(VIIIe-Ier_AEC)/La_renaissance_grecque">liste égéenne</a></em> qui décrit le monde connu sous Amenophis 3 en listant des villes et par extension les peuples -Hittites, Nubiens, Assyriens, Babyloniens et Grecs du continent ou de Crête- qui étaient les partenaires, les adversaires, les voisins de Pharaon). Nous marchons littéralement sur l&#39;Égypte antique.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181138-79f2bbfe-me.jpg" alt="champs"></p>

<p>Comme c&#39;est l&#39;Égypte on marche aussi sur des montagnes de plastique et de déchets mais je me suis promis de rédiger sur une note positive alors je n&#39;en parlerai pas trop. Je suis cependant très étonné du peu de cas qu&#39;on fait de l&#39;eau dans ce pays qui n&#39;est tout de même qu&#39;un désert où la vie est rendue possible uniquement par et sur le fleuve. Le guide qui nous escortera dans quelques jours a eu plusieurs fois cette formule que je trouve stupéfiante : “jusqu&#39;en 1963 la terre d&#39;Égypte était <em>attaquée</em> par le fleuve”. Attaquée... alors que le barrage condamne à court terme une bonne partie de la capacité de subsistance du pays et favorise le recul du delta. Bref, le fleuve est manifestement perçu de manière ambivalente.</p>

<h2 id="karnak" id="karnak">Karnak</h2>

<p>En arrivant, nous avons choisi de nous jeter dans le grand bain et d&#39;aller, à peine débarqué de l&#39;avion, visiter le site qui accueille le plus de touristes de toute l&#39;Égypte, à savoir le complexe de Karnak.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181056-505fd532-me.jpg" alt="karnak"></p>

<hr>

<p><em>Mais avant nous avons été réveillés par les montgolfières qui survolent la vallée de Rois. Saviez-vous qu&#39;une montgolfière fait un boucan du diable avec sa torchère ? Nous, oui, car plusieurs dizaines d&#39;entre elles sont passées à 50 m de notre chambre au lever du soleil</em>.</p>

<hr>

<p>Karnak, donc : l&#39;endroit est stupéfiant de par sa taille, alors même qu&#39;une bonne partie du complexe religieux a disparu, avalé par les sables puis par la ville moderne. L&#39;ensemble est trop difficile à appréhender et la visite se résume dans mon esprit à quelques instantanés, des images de gravures merveilleusement exécutées, de piliers d&#39;une ligne magnifique, de restes de couleur dont on peine à imaginer qu&#39;elles ont 4000 ans, de bouts de statues cyclopéennes.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181126-15522417-me.jpg" alt="pilier"></p>

<p>Le tout est environné par le travail toujours en cours des archéologues qui grignotent lentement le côté du site, regagnant péniblement un peu de terrain et amassant des montagnes de bouts de cailloux à trier, étiqueter, remonter : du travail pour des centaines d&#39;années.</p>

<p>La seule salle hypostyle est presque aussi grande que Notre-Dame et mobilisait manifestement les mêmes ressorts : dimensions écrasantes, demi-jour mystique traversé de rais de lumière miraculeuse.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181102-c683416a-me.jpg" alt="salle"></p>

<p>Majestueuse et écrasante, intrigante et mystérieuse, chaude et poussiéreuse, envahie d&#39;une marée de touristes et autour de laquelle il faut se frayer un chemin entre vendeurs de cochonneries et rabatteurs variés : pas de doute cette visite se déroule en Égypte. Et pour parachever la mise en condition on prend une calèche pour aller déjeuner puis une felouque pour traverser le fleuve et enfin des tuk-tuk pour rejoindre l&#39;hôtel.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181050-4364bccb-me.jpg" alt="felouque"></p>

<p>Avec une pause pour voir rapidement le village en terre crue d&#39;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Hassan_Fathy">Hassan Fathy</a>, une vraie merveille qu&#39;on n&#39;a pas le temps de visiter en détail et qui est désormais totalement englobée dans la nouvelle ville de Louxor.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181132-f249dcf7-me.jpg" alt="adobe"></p>

<h2 id="medinet-habou" id="medinet-habou">Medinet Habou</h2>

<p>Et comme l&#39;hôtel est construit sur une zone archéologique, on prend le temps d&#39;aller à pied visiter le très mignon temple de Medinet Habou. Le chemin de terre qui y mène longe un <del>bidonville</del> quartier de Louxor par l&#39;arrière mais le temple lui-même donne sur la montagne de Thèbes, a une échelle bien plus accessible que Karnak et draine nettement moins de monde. Même si la salle principale est désormais dépourvue de toit la visite nous plait beaucoup.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181143-c73b8379-me.jpg" alt="mehdinet"></p>

<h2 id="intermède-eric-h-cline" id="intermède-eric-h-cline">Intermède Eric H. Cline</h2>

<p>Mon livre de chevet au début du séjour est <em>1077 av. JC : le jour où la civilisation s&#39;effondra</em> et l&#39;histoire racontée par l&#39;historien commence très précisément ici au XII° siècle avec les récits consignés sur les parois des temples, d&#39;échanges épistolaires, d&#39;ambassades, de destructions de villes et de guerres menées au Nord de l&#39;Empire contre des groupes d&#39;envahisseurs mal identifiés.</p>

<p>Car la fin du XII° (avant JC bien sûr), c&#39;est la fin de l&#39;âge de Bronze au moyen-Orient dans ce qui était à l&#39;époque une vaste interconnexion d&#39;empires et de cités-état allant de Rome à Babylone, dont l&#39;Égypte était clairement la puissance dominante. Et cette fin n&#39;est pas venue seulement par l&#39;effacement du temps, elle s&#39;est faite dans la douleur et le mystère, avec l&#39;effondrement presque simultané (enfin, simultané à l&#39;échelle de l&#39;histoire antique et avec toutes les pincettes imaginables pour dater ces évènements) de ces structures sociales dites palatiales (c&#39;est-à-dire j&#39;imagine, très centralisées).</p>

<p>C&#39;est aussi la période probable de la guerre de Troie, ou plutôt d&#39;une des guerres sur le site de Troie (où, rappel, on pense que neuf villes se sont succédées), qui <em>aurait pu</em> servir de prétexte à Homère pour rédiger l&#39;Iliade (oui car j&#39;ai appris à cette occasion que le poème décrit des objets et des personnages séparés en fait par des décennies ou des siècles).</p>

<p>Et il se trouve que toute cette histoire a pu être reconstituée entre autres grâce à la graphomanie égyptienne, de pierre (sur les murs) et d&#39;argile (sur les tablettes de comptes et de correspondance) : merci la bureaucratie. Et plusieurs de ces éléments de contexte cités dans le livre <em>se trouvent juste ici</em> dans un rayon de 500m autour de l&#39;hôtel : au Ramesseum, à Mehdimet Abou ou encore sur le socle des colosses. On peut dire que c&#39;est une lecture de circonstance.</p>

<p><em>Spoiler</em> concernant le livre de Cline : personne ne sait pour l’instant qui étaient ces groupes qui ont incendié tant de villes et attaqué les empire méditerranéens, il n&#39;y a pas de consensus sur la raison de cet effondrement <em>relativement</em> soudain de la civilisation de l&#39;époque. Je retiens tout de même que plusieurs facteurs furent concomitants et que, outre l&#39;érection de nouveaux empires sur l&#39;humus de leurs prédécesseurs, la zone a connu (de manière attestée par l&#39;analyse de pollen) un changement climatique avec des sécheresses en série et des famines (ses voisins et alliés ont demandé du grain à l&#39;Égypte), des tremblements de terre (ou plutôt des séries de tremblement de terre en Grèce, à Chypre et en Anatolie), la rupture de plusieurs routes commerciales alors que les économies de l&#39;époque étaient très liées les unes aux autres...</p>

<p>Lecture que je conseille et qui rapproche singulièrement de nous les préoccupations de l&#39;antiquité.</p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:egypte" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">egypte</span></a> <a href="https://blog.parpoil.org/tag:lectures" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">lectures</span></a> #2025</p>
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      <guid>https://blog.parpoil.org/retour-en-egypte</guid>
      <pubDate>Thu, 20 Feb 2025 12:34:05 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Lectures d&#39;été</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/lectures-dete</link>
      <description>&lt;![CDATA[Pour alléger la bibliothèque du camion, nous sommes partis avec une liseuse chacun (car cet outil littéralement communiste qu&#39;est la bibliothèque municipale en prête au même titre que des documents) c&#39;est bien pratique et pour ma part ça faisait un moment que je n&#39;en n&#39;avais plus utilisé, notamment car :&#xA;&#xA;je rechigne à acheter des fichiers numériques au prix de livres neufs&#xA;je n&#39;ai pas envie de maintenir une bibliothèque numérique personnelle, je passe suffisamment de temps comme ça devant un écran (c&#39;est également la raison pour laquelle je ne trie plus mes photos, du coup je n&#39;en fais rien -des photos- et petit à petit je n&#39;en fais plus du tout). &#xA;&#xA;!--more--&#xA;Évidemment grâce au collectivisme susmentionné on peut emprunter un paquet de livres numériques à la bibliothèque ce qui fait tomber l&#39;argument précédent, en fait je préfère lire des livres en papier et aussi me déplacer ça active ma graisse.&#xA;&#xA;Mais là c&#39;est pas comme si j&#39;avais le choix, alors j&#39;ai réinstallé Calibre et je dois dire en passant que c&#39;est une merveille d&#39;ingénierie open source, j&#39;ai récupéré grâce à Jérôme -encore lui- un paquet de trucs de la Team Alexandriz (qui est un groupe de pirates, non pas de la musique comme aux temps glorieux des années 2000, mais de la littérature française, et dont les productions sont encore facilement accessibles sur les internets) et suis parti avec une sélection. &#xA;&#xA;Les vacances c&#39;est l&#39;occasion de bouquiner et je me suis dit que j&#39;allais chroniquer ces trois semaines. Alors évidemment Alexandriz est un groupe de nerds donc certains genres sont sur-représentés, notamment la science-fiction (des vaisseaux spatiaux et des extraterrestres, j&#39;aime bien), la fantasy (des elfes, des trolls, de la magie dans une ambiance pseudo-moyennageuse avec des noms débiles de lieux et personnages -ce qui me fait penser à cette note géniale de Boulet qui m&#39;a de nouveau fait rire aux larmes à l&#39;instant-, j&#39;aime quand c&#39;est bien fait), la bit-lit (loups-garous et vampires avec des intrigues à l&#39;eau de rose, ça me fait marrer, mais alors vraiment à très petite dose) et la romance (comme son nom l&#39;indique, là je suis moins client). Et il y a pas mal de classiques aussi hein faut pas croire. &#xA;&#xA;Donc j&#39;ai lu quoi ? (désolé pour la suite hein je parcours ma fameuse bibliothèque numérique afin de m&#39;en souvenir et donc ils sont classés par ordre alphabétique d&#39;auteur)&#xA;&#xA;Douglas Adams&#xA;&#xA;Un grand classique de SF foutraque britannique. Tous les informaticiens connaissent car c&#39;est grâce à lui que 80% du temps quand on demande &#34;la réponse&#34; il y a un nerd dans l&#39;assemblée pour penser très fort ou répondre 42. J&#39;avais essayé de lire H2G2 il y a quelques années déjà et ça m&#39;était tombé des mains : trop foutraque et trop britannique sans doute ? je maintiens car j&#39;ai réessayé et je n&#39;ai pas réussi à aller au-delà du troisième chapitre. Ça passait peut-être mieux sous sa forme originelle de feuilleton radiophonique sur les ondes de la BBC.&#xA;&#xA;Par contre j&#39;ai lu avec grand plaisir un cheval dans la salle de bain qui est aussi très très second degré en étant plus accessible. Je suis peut-être préconditionné après avoir regardé la deuxième adaptation en série télé) qui est une jolie réussite. D&#39;ailleurs je n&#39;ai pas les deux tomes suivants et j&#39;en suis triste.&#xA;&#xA;Asimov&#xA;&#xA;Là encore un grand classique, des années 60 cette fois : Asimov a inventé les trois lois de la robotique abondamment reprises par la suite et il a été le seul lauréat du prix Hugo pour trois livres (le début de Fondation). &#xA;J&#39;en ai lu un paquet quand j&#39;étais ado et j&#39;avais gardé le souvenir d&#39;une écriture pas terrible avec des intrigues et des personnages très datés. Olive m&#39;ayant fait (re)lire Les courants de l&#39;espace qui en fait était pas si mal, je me suis dit pourquoi pas et j&#39;en ai repris plusieurs.&#xA;&#xA;Mouais je confirme c&#39;est quand même pas gégé tout ça, les personnages féminins sortent d&#39;un chromo des années 60, les autres sont terriblement stéréotypés on a tous envie de les baffer. En plus les explications pseudo-scientifiques (ou scientifiques tout court, Asimov était surtout connu en tant que vulgarisateur) se traînent en longueur dans une langue des années 40 c&#39;est à s&#39;arracher les cheveux ce boulgi-boulga (ou à sauter pleins de paragraphes) je me demande à quel point la traduction est en cause. &#xA;&#xA;Il faudrait que je relise Fondation pour voir mais alors j&#39;ai la flemme. &#xA;&#xA;Agatha Christie&#xA;&#xA;Je ne vous fais pas l&#39;injure de vous la présenter, c&#39;est aussi un auteur dont j&#39;ai englouti des palanquées d&#39;ouvrages quand j&#39;étais ado et je me suis demandé ce que cela donnerait de les relire maintenant. &#xA;&#xA;J&#39;ai un faible pour Hercule Poirot j&#39;avoue et à la relecture ca passe presque bien. Je dis presque parce que tout est raconté par son sidekick Hastings qui est l&#39;équivalent du Dr Watson mais en moins bien : il est malheureusement d&#39;une stupidité sans borne et me sort par les yeux. Il est absolument impossible que Poirot puisse le supporter au quotidien et encore moins l&#39;avoir pour ami, ça gâche tout. Non content d&#39;être un imbécile fini c&#39;est aussi un sale machiste rétrograde (ce qui n&#39;est bien entendu pas le cas d&#39;Agatha Christie c&#39;est un contrepoint mais il est bien trop forcé). &#xA;Poirot est vraiment bien par contre et il y a des répliques savoureuses quel dommage qu&#39;Agatha (oui je l&#39;appelle par son prénom elle ne risque plus de s&#39;en formaliser) n&#39;ait pas foutu Hastings à la baille dès le deuxième opus.&#xA;&#xA;Bon il faut que je relise un ou deux classiques pour confirmer même si ça m&#39;énerve d&#39;avance d&#39;avoir à supporter ce personnage imbécile.&#xA;&#xA;Glen Cook&#xA;&#xA;J&#39;ai relu et ce doit être pour la troisième fois, les premiers volumes de la Compagnie noire (et uniquement parce que je n&#39;ai pas les autres sous la main) haaa ça c&#39;est de la bonne fantasy comme j&#39;aime et qui passe encore mieux à la relecture c&#39;est formidable, la psychologie des personnages est bien épaisse et ambivalente, ça trucide à la pelle, la magie est soit incompréhensible soit de la pure illusion et en prime on change régulièrement de narrateur. Il y a peu de personnages féminins sauf deux des protagonistes principaux et il n&#39;y a pas de bon ou de mauvais et les relations entre les personnages deviennent de plus en plus complexes au fil de la saga qui hélas n&#39;est pas terminée.&#xA;&#xA;En plus pour contrarier Boulet les personnages et les lieux ont des noms faciles à retenir genre Plume, Trajet, Aviron ou Bélvédère. &#xA;&#xA;Michael Crichton&#xA;&#xA;J&#39;ai un gros faible pour Crichton depuis que j&#39;ai lu Jurassic Park il y a fort longtemps et dans le tas, là, il y avait Pirates et ben c&#39;est pas décevant, une bonne histoire de... pirates qui casse pas trois pattes à un canard mais que j&#39;ai lu d&#39;une traite. Un moment idéal de plage donc, avec intrigue capilo-tractée, personnages attachants et peu vraisemblables assaisonnés avec une pincée de vérité historique pour que ça sonne presque juste.&#xA;&#xA;Robert Holdstock&#xA;&#xA;J&#39;ai lu La forêt des myhtagos bien sûr, c&#39;est de la fantasy de haute volée, sombre et oppressante, moite et mystérieuse et dont les références sont nombreuses et profondes. Ce n&#39;est pas facile d&#39;accès par contre, ce qui est encore plus vrai du Codex Merlin, une relecture du mythe de Merlin mélangé avec celui des Argonautes. Bref cette fois-ci c&#39;est Le souffle du temps qui émerge, la 4° de couverture dit que c&#39;est sa seule incursion dans la SF. &#xA;L&#39;avantage c&#39;est qu&#39;il y a pleins d&#39;idées non développées qui rendent l&#39;univers très riche, on se focalise sur le psychologie des personnages qui sont difficiles à suivre je trouve. Pas inoubliable il a bien fait de rester sur son filon mythologique.&#xA;&#xA;Simenon&#xA;&#xA;Parmi les classiques, j&#39;ai aussi l&#39;intégrale des Maigret en voilà une valeur sûre on n&#39;est jamais déçu par ce bon vieux commissaire, en plus on les avale comme les demis qui montent de la brasserie Dauphine, hop !&#xA;&#xA;Les descriptions sont inégalables et Simenon arrive à faire vivre toute cette population de manière tellement vraie c&#39;est fou, avec un soupçon de nostalgie vu que c&#39;est un monde oublié maintenant : je commence par le début et ça se déroule dans les années 30.&#xA;&#xA;Hugh Laurie&#xA;&#xA;J&#39;avoue j&#39;ai presque honte, je l&#39;avais déjà vu trainer en rayon et avais failli le lire avant qu&#39;un espèce de pré-remords m&#39;en empêche, la peur sans doute de me faire arnaquer de nouveau par une quatrième de couverture, comme ça m&#39;arrive si souvent. Hugh Laurie est plus généralement connu sous le nom de &#34;dr House&#34;, par les gens qui regardaient des sitcoms médicales dans les années 2000.&#xA;Là, le livre venant sans effort il est arrivé dans ma pile, c&#39;est en fait une bonne surprise dans le genre pas prise de tête, et rigolo, englouti sur la plage.&#xA;&#xA;Arturo Perez-Reverte&#xA;&#xA;J&#39;avais lu les premiers volumes du Capitaine Alatriste sans aller au bout de la série du coup j&#39;ai pris les deux qui manquaient et maintenant je sais pourquoi je m&#39;étais arrêté en route. L&#39;effort est louable, le personnage principal est plus espagnol que le roi et c&#39;est du roman historique de bonne facture, mais un peu fatiguant à la longue en plus il m&#39;énerve à faire revivre des personnages historiques. &#xA;Bref. &#xA;&#xA;Gene Wolfe&#xA;&#xA;Alors ça. Ses livres sont pour la plupart épuisés en français (plusieurs d&#39;entre eux ne sont pas traduits alors que c&#39;est un écrivain majeur je ne comprends pas) du coup il m&#39;en manque certains et j&#39;en connais peu de lecteur. Grâce à Alexandriz j&#39;ai pu lire le dernier tome d&#39;une de ses séries principales et qui me manquait, Le livre du nouveau soleil. Évidemment les fins de série c&#39;est toujours moins bien, c&#39;était quand même l&#39;occasion de me replonger dans l&#39;ambiance unique de Wolfe.  &#xA;C&#39;est mystérieux, allusif, écrit comme si ça coulait de source, bizarre et profond, si je continue je vais me mettre à employer trop de superlatifs comme les auteurs des guides de voyage qu&#39;on a embarqué avec nous. &#xA;&#xA;Lisez Gene Wolfe c&#39;est tout bonnement génial. C&#39;est peut-être de la SF, ou bien un mélange de SF et de fantasy s&#39;il faut absolument coller une étiquette. Le livre du nouveau soleil est un roman initiatique où le personnage principal est particulièrement humain et naïf, entrainé dans des évènements qui le dépassent et nous dépassent aussi car tout est mystérieux dans ce monde mourant situé très loin dans le futur. &#xA;&#xA;J&#39;avais aussi beaucoup aimé Soldat des brumes, l&#39;histoire d&#39;un soldat perse en -500 qui perd la mémoire à chaque fois qu&#39;il dort et qui écrit ses aventures pour lui-même afin de conserver son intégrité psychologique et dont le récit constitue le roman. En contrepartie il a la capacité de voir et d&#39;interagir directement avec les personnages mythologiques. Follement original et prenant.&#xA;&#xA;Larry McMurtry&#xA;&#xA;Là c&#39;est un livre physique, j&#39;ai découvert Lonesome Dove par hasard en piochant en librairie mais j&#39;avais plutôt commencé par la fin (ce qui n&#39;est pas très important) donc je suis parti avec le premier volume (et j&#39;aurais dû prendre la suite tant pis ça attendra septembre). &#xA;McMurtry a obtenu le prix Pulitzer pour ce roman et il est aussi connu comme scénariste (notamment de Brockeback montain). &#xA;C&#39;est du western, ça se passe en 1840 au Texas après le détachement du Mexique et avant le rattachement aux USA, ca se lit comme on boit de l&#39;eau, c&#39;est désopilant par moment, terrible par d&#39;autres tandis que les personnages ont pleins de failles et sont par conséquent très attachants. Ça donne une bonne idée de la difficulté de la vie des colons (ou en tout cas c&#39;est très vraisemblable). Je recommande vivement là aussi.&#xA;&#xA;Conclusion&#xA;&#xA;Bon l&#39;exercice de rétrospective me fait dire que c&#39;est pas fameux tout ça j&#39;ai pas découvert grand-chose d&#39;inoubliable, même si ça m&#39;a fait plaisir de relire certains bouquins. À ce stade je ne sais pas trop vers quoi me tourner, je viens de commencer Isolation de Greg Egan que j&#39;avais envie de lire depuis un moment, à suivre au prochain épisode&#xA;&#xA;#lectures #ete2024]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Pour alléger la bibliothèque du camion, nous sommes partis avec une liseuse chacun (car cet outil littéralement communiste qu&#39;est la bibliothèque municipale en prête au même titre que des documents) c&#39;est bien pratique et pour ma part ça faisait un moment que je n&#39;en n&#39;avais plus utilisé, notamment car :</p>
<ol><li>je rechigne à acheter des fichiers numériques au prix de livres neufs</li>
<li>je n&#39;ai pas envie de maintenir une bibliothèque numérique personnelle, je passe suffisamment de temps comme ça devant un écran (c&#39;est également la raison pour laquelle je ne trie plus mes photos, du coup je n&#39;en fais rien -des photos- et petit à petit je n&#39;en fais plus du tout).</li></ol>



<p>Évidemment grâce au collectivisme susmentionné on peut emprunter un paquet de livres numériques à la bibliothèque ce qui fait tomber l&#39;argument précédent, en fait je préfère lire des livres en papier et aussi me déplacer ça active ma graisse.</p>

<p>Mais là c&#39;est pas comme si j&#39;avais le choix, alors j&#39;ai réinstallé <a href="https://calibre-ebook.com/fr/download">Calibre</a> et je dois dire en passant que c&#39;est une merveille d&#39;ingénierie open source, j&#39;ai récupéré grâce à Jérôme -encore lui- un paquet de trucs de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Team_AlexandriZ">Team Alexandriz</a> (<em>qui est un groupe de pirates, non pas de la musique comme aux temps glorieux des années 2000, mais de la littérature française, et dont les productions sont encore facilement accessibles sur les internets</em>) et suis parti avec une sélection.</p>

<p>Les vacances c&#39;est l&#39;occasion de bouquiner et je me suis dit que j&#39;allais chroniquer ces trois semaines. Alors évidemment Alexandriz est un groupe de nerds donc certains genres sont sur-représentés, notamment la <em>science-fiction</em> (des vaisseaux spatiaux et des extraterrestres, j&#39;aime bien), la <em>fantasy</em> (des elfes, des trolls, de la magie dans une ambiance pseudo-moyennageuse avec des noms débiles de lieux et personnages -ce qui me fait penser à <a href="https://bouletcorp.com/blog/2010/05/21/fantasy/">cette note géniale de Boulet</a> qui m&#39;a de nouveau fait rire aux larmes à l&#39;instant-, j&#39;aime quand c&#39;est bien fait), la <em>bit-lit</em> (loups-garous et vampires avec des intrigues à l&#39;eau de rose, ça me fait marrer, mais alors vraiment à très petite dose) et la <em>romance</em> (comme son nom l&#39;indique, là je suis moins client). Et il y a pas mal de classiques aussi hein faut pas croire.</p>

<p>Donc j&#39;ai lu quoi ? (désolé pour la suite hein je parcours ma fameuse bibliothèque numérique afin de m&#39;en souvenir et donc ils sont classés par ordre alphabétique d&#39;auteur)</p>

<h3 id="douglas-adams" id="douglas-adams">Douglas Adams</h3>

<p>Un grand classique de SF foutraque britannique. Tous les informaticiens connaissent car c&#39;est grâce à lui que 80% du temps quand on demande “la réponse” il y a un nerd dans l&#39;assemblée pour penser très fort ou <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_grande_question_sur_la_vie,_l%27Univers_et_le_reste">répondre <strong>42</strong></a>. J&#39;avais essayé de lire H2G2 il y a quelques années déjà et ça m&#39;était tombé des mains : trop foutraque et trop britannique sans doute ? je maintiens car j&#39;ai réessayé et je n&#39;ai pas réussi à aller au-delà du troisième chapitre. Ça passait peut-être mieux sous sa forme originelle de feuilleton radiophonique sur les ondes de la BBC.</p>

<p>Par contre j&#39;ai lu avec grand plaisir <em>un cheval dans la salle de bain</em> qui est aussi très très second degré en étant plus accessible. Je suis peut-être préconditionné après avoir regardé <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Dirk_Gently%27s_Holistic_Detective_Agency_(TV_series)">la deuxième adaptation en série télé</a> qui est une jolie réussite. D&#39;ailleurs je n&#39;ai pas les deux tomes suivants et j&#39;en suis triste.</p>

<h3 id="asimov" id="asimov">Asimov</h3>

<p>Là encore un grand classique, des années 60 cette fois : Asimov a inventé les trois lois de la robotique abondamment reprises par la suite et il a été le seul lauréat du prix Hugo pour trois livres (le début de <em>Fondation</em>).
J&#39;en ai lu un paquet quand j&#39;étais ado et j&#39;avais gardé le souvenir d&#39;une écriture pas terrible avec des intrigues et des personnages très datés. Olive m&#39;ayant fait (re)lire <em>Les courants de l&#39;espace</em> qui en fait était pas si mal, je me suis dit pourquoi pas et j&#39;en ai repris plusieurs.</p>

<p>Mouais je confirme c&#39;est quand même pas gégé tout ça, les personnages féminins sortent d&#39;un chromo des années 60, les autres sont terriblement stéréotypés on a tous envie de les baffer. En plus les explications pseudo-scientifiques (ou scientifiques tout court, Asimov était surtout connu en tant que vulgarisateur) se traînent en longueur dans une langue des années 40 c&#39;est à s&#39;arracher les cheveux ce boulgi-boulga (ou à sauter pleins de paragraphes) je me demande à quel point la traduction est en cause.</p>

<p>Il faudrait que je relise Fondation pour voir mais alors j&#39;ai la flemme.</p>

<h3 id="agatha-christie" id="agatha-christie">Agatha Christie</h3>

<p>Je ne vous fais pas l&#39;injure de vous la présenter, c&#39;est aussi un auteur dont j&#39;ai englouti des palanquées d&#39;ouvrages quand j&#39;étais ado et je me suis demandé ce que cela donnerait de les relire maintenant.</p>

<p>J&#39;ai un faible pour Hercule Poirot j&#39;avoue et à la relecture ca passe presque bien. Je dis presque parce que tout est raconté par son <em>sidekick</em> Hastings qui est l&#39;équivalent du Dr Watson mais en moins bien : il est malheureusement d&#39;une stupidité sans borne et me sort par les yeux. Il est absolument impossible que Poirot puisse le supporter au quotidien et encore moins l&#39;avoir pour ami, ça gâche tout. Non content d&#39;être un imbécile fini c&#39;est aussi un sale machiste rétrograde (<em>ce qui n&#39;est bien entendu pas le cas d&#39;Agatha Christie c&#39;est un contrepoint mais il est bien trop forcé</em>).
Poirot est vraiment bien par contre et il y a des répliques savoureuses quel dommage qu&#39;Agatha (oui je l&#39;appelle par son prénom elle ne risque plus de s&#39;en formaliser) n&#39;ait pas foutu Hastings à la baille dès le deuxième opus.</p>

<p>Bon il faut que je relise un ou deux classiques pour confirmer même si ça m&#39;énerve d&#39;avance d&#39;avoir à supporter ce personnage imbécile.</p>

<h3 id="glen-cook" id="glen-cook">Glen Cook</h3>

<p>J&#39;ai relu et ce doit être pour la troisième fois, les premiers volumes de la <em>Compagnie noire</em> (et uniquement parce que je n&#39;ai pas les autres sous la main) haaa ça c&#39;est de la bonne fantasy comme j&#39;aime et qui passe <em>encore mieux</em> à la relecture c&#39;est formidable, la psychologie des personnages est bien épaisse et ambivalente, ça trucide à la pelle, la magie est soit incompréhensible soit de la pure illusion et en prime on change régulièrement de narrateur. Il y a peu de personnages féminins sauf deux des protagonistes principaux et il n&#39;y a pas de bon ou de mauvais et les relations entre les personnages deviennent de plus en plus complexes au fil de la saga qui hélas n&#39;est pas terminée.</p>

<p>En plus pour contrarier Boulet les personnages et les lieux ont des noms faciles à retenir genre Plume, Trajet, Aviron ou Bélvédère.</p>

<h3 id="michael-crichton" id="michael-crichton">Michael Crichton</h3>

<p>J&#39;ai un gros faible pour Crichton depuis que j&#39;ai lu <em>Jurassic Park</em> il y a fort longtemps et dans le tas, là, il y avait <em>Pirates</em> et ben c&#39;est pas décevant, une bonne histoire de... pirates qui casse pas trois pattes à un canard mais que j&#39;ai lu d&#39;une traite. Un moment idéal de plage donc, avec intrigue capilo-tractée, personnages attachants et peu vraisemblables assaisonnés avec une pincée de vérité historique pour que ça sonne presque juste.</p>

<h3 id="robert-holdstock" id="robert-holdstock">Robert Holdstock</h3>

<p>J&#39;ai lu <em>La forêt des myhtagos</em> bien sûr, c&#39;est de la fantasy de haute volée, sombre et oppressante, moite et mystérieuse et dont les références sont nombreuses et profondes. Ce n&#39;est pas facile d&#39;accès par contre, ce qui est encore plus vrai du <em>Codex Merlin</em>, une relecture du mythe de Merlin mélangé avec celui des Argonautes. Bref cette fois-ci c&#39;est <em>Le souffle du temps</em> qui émerge, la 4° de couverture dit que c&#39;est sa seule incursion dans la SF.
L&#39;avantage c&#39;est qu&#39;il y a pleins d&#39;idées non développées qui rendent l&#39;univers très riche, on se focalise sur le psychologie des personnages qui sont difficiles à suivre je trouve. Pas inoubliable il a bien fait de rester sur son filon mythologique.</p>

<h3 id="simenon" id="simenon">Simenon</h3>

<p>Parmi les classiques, j&#39;ai aussi l&#39;intégrale des Maigret en voilà une valeur sûre on n&#39;est jamais déçu par ce bon vieux commissaire, en plus on les avale comme les demis qui montent de la brasserie Dauphine, hop !</p>

<p>Les descriptions sont inégalables et Simenon arrive à faire vivre toute cette population de manière tellement <em>vraie</em> c&#39;est fou, avec un soupçon de nostalgie vu que c&#39;est un monde oublié maintenant : je commence par le début et ça se déroule dans les années 30.</p>

<h3 id="hugh-laurie" id="hugh-laurie">Hugh Laurie</h3>

<p>J&#39;avoue j&#39;ai presque honte, je l&#39;avais déjà vu trainer en rayon et avais failli le lire avant qu&#39;un espèce de pré-remords m&#39;en empêche, la peur sans doute de me faire arnaquer de nouveau par une quatrième de couverture, comme ça m&#39;arrive si souvent. Hugh Laurie est plus généralement connu sous le nom de “dr House”, par les gens qui regardaient des sitcoms médicales dans les années 2000.
Là, le livre venant sans effort il est arrivé dans ma pile, c&#39;est en fait une bonne surprise dans le genre pas prise de tête, et rigolo, englouti sur la plage.</p>

<h3 id="arturo-perez-reverte" id="arturo-perez-reverte">Arturo Perez-Reverte</h3>

<p>J&#39;avais lu les premiers volumes du <em>Capitaine Alatriste</em> sans aller au bout de la série du coup j&#39;ai pris les deux qui manquaient et maintenant je sais pourquoi je m&#39;étais arrêté en route. L&#39;effort est louable, le personnage principal est plus espagnol que le roi et c&#39;est du roman historique de bonne facture, mais un peu fatiguant à la longue en plus il m&#39;énerve à faire revivre des personnages historiques.
Bref.</p>

<h3 id="gene-wolfe" id="gene-wolfe">Gene Wolfe</h3>

<p>Alors ça. Ses livres sont pour la plupart épuisés en français (plusieurs d&#39;entre eux ne sont pas traduits alors que c&#39;est un écrivain majeur je ne comprends pas) du coup il m&#39;en manque certains et j&#39;en connais peu de lecteur. Grâce à Alexandriz j&#39;ai pu lire le dernier tome d&#39;une de ses séries principales et qui me manquait, <em>Le livre du nouveau soleil</em>. Évidemment les fins de série c&#39;est toujours moins bien, c&#39;était quand même l&#39;occasion de me replonger dans l&#39;ambiance unique de Wolfe.<br>
C&#39;est mystérieux, allusif, écrit comme si ça coulait de source, bizarre et profond, si je continue je vais me mettre à employer trop de superlatifs comme les auteurs des guides de voyage qu&#39;on a embarqué avec nous.</p>

<p><strong>Lisez</strong> Gene Wolfe c&#39;est tout bonnement génial. C&#39;est peut-être de la SF, ou bien un mélange de SF et de fantasy s&#39;il faut absolument coller une étiquette. <em>Le livre du nouveau soleil</em> est un roman initiatique où le personnage principal est particulièrement humain et naïf, entrainé dans des évènements qui le dépassent et nous dépassent aussi car tout est mystérieux dans ce monde mourant situé très loin dans le futur.</p>

<p>J&#39;avais aussi beaucoup aimé <em>Soldat des brumes</em>, l&#39;histoire d&#39;un soldat perse en -500 qui perd la mémoire à chaque fois qu&#39;il dort et qui écrit ses aventures pour lui-même afin de conserver son intégrité psychologique et dont le récit constitue le roman. En contrepartie il a la capacité de voir et d&#39;interagir directement avec les personnages mythologiques. Follement original et prenant.</p>

<h3 id="larry-mcmurtry" id="larry-mcmurtry">Larry McMurtry</h3>

<p>Là c&#39;est un livre physique, j&#39;ai découvert <em>Lonesome Dove</em> par hasard en piochant en librairie mais j&#39;avais plutôt commencé par la fin (ce qui n&#39;est pas très important) donc je suis parti avec le premier volume (et j&#39;aurais dû prendre la suite tant pis ça attendra septembre).
McMurtry a obtenu le prix Pulitzer pour ce roman et il est aussi connu comme scénariste (notamment de <em>Brockeback montain</em>).
C&#39;est du western, ça se passe en 1840 au Texas après le détachement du Mexique et avant le rattachement aux USA, ca se lit comme on boit de l&#39;eau, c&#39;est désopilant par moment, terrible par d&#39;autres tandis que les personnages ont pleins de failles et sont par conséquent très attachants. Ça donne une bonne idée de la difficulté de la vie des colons (ou en tout cas c&#39;est très vraisemblable). Je recommande vivement là aussi.</p>

<h2 id="conclusion" id="conclusion">Conclusion</h2>

<p>Bon l&#39;exercice de rétrospective me fait dire que c&#39;est pas fameux tout ça j&#39;ai pas découvert grand-chose d&#39;inoubliable, même si ça m&#39;a fait plaisir de relire certains bouquins. À ce stade je ne sais pas trop vers quoi me tourner, je viens de commencer <em>Isolation</em> de Greg Egan que j&#39;avais envie de lire depuis un moment, à suivre au prochain épisode</p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:lectures" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">lectures</span></a> <a href="https://blog.parpoil.org/tag:ete2024" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">ete2024</span></a></p>
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      <pubDate>Sat, 20 Jul 2024 20:57:25 +0100</pubDate>
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