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    <title>egypte &amp;mdash; Poltergeist</title>
    <link>https://blog.parpoil.org/tag:egypte</link>
    <description>un journal personnel</description>
    <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 23:12:09 +0100</pubDate>
    <item>
      <title>Des visites culturelles</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/des-visites-culturelles</link>
      <description>&lt;![CDATA[Voici une revue rapide des sites qu&#39;on a visité. Tout est extrêmement normé durant ce voyage, c&#39;est d&#39;un repos total et on se laisse porter au point de ne pas savoir (si on veut) ce qu&#39;on fera dans deux heures. Ce qui est certain par contre c&#39;est que chaque journée comporte de plaisantes périodes de glande absolue, qu&#39;on passe à dormir, ou de manière plus productive, à bouquiner vautrés comme des phoques (des phoques capitalistes bien entendu, à qui des soignants amènent du poisson pour qu&#39;ils n&#39;aient pas besoin de se déplacer. Et la nourriture étant pléthorique, nous avons effectivement engraissé durant le séjour) sur le pont drôlement confortable du Dahabieh. La croisière comporte ainsi presque deux jours pleins  sans aucune visite, juste de la glande assumée. !--more--&#xA;&#xA;Ce qui me fait penser qu&#39;on aurait peut-être pu se programmer la même chose sans aller sur un autre continent... j&#39;y réfléchirai plus tard.&#xA;&#xA;Cependant quelques visites sont tout de même au programme, je les consigne ici pour ne pas oublier. &#xA;&#xA;El Khab&#xA;&#xA;El Khab est une des rares nécropoles égyptiennes situées rive Est : les 3 000 ans de religion égyptienne tablent en effet sur un voyage vers l&#39;au-delà orienté vers l&#39;ouest, raison pour laquelle la plupart des sépultures sont situées à l&#39;orée du désert mais sur l&#39;autre rive du Nil. &#xA;Bon, ici il semblerait que la réalité topographique ait pris le pas sur les impératifs religieux, et que la protection du site des inondations ait été prioritaire sur un voyage heureux vers l&#39;autre monde. C&#39;est la nécropole d&#39;une ville très active au Moyen Empire (peut-être même capitale régionale un moment ? j&#39;ai oublié) et les tombes sont creusées à flanc de colline (j&#39;ai failli écrire montagne mais n’exagérons rien).&#xA;Ceci dit, on distingue des reliefs de l&#39;autre côté de la vallée (c&#39;est-à-dire à l&#39;ouest j&#39;espère que vous suivez) qui au vu des explication fournies, me sembleraient plus propices à l&#39;installation d&#39;un domicile éternel ; je n&#39;aurai pas d&#39;explication sur le choix du site ce qui me fait dire qu&#39;en réalité on ne sait pas pourquoi celui-ci a été choisi. &#xA;&#xA;On ne visite pas la ville antique elle-même bien qu&#39;elle soit à côté, protégée par une enceinte de terre crue (qu&#39;on distingue toujours très bien c&#39;est complètement fou quand même des gens ont construit ce mur il y a 3 ou 4000 ans avec des biques de terre mélangées à du crottin et de la paille et c&#39;est toujours là, à vrai dire ça remplit encore assez bien son office de mur) et une ville moderne à un tout autre endroit (plus loin de l&#39;eau mais au diable la logique), qu&#39;on distinguerait mieux avec des jumelles (rappelons-nous que les jumelles sont interdites dans ce pays à moins de vouloir goûter aux geôles locales) mais qui surtout parait ridiculement petite par rapport à la mine de salpêtre monstrueuse dont nous avons utilisé le quai de chargement pour débarquer tout à l&#39;heure.&#xA;&#xA;C&#39;est bien joli tout ça mais que voyons nous ici ? pas grand-chose à vrai dire et heureusement que nous n&#39;avons pas visité d&#39;autres tombes à Louxor avant la croisière sinon nous aurions été cruellement déçu. &#xA;&#xA;Bref, deuxième contact avec les antiquités égyptiennes. &#xA;&#xA;Edfu &#xA;&#xA;Heureusement (pour la dimension spectaculaire du voyage) l&#39;après-midi même nous visitons Edfu, un des temples les mieux conservés du pays. &#xA;Mais d&#39;abord, couleur locale : le temple est en ville et pour le rejoindre depuis les quais encombrés de petits enfants édentés faisant la manche, le tour operator fait circuler tous ses touristes en calèche. &#xA;Il y a des calèches dans chaque site touristique d&#39;Égypte et honnêtement je ne comprends pas l&#39;intérêt de la chose. Tous les animaux sont étiques et pour certains visiblement maltraités voire au bord de l&#39;interruption de service, les calèches sont aussi déglinguées que le reste et leur proximité avec le crottin y a imprimé une odeur indélébile. En plus le cheval n&#39;est manifestement pas une bête bien adaptée aux rigueur du climat local (les paysans utilisent des ânes qui ne réclament pas 60 litres d&#39;eau par jour et ne meurent pas de coup de chaleur). &#xA;&#xA;Ce qu&#39;on aime par contre c&#39;est la puissance graphique des hiéroglyphes et leur état dingo de conservation&#xA;&#xA;Mais cessons de nous plaindre pour parler plutôt d&#39;Edfu : le temple est effectivement impressionnant car il est très complet : le pylône (mot d&#39;archéologue français imbécile du XIX° &#34;si on prolongeait cette structure de 400 m elle aurait la forme d&#39;un pylône&#34; désignant le mur principal séparant le temple de l&#39;extérieur, et sur la surface duquel sont gravées des figures monumentales) n&#39;est pas détruit, il s&#39;ouvre sur une cour ceinte de piliers (la cour était ouverte au peuple à quelques rares occasions) qui elle-même donne sur une salle hypostyle (c&#39;est-à-dire remplie de piliers cette fois) avec son plafond (ici, pas de peuple, des dignitaires plutôt), puis une succession de chambres dont les portes alignées sont de plus en plus petites pour aboutir à ce qui n&#39;est plus qu&#39;une niche ou réside le dieu (qui prend la forme d&#39;une statue à nos yeux de mécréants. Difficile à expliquer aux enfants, je crois que Blaise n&#39;a toujours pas compris). &#xA;&#xA;Et puis il y a aussi des salles sur les côtés, des escaliers (il faut bien monter le dieu sur le toit pour le recharger au soleil) et tout est recouvert d&#39;inscriptions, sculptures et hiéroglyphes, du sol au plafond c&#39;est très impressionnant et on comprend bien ici l&#39;impact qu&#39;a pu avoir ce genre de sites sur les premiers visiteurs européens lorsqu&#39;ils les découvraient à la lumières des torches.  &#xA;La structure du temple proprement site est toujours entourée d&#39;un  mur d&#39;enceinte et donc d&#39;un corridor à ciel ouvert assez étroit où les sculptures sont évidemment légion et décrivent tout un tas d&#39;évènements. Ici, chose amusante : le corridor en question a été utilisé comme écurie par l&#39;armée de Napoléon. &#xA;&#xA;Et l&#39;ensemble du site est environné de débris fondus de murs en terre crue sur lesquels est installée la ville moderne. Ce qu&#39;on en voit d&#39;ici ce sont surtout des miradors et des barbelés.&#xA;&#xA; &#xA;&#xA;Gebel Sisileh&#xA;&#xA;Le surlendemain (oui après la journée de glande assumée que j&#39;évoquais plus haut durant laquelle des inconscients ont nagé dans le Nil parmi les déchets et les bactéries), visite d&#39;une carrière de pierre qui s&#39;étale sur les deux rives du fleuve. &#xA;&#xA;Notons comment la roche a été creusée de manière à amarrer les bateaux qui venaient chercher la pierre.&#xA;&#xA;La montagne est idéalement placée le long de la voie navigable et a été utilisée comme carrière pendant 6000 ans. Les sphinx de Karnak comme les pierres du premier barrage d&#39;Assouan (1904) ont été extraites ici et on peut lire dans la carrière les diverses techniques d&#39;extraction depuis le premier empire jusqu&#39;aux romains. &#xA;&#xA;En plus des égyptiens ont eu le bon goût de creuser quelques cénotaphes (i.e. tombes inachevées) pour parfaire la visite, ainsi que d&#39;installer un temple au bénéfice des ouvriers qui travaillaient sur le site. &#xA;&#xA;Kom Ombo&#xA;&#xA;C&#39;est le dernier site de la croisière avant d&#39;atteindre Assouan, un très joli temple situé dans un des rares méandres du fleuve et au pied duquel les bateaux s&#39;arrêtent. Il est assez bizarre car c&#39;est un temple double, comme deux temples accouplés consacrés à deux divinités distinctes : le crocodile Sobek et le faucon Horus. &#xA;&#xA;Parmi les anecdotes amusantes : c&#39;est un temple ptolémaïque, c&#39;est-à-dire tardif par rapport aux empires égyptiens, construit à une époque où les pharaons étaient des pièces rapportées étrangères, considérées par Rome comme des gouverneurs de province (une province fort utile grâce à sa production de blé et de coton) et surtout superstitieuses. &#xA;&#xA;Là où les anciens pharaons connaissaient leur place dans l&#39;univers et avaient la certitude de rester dieux pour l&#39;éternité, les romains s&#39;étaient greffés sur une religion trop ancienne pour eux.  &#xA;Ainsi la chambre contenant le dieu (tout au fond, vous vous souvenez) comporte ici un passage secret et une cloison ainsi qu&#39;une chambre d&#39;écho. L&#39;explication étant que quelqu&#39;un d&#39;autre que le pharaon pouvait s&#39;y glisser pendant que le roi était en tête-à-tête avec son dieu, et parler avec la voix du dieu. Je ne sais pas si cette explication est fondée sur des textes mais je l&#39;aime bien. &#xA;&#xA;Le temple était aussi un genre d’hôpital, le corridor arrière comprend un tableau détaillant des instruments de torture chirurgie de l&#39;époque : pinces, écarteurs, scies, balances... &#xA;&#xA;Il y a aussi sur une des ailes une liste de noms de villes (on sait que ce sont des villes car les noms sont dans des cartouches crénelés : les créneaux figurant des fortifications) accolées à des silhouettes de prisonniers (une manière de présenter des étrangers, forcément soumis à la puissance du souverain), comme dans la liste égéenne des colosses de Memnon.&#xA;&#xA;On trouve aussi à l&#39;extérieur du temple un nilomètre (appellation officielle), c&#39;est-à-dire un puits relié au fleuve (par un tunnel), permettant de mesurer le niveau des crues année après année. Et aussi de réaliser des dévotions j&#39;imagine. &#xA;&#xA;Admirons la qualité de l&#39;arrosage antique :&#xA;&#xA; &#xA;Assouan&#xA;&#xA;Le moment de cesser de voguer de manière insouciante sur le Nil est arrivé, nous voici obligés de composer de nouveau avec les nécessités désagréables du voyage : prendre des taxis, négocier avec des intermédiaires, ne pas savoir où on va exactement et gérer notre temps quelle horreur :)  &#xA;&#xA;Il faut marcher dans la ville et en constater la crasse de près. Heureusement qu&#39;Assouan est un endroit absolument enchanteur (pas la ville elle-même hein, le site) : accolée à la première cataracte, Assouan s&#39;est développée dans un chaos de granit et d&#39;îles éparpillées dans le fleuve, tout est hyper beau, y compris (de loin) les villages nubiens pleins de couleurs avec des maisons bleues, blanches, jaunes et rouges. &#xA;Bref le décor de carte postale est bien présent c&#39;est formidable. &#xA;&#xA;En plus de cela nous foulons de nouveau l&#39;antiquité. De discussions ultérieures j&#39;apprendrai que c&#39;est un des sites les plus anciens d&#39;Égypte, difficile à fouiller car habité sans discontinuer, où l&#39;on tombe sur des statues qui dépassent du sol en pleine rue (pas dans la ville moderne, mais dans le village nubien situé sur l&#39;ile Éléphantine). &#xA;&#xA;On passe une bonne partie de la journée à gérer le déplacement vers notre destination suivante il faut prendre un premier bateau, puis une voiture (nous sommes 8 de nouveau, tout est plus compliqué) pour passer de l&#39;autre côté du premier barrage (celui de 1904 ; le barrage Nasser qui date de 1964 est encore un peu plus haut) et enfin un dernier bateau afin de rejoindre l&#39;île de dessin animé où se trouve notre hôtel juste en face de Philae. &#xA;&#xA;Philae&#xA;&#xA;Philae, c&#39;est aussi un temple relativement récent (ptolémaïque disons-le tout net désormais que nous avons intégré le jargon des archéologues) même s&#39;il intègre des éléments plus anciens et il a aussi été utilisé jusque tardivement pour son usage initial (le culte d&#39;Isis) : tardivement c&#39;est-à-dire jusqu&#39;après le décret de Justinien qui interdisait tout culte autre que chrétien. Mais ces salopiots de chrétiens ont fini par arriver à leurs fins et faire main basse sur le temple qui est devenu une église copte.  &#xA;Cependant son plan diffère des autres temples car il a une organisation beaucoup plus romaine et ses diverses parties sont un peu désaxées au lieu d&#39;être parfaitement alignées ce qui lui confère une dimension unique et exotique. &#xA;&#xA;L&#39;autre chose qui le met à part, c&#39;est son environnement : situé sur une île (il était déjà sur une île dans l&#39;antiquité, mais pas celle-ci, sa voisine, inondée partiellement grâce au premier barrage, raison pour laquelle les premiers touristes le visitaient en barque. Du coup il a été déplacé dans les années 60 au même moment qu&#39;Abou Simbel) au milieu de ces roches granitiques disposant d&#39;une multitude de points de vue terriblement photogéniques.  &#xA;&#xA;Les enfants ne se remettent pas de ce très joli graffiti en latin bien en vue sur une des portes intérieures : &#34;machin stultus est&#34; (littéralement machin est un crétin).  &#xA;Je suis moins sensible au charme du kiosque de Trajan, totalement romain et situé à côté du temple égyptien même si la juxtaposition des architectures joue à plein son effet d&#39;étrangeté. De près, bof, même si (selon les architectes qui m&#39;accompagnent) les proportions en sont exquises. &#xA;&#xA;Malheureusement je n&#39;ai jamais été si sensible aux proportions, ou plus précisément je n&#39;arrive jamais à distinguer ce qui ressort des proportions dans la qualité d&#39;une architecture et pourtant c&#39;est pas faute d&#39;avoir visité des sites de tout type pendant des années et avec des spécialistes. &#xA;&#xA;Retour à la vallée des rois&#xA;&#xA;De retour à Louxor (nous avons pris le train pour rentrer, et mis à part le moment plein de confusion où nous avons dû trouver le train, puis nos places en repoussant les assauts des porteurs de bagages pour finalement tenter de comprendre où nous étions censés être assis, ce fut un trajet fort agréable, surtout par comparaison avec la voiture, et rapide puisqu&#39;en trois heures nous avons fait le chemin inverse des cinq derniers jours) nous profitons de la fin de notre séjour pour aller voir de plus près la vallée des rois. Et je suis encore aujourd&#39;hui très heureux d&#39;avoir attendu d&#39;être mieux immergé dans la culture antique pour venir ici et terminer en apothéose.&#xA;&#xA;Maintenant acclimatés au fonctionnement local, c&#39;est un peu moins pénible de prendre les taxis, d&#39;autant plus que nous logeons juste en face. La vallée doit être le site le plus visité de tout le pays avec Gizeh; il vaut mieux s&#39;y prendre tôt pour éviter la foule. S&#39;y prendre tôt et s&#39;être un peu documenté avant afin de savoir ce qu&#39;on souhaite voir et dans quel ordre. Le billet générique donne accès à trois tombes, sauf celles qui nécessitent un billet dédié. Quand on additionne les prix des billets, ça fait cher par rapport au pouvoir d&#39;achat local (les égyptiens ont des tarifs spécifiques), mais pas du tout assez à mon goût pour le pouvoir d&#39;achat globalisé et surtout pour avoir le privilège de visiter un endroit si exceptionnel et dont la visite elle-même dépêche la disparition.&#xA;&#xA; &#xA;egypte]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Voici une revue rapide des sites qu&#39;on a visité. Tout est extrêmement normé durant ce voyage, c&#39;est d&#39;un repos total et on se laisse porter au point de ne pas savoir (si on veut) ce qu&#39;on fera dans deux heures. Ce qui est certain par contre c&#39;est que chaque journée comporte de plaisantes périodes de glande absolue, qu&#39;on passe à dormir, ou de manière plus productive, à bouquiner vautrés comme des phoques (des phoques capitalistes bien entendu, à qui des soignants amènent du poisson pour qu&#39;ils n&#39;aient pas besoin de se déplacer. Et la nourriture étant pléthorique, nous avons effectivement engraissé durant le séjour) sur le pont drôlement confortable du Dahabieh. La croisière comporte ainsi presque deux jours pleins  sans aucune visite, juste de la glande assumée. </p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182654-53fc733f-me.jpg" alt=""></p>

<p><em>Ce qui me fait penser qu&#39;on aurait peut-être pu se programmer la même chose sans aller sur un autre continent... j&#39;y réfléchirai plus tard.</em></p>

<p><strong>Cependant</strong> quelques visites sont tout de même au programme, je les consigne ici pour ne pas oublier.</p>

<h2 id="el-khab" id="el-khab">El Khab</h2>

<p>El Khab est une des rares nécropoles égyptiennes situées rive Est : les 3 000 ans de religion égyptienne tablent en effet sur un voyage vers l&#39;au-delà orienté vers l&#39;ouest, raison pour laquelle la plupart des sépultures sont situées à l&#39;orée du désert mais sur l&#39;autre rive du Nil.
Bon, ici il semblerait que la réalité topographique ait pris le pas sur les impératifs religieux, et que la protection du site des inondations ait été prioritaire sur un voyage heureux vers l&#39;autre monde. C&#39;est la nécropole d&#39;une ville très active au Moyen Empire (peut-être même capitale régionale un moment ? j&#39;ai oublié) et les tombes sont creusées à flanc de colline (j&#39;ai failli écrire montagne mais n’exagérons rien).
Ceci dit, on distingue des reliefs de l&#39;autre côté de la vallée (c&#39;est-à-dire à l&#39;ouest j&#39;espère que vous suivez) qui au vu des explication fournies, me sembleraient plus propices à l&#39;installation d&#39;un domicile éternel ; je n&#39;aurai pas d&#39;explication sur le choix du site ce qui me fait dire qu&#39;en réalité on ne sait pas pourquoi celui-ci a été choisi.</p>

<p>On ne visite pas la ville antique elle-même bien qu&#39;elle soit à côté, protégée par une enceinte de terre crue (qu&#39;on distingue toujours <em>très bien</em> c&#39;est complètement fou quand même des gens ont construit ce mur il y a 3 ou 4000 ans avec des biques de terre mélangées à du crottin et de la paille et c&#39;est toujours là, à vrai dire ça remplit encore assez bien son office de mur) et une ville moderne à un tout autre endroit (plus loin de l&#39;eau mais au diable la logique), qu&#39;on distinguerait mieux avec des jumelles (rappelons-nous que les jumelles sont interdites dans ce pays à moins de vouloir goûter aux geôles locales) mais qui surtout parait ridiculement petite par rapport à la mine de salpêtre monstrueuse dont nous avons utilisé le quai de chargement pour débarquer tout à l&#39;heure.</p>

<p>C&#39;est bien joli tout ça mais que voyons nous ici ? pas grand-chose à vrai dire et heureusement que nous n&#39;avons pas visité d&#39;autres tombes à Louxor avant la croisière sinon nous aurions été cruellement déçu.</p>

<p>Bref, deuxième contact avec les antiquités égyptiennes.</p>

<h2 id="edfu" id="edfu">Edfu</h2>

<p>Heureusement (pour la dimension spectaculaire du voyage) l&#39;après-midi même nous visitons Edfu, un des temples les mieux conservés du pays.
Mais d&#39;abord, couleur locale : le temple est en ville et pour le rejoindre depuis les quais encombrés de petits enfants édentés faisant la manche, le <em>tour operator</em> fait circuler tous ses touristes en calèche.
Il y a des calèches dans chaque site touristique d&#39;Égypte et honnêtement je ne comprends pas l&#39;intérêt de la chose. Tous les animaux sont étiques et pour certains visiblement maltraités voire au bord de l&#39;interruption de service, les calèches sont aussi déglinguées que le reste et leur proximité avec le crottin y a imprimé une odeur indélébile. En plus le cheval n&#39;est manifestement pas une bête bien adaptée aux rigueur du climat local (les paysans utilisent des ânes qui ne réclament pas 60 litres d&#39;eau par jour et ne meurent pas de coup de chaleur).</p>

<p><em>Ce qu&#39;on aime par contre c&#39;est la puissance graphique des hiéroglyphes et leur état dingo de conservation</em></p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182112-d9b53b54-me.jpg" alt=""></p>

<p>Mais cessons de nous plaindre pour parler plutôt d&#39;Edfu : le temple est effectivement impressionnant car il est très complet : le pylône (mot d&#39;archéologue français imbécile du XIX° “<em>si on prolongeait cette structure de 400 m elle aurait la forme d&#39;un pylône</em>” désignant le mur principal séparant le temple de l&#39;extérieur, et sur la surface duquel sont gravées des figures monumentales) n&#39;est pas détruit, il s&#39;ouvre sur une cour ceinte de piliers (la cour était ouverte au peuple à quelques rares occasions) qui elle-même donne sur une salle hypostyle (c&#39;est-à-dire <em>remplie</em> de piliers cette fois) avec son plafond (ici, pas de peuple, des dignitaires plutôt), puis une succession de chambres dont les portes alignées sont de plus en plus petites pour aboutir à ce qui n&#39;est plus qu&#39;une niche ou réside le dieu (qui prend la forme d&#39;une statue à nos yeux de mécréants. Difficile à expliquer aux enfants, je crois que Blaise n&#39;a toujours pas compris).</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182203-6fb236ca-me.jpg" alt=""></p>

<p>Et puis il y a aussi des salles sur les côtés, des escaliers (il faut bien monter le dieu sur le toit pour le recharger au soleil) et <em>tout</em> est recouvert d&#39;inscriptions, sculptures et hiéroglyphes, du sol au plafond c&#39;est très impressionnant et on comprend bien ici l&#39;impact qu&#39;a pu avoir ce genre de sites sur les premiers visiteurs européens lorsqu&#39;ils les découvraient à la lumières des torches.<br>
La structure du temple proprement site est toujours entourée d&#39;un  mur d&#39;enceinte et donc d&#39;un corridor à ciel ouvert assez étroit où les sculptures sont évidemment légion et décrivent tout un tas d&#39;évènements. Ici, chose amusante : le corridor en question a été utilisé comme écurie par l&#39;armée de Napoléon.</p>

<p>Et l&#39;ensemble du site est environné de débris fondus de murs en terre crue sur lesquels est installée la ville moderne. Ce qu&#39;on en voit d&#39;ici ce sont surtout des miradors et des barbelés.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182154-c3f9c0c7-me.jpg" alt=""></p>

<h2 id="gebel-sisileh" id="gebel-sisileh">Gebel Sisileh</h2>

<p>Le surlendemain (oui après la journée de glande assumée que j&#39;évoquais plus haut durant laquelle des inconscients ont <em>nagé dans le Nil</em> parmi les déchets et les bactéries), visite d&#39;une carrière de pierre qui s&#39;étale sur les deux rives du fleuve.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182549-7b7c1203-me.jpg" alt=""></p>

<p><em>Notons comment la roche a été creusée de manière à amarrer les bateaux qui venaient chercher la pierre.</em></p>

<p>La montagne est idéalement placée le long de la voie navigable et a été utilisée comme carrière pendant 6000 ans. Les sphinx de Karnak comme les pierres du premier barrage d&#39;Assouan (1904) ont été extraites ici et on peut lire dans la carrière les diverses techniques d&#39;extraction depuis le premier empire jusqu&#39;aux romains.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182527-8514013b-me.jpg" alt=""></p>

<p>En plus des égyptiens ont eu le bon goût de creuser quelques cénotaphes (i.e. tombes inachevées) pour parfaire la visite, ainsi que d&#39;installer un temple au bénéfice des ouvriers qui travaillaient sur le site.</p>

<h2 id="kom-ombo" id="kom-ombo">Kom Ombo</h2>

<p>C&#39;est le dernier site de la croisière avant d&#39;atteindre Assouan, un très joli temple situé dans un des rares méandres du fleuve et <em>au pied duquel</em> les bateaux s&#39;arrêtent. Il est assez bizarre car c&#39;est un temple double, comme deux temples accouplés consacrés à deux divinités distinctes : le crocodile Sobek et le faucon Horus.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182628-5e8fd9b2-me.jpg" alt=""></p>

<p>Parmi les anecdotes amusantes : c&#39;est un temple ptolémaïque, c&#39;est-à-dire tardif par rapport aux empires égyptiens, construit à une époque où les pharaons étaient des pièces rapportées étrangères, considérées par Rome comme des gouverneurs de province (une province fort utile grâce à sa production de blé et de coton) et surtout superstitieuses.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182618-e7987911-me.jpg" alt=""></p>

<p>Là où les anciens pharaons connaissaient leur place dans l&#39;univers et avaient la certitude de rester dieux pour l&#39;éternité, les romains s&#39;étaient greffés sur une religion trop ancienne pour eux.<br>
Ainsi la chambre contenant le dieu (tout au fond, vous vous souvenez) comporte ici un passage secret et une cloison ainsi qu&#39;une chambre d&#39;écho. L&#39;explication étant que <em>quelqu&#39;un d&#39;autre</em> que le pharaon pouvait s&#39;y glisser pendant que le roi était en tête-à-tête avec son dieu, et <em>parler avec la voix du dieu</em>. Je ne sais pas si cette explication est fondée sur des textes mais je l&#39;aime bien.</p>

<p>Le temple était aussi un genre d’hôpital, le corridor arrière comprend un tableau détaillant des instruments de <del>torture</del> chirurgie de l&#39;époque : pinces, écarteurs, scies, balances...</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183112-551acacf-me.jpg" alt=""></p>

<p>Il y a aussi sur une des ailes une liste de noms de villes (on sait que ce sont des villes car les noms sont dans des cartouches crénelés : les créneaux figurant des fortifications) accolées à des silhouettes de prisonniers (une manière de présenter des étrangers, forcément soumis à la puissance du souverain), comme dans la liste égéenne des colosses de Memnon.</p>

<p>On trouve aussi à l&#39;extérieur du temple un <em>nilomètre</em> (appellation officielle), c&#39;est-à-dire un puits relié au fleuve (par un tunnel), permettant de mesurer le niveau des crues année après année. Et aussi de réaliser des dévotions j&#39;imagine.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183124-6c8fa2f9-me.jpg" alt=""></p>

<p>Admirons la qualité de l&#39;arrosage antique :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183118-d4ca50c1-me.jpg" alt=""></p>

<h2 id="assouan" id="assouan">Assouan</h2>

<p>Le moment de cesser de voguer de manière insouciante sur le Nil est arrivé, nous voici obligés de composer de nouveau avec les nécessités désagréables du voyage : prendre des taxis, négocier avec des intermédiaires, ne pas savoir où on va exactement et gérer notre temps quelle horreur :)</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183239-9ac6d9be-me.jpg" alt=""></p>

<p>Il faut marcher dans la ville et en constater la crasse de près. Heureusement qu&#39;Assouan est un endroit absolument enchanteur (pas la ville elle-même hein, le site) : accolée à la première cataracte, Assouan s&#39;est développée dans un chaos de granit et d&#39;îles éparpillées dans le fleuve, tout est hyper beau, y compris (de loin) les villages nubiens pleins de couleurs avec des maisons bleues, blanches, jaunes et rouges.
Bref le décor de carte postale est bien présent c&#39;est formidable.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183305-9a6bd9be-me.jpg" alt=""></p>

<p>En plus de cela nous foulons de nouveau l&#39;antiquité. De discussions ultérieures j&#39;apprendrai que c&#39;est un des sites les plus anciens d&#39;Égypte, difficile à fouiller car habité sans discontinuer, où l&#39;on tombe sur des statues qui dépassent du sol en pleine rue (pas dans la ville moderne, mais dans le village nubien situé sur l&#39;ile Éléphantine).</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183202-5f6259a3-me.jpg" alt=""></p>

<p>On passe une bonne partie de la journée à gérer le déplacement vers notre destination suivante il faut prendre un premier bateau, puis une voiture (nous sommes 8 de nouveau, tout est plus compliqué) pour passer de l&#39;autre côté du premier barrage (celui de 1904 ; le barrage Nasser qui date de 1964 est encore un peu plus haut) et enfin un dernier bateau afin de rejoindre l&#39;île de dessin animé où se trouve notre hôtel juste en face de Philae.</p>

<h2 id="philae" id="philae">Philae</h2>

<p>Philae, c&#39;est aussi un temple relativement récent (ptolémaïque disons-le tout net désormais que nous avons intégré le jargon des archéologues) même s&#39;il intègre des éléments plus anciens et il a aussi été utilisé jusque tardivement pour son usage initial (le culte d&#39;Isis) : tardivement c&#39;est-à-dire jusqu&#39;après le décret de Justinien qui interdisait tout culte autre que chrétien. Mais ces salopiots de chrétiens ont fini par arriver à leurs fins et faire main basse sur le temple qui est devenu une église copte.<br>
Cependant son plan diffère des autres temples car il a une organisation beaucoup plus romaine et ses diverses parties sont un peu désaxées au lieu d&#39;être parfaitement alignées ce qui lui confère une dimension unique et exotique.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183612-6b52075f-me.jpg" alt=""></p>

<p>L&#39;autre chose qui le met à part, c&#39;est son environnement : situé sur une île (il était déjà sur une île dans l&#39;antiquité, mais pas celle-ci, sa voisine, inondée partiellement grâce au premier barrage, raison pour laquelle les premiers touristes le visitaient en barque. Du coup il a été déplacé dans les années 60 au même moment qu&#39;Abou Simbel) au milieu de ces roches granitiques disposant d&#39;une multitude de points de vue terriblement photogéniques.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183710-4527a717-me.jpg" alt=""></p>

<p>Les enfants ne se remettent pas de ce très joli graffiti en latin bien en vue sur une des portes intérieures : “<em>machin stultus est</em>” (littéralement <em>machin est un crétin</em>).<br>
Je suis moins sensible au charme du kiosque de Trajan, totalement romain et situé à côté du temple égyptien même si la juxtaposition des architectures joue à plein son effet d&#39;étrangeté. De près, bof, même si (selon les architectes qui m&#39;accompagnent) les proportions en sont exquises.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183602-2ad73c65-me.jpg" alt=""></p>

<p>Malheureusement je n&#39;ai jamais été si sensible aux proportions, ou plus précisément je n&#39;arrive jamais à distinguer ce qui ressort des proportions dans la qualité d&#39;une architecture et pourtant c&#39;est pas faute d&#39;avoir visité des sites de tout type pendant des années et avec des spécialistes.</p>

<h2 id="retour-à-la-vallée-des-rois" id="retour-à-la-vallée-des-rois">Retour à la vallée des rois</h2>

<p>De retour à Louxor (nous avons pris le train pour rentrer, et mis à part le moment plein de confusion où nous avons dû trouver le train, puis nos places en repoussant les assauts des porteurs de bagages pour finalement tenter de comprendre où nous étions censés être assis, ce fut un trajet fort agréable, surtout par comparaison avec la voiture, et rapide puisqu&#39;en trois heures nous avons fait le chemin inverse des cinq derniers jours) nous profitons de la fin de notre séjour pour aller voir de plus près la vallée des rois. Et je suis encore aujourd&#39;hui très heureux d&#39;avoir attendu d&#39;être mieux immergé dans la culture antique pour venir ici et terminer en apothéose.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029184543-9752ff45-me.jpg" alt=""></p>

<p>Maintenant acclimatés au fonctionnement local, c&#39;est un peu moins pénible de prendre les taxis, d&#39;autant plus que nous logeons juste en face. La vallée doit être le site le plus visité de tout le pays avec Gizeh; il vaut mieux s&#39;y prendre tôt pour éviter la foule. S&#39;y prendre tôt et s&#39;être un peu documenté avant afin de savoir ce qu&#39;on souhaite voir et dans quel ordre. Le billet générique donne accès à trois tombes, sauf celles qui nécessitent un billet dédié. Quand on additionne les prix des billets, ça fait cher par rapport au pouvoir d&#39;achat local (les égyptiens ont des tarifs spécifiques), mais pas du tout assez à mon goût pour le pouvoir d&#39;achat globalisé et surtout pour avoir le privilège de visiter un endroit si exceptionnel et dont la visite elle-même dépêche la disparition.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029184432-f1afa80a-me.jpg" alt=""></p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:egypte" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">egypte</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.parpoil.org/des-visites-culturelles</guid>
      <pubDate>Tue, 04 Mar 2025 04:02:48 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Le long du Nil</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/le-long-du-nil</link>
      <description>&lt;![CDATA[Notre trajet le long du Nil commence par une promenade en voiture jusqu&#39;au barrage situé au nord de Louxor. La route est assez fréquentée, mais bon il n&#39;y a pas tant que ça de routes dans ce pays, et beaucoup de choses s&#39;y passent puisque c&#39;est le seul axe routier à longer le fleuve de ce côté.  &#xA;!--more--&#xA;&#xA;Chaque intersection est agrémentée d&#39;un dos d&#39;âne très efficace, d&#39;un café, de véhicules arrêtés, de policiers (on croise beaucoup de policiers dans une dictature militaire. D&#39;ailleurs il est interdit de les prendre en photo, ainsi que de photographier des bâtiment de l&#39;armée, ou d&#39;être en possession de jumelles), de marchands de pains et de gens qui attendent un transport. On croise beaucoup de cannes à sucre transportées principalement sur des charrettes tirées par des ânes étiques ou des triporteurs.&#xA;&#xA;Tous ces ralentisseurs donnent une conduite égyptienne : rouler à 140 pendant 40 secondes, freiner jusqu&#39;à l&#39;arrêt, passer l&#39;obstacle et hop c&#39;est reparti pour accélérer à fond, doubler un camion qui est en train de dépasser une moto qui double une charrette, pendant qu&#39;un bus arrive en face... ha il est temps de s&#39;arrêter de nouveau. &#xA;&#xA;La ville d&#39;Esna, notre destination, a grandi trop vite et semble n&#39;être composée que de ces immeubles à ossature en béton armé et murs de brique nue qu&#39;on voit partout ici. Sans oublier les fers qui dépassent au dernier étage. &#xA;&#xA;Esna&#xA;&#xA;Le site ancien d&#39;Esna est un temple, ou plutôt la salle hypostyle d&#39;un temple de l&#39;époque romaine ; sa situation est particulière : 9 m sous le niveau de la ville (le limon déposé par le fleuve représente donc 5 cm d&#39;épaisseur par décade, j&#39;aurais pensé plus. Évidemment le niveau du terrain a cessé d&#39;augmenter en 1964).  &#xA;&#xA;esna&#xA;&#xA;À l&#39;époque des touristes anglais de la fin de 1920 on ne visitait que le tiers supérieur du bâtiment. Dommage car ces salles sont à mon goût les endroits les plus impressionnants des temples. Évidemment, elles ont été construites pour cela : on s&#39;y déplace difficilement à cause de la densité des piliers, le clair-obscur favorise le recueillement et les couleurs, préservées et restaurées sont d&#39;un éclat extraordinaire. La mythologie est au plafond, les récits plus terre-à-terre (ambassades, conquêtes et histoires de famille) recouvrent les piliers et les murs. &#xA;&#xA;plafond&#xA;&#xA;Esna est depuis l&#39;antiquité un centre de production agricole : les piliers sont sont ici d&#39;une diversité remarquable et représentent toutes sortes de plantes cultivées dans le coin. Une équipe d&#39;archéologues est au travail, on peut constater la différence des couleurs, avant-après leur intervention, c&#39;est spectaculaire. Le temple a été, ici comme ailleurs, utilisé comme logement / cuisine et le noir de fumée a tout recouvert mais sous cette crasse les couleurs ressortent aussi vives qu&#39;il y a deux mille ans. Je me demande à quel point la suie a protégé les couleurs, en tout cas l&#39;améthyste ou le corail ont conservé leur éclat. &#xA;&#xA;piliers&#xA;&#xA;À la sortie du site, qui est entouré de tous côtés par une ville très proche, nous traversons le souk pour rejoindre le quai. Nous croisons quelques beaux restes d&#39;immeubles ou maisons construits en terre, datant du début du XX°, ainsi que des écoliers, des femmes faisant des courses, des types sur des motos chinoises, des étals de viandes et de tripes installés dans la rue en terre, des épiciers... et curieusement pas un seul touriste. &#xA;&#xA;maison&#xA;&#xA;Les autres touristes doivent passer à travers le souk moderne construit pour eux, merci Amin de nous avoir fait passer par la ville (je ne m&#39;y serais pas aventuré seul).  &#xA;Plus tard nous en croiserons également assez peu (des touristes), car les dahabieh voyagent en décalé par rapport aux ferrys qui font le même trajet deux fois plus vite et si nous sommes intégrés à un groupe assez imposant (70 personnes peut-être, réparties sur 5 bateaux voyageant de concert), nous nous diluons sur les sites en nous éparpillant au sein de groupes plus petits, chacun disposant de son propre guide. &#xA;&#xA;esna&#xA;&#xA;Le moment est donc venu de la croisière lente, effectuée dans un luxe décadent et en traversant des paysages de toute beauté (d&#39;autant que, de loin, on voit moins la crasse et le plastique qui décorent chaque mètre carré de terrain), agrémentés parfois de visites. &#xA;&#xA;Le Nil&#xA;&#xA;C&#39;est un voyage, hélas trop court et au rythme alangui, qui se déroule au fond d&#39;une vallée où par définition le regard ne peut porter que dans deux directions. Le paysage est difficile a décrire, à la fois linéaire, perdu que nous sommes sur ce ruban de vie au milieu du désert, mais aussi toujours changeant. Avec des fulgurances de temps suspendu et de calme absolu :&#xA;&#xA;brume&#xA;  &#xA;Souvent l&#39;on ne voit que les rives, c&#39;est-à-dire un foisonnement de toutes teintes de vert, parfois quelques bâtiments en émergent, ici un minaret, là des quais de chargement et régulièrement, des collines ocres offrent un peu de champ, et une couleur de plus à la palette.&#xA;&#xA;nil&#xA;&#xA;Les rives sont très vertes : après tout, l&#39;espace cultivable est gagné sur le sable du Sahara aussi dattiers, manguiers et bananiers poussent-ils les pieds dans l&#39;eau. &#xA;&#xA;Un des objets artificiels qu&#39;on croise le plus souvent est la pompe, depuis les stations de pompage opérées par une équipe et pour une zone ou un village, jusqu&#39;à celle qui se déplace à la main et est mue par un générateur à gasoil (le carburant ne coûte presque rien ici). On voit partout des tuyaux qui plongent dans le fleuve ; les agriculteurs qui utilisent des installations collectives (canaux et martellières) paient une redevance et tous inondent régulièrement leurs parcelles. &#xA;&#xA;D&#39;ailleurs un de premiers soirs nous allons nous promener jusqu&#39;à un village de cultivateurs où une des familles manifestement les plus influentes est celle en charge de la station de pompage.&#xA;&#xA;village &#xA;&#xA;Ensuite viennent les barques de pêcheurs, que je ne pensais pas voir en si grand nombre : on croise, surtout le matin et le soir, des dizaines de barques, à peine suffisamment grandes pour contenir les deux individus qui l&#39;utilisent, un aux rames et l&#39;autre à dérouler (ou enrouler bien sûr) un filet. &#xA;&#xA;village&#xA;&#xA;La largeur du fleuve change peu et en-dehors des collines c&#39;est surtout le présence d&#39;îles qui va influer sur sa physionomie ; certaines sont cultivées, d&#39;autres non mais toutes sont un refuge pour les centaines d&#39;oiseaux qui nichent, pèchent et barbotent parmi les roseaux. &#xA;&#xA;Les gens&#xA;&#xA;Finalement la remontée en bateau reste le meilleur moyen de visiter la Haute-Égypte et c&#39;est marrant de penser que ce faisant on vit une expérience très proche de celle des touristes du début du siècle (enfin du XIX°). &#xA;&#xA;D&#39;ailleurs la population qu&#39;on croise sur cette croisière ne me contredira pas, elle est comme nous représentative de la bourgeoisie mondialisée, blanche et occidentale qu&#39;on pouvait déjà, j&#39;imagine, rencontrer ici il y a 110 ans. Sur notre dahabieh, ce sont par exemple des espagnols avec leurs enfants installé à Londres et Vancouver, une famille de profs de Boston, un australien (instantanément renommé crocodile dundie par Valérie mais qui en réalité bosse dans la finance et se définit sans aucune ironie comme réfugié économique) de Singapour qui passe manifestement sa vie à voyager et deux couples d&#39;anglais qui auraient l&#39;un et l&#39;autre parfaitement leur place chez Agatha Christie. Tout ce beau monde est très aimable et pratique avec aisance l&#39;art de discussions d&#39;une totale platitude qui présentent l&#39;avantage de se dérouler en anglais pour épicer notre séjour d&#39;une touche d&#39;exotisme supplémentaire. &#xA;&#xA;Le contraste avec la pauvreté de la population égyptienne, bien qu&#39;amorti par le fait qu&#39;on la distingue à peine lors des escales, est également tout aussi vif qu&#39;au XIX°. Avec cette différence majeure qu&#39;entre-temps le tourisme est devenu la seule industrie du pays. &#xA;&#xA;chambre&#xA;&#xA;Cela se traduit de notre point de vue par un nombre important de ferrys qui font la navette entre Louxor et Assouan de manière industrielle : quand on les croise, c&#39;est par groupe de trente ou quarante bateaux à la file. Notre chance est qu&#39;ils ne peuvent pas s&#39;arrêter en l&#39;absence de quai suffisamment profond, d&#39;où une relative tranquillité lors des haltes&#xA;&#xA;Haute-Égypte&#xA;&#xA;Le décor change à partir de la première cataracte, c&#39;est-à-dire Assouan ; enfant, j&#39;imaginais un genre de Niagara, ce n&#39;est bien entendu pas le cas. C&#39;est plutôt qu&#39;à partir d&#39;ici on entre dans une zone de chaos rocheux où le fleuve connaît une succession de rapides, et en amont duquel il avait creusé un canyon dans la roche.  &#xA;&#xA;Il est aisé de comprendre pourquoi le site forme une frontière naturelle qui a séparé Égypte et Nubie pendant si longtemps. Malheureusement pour les Nubiens, la zone sud d&#39;Assouan est riche en ressources minérales et notamment en or. C&#39;est aussi bien entendu un verrou commercial vers le reste de l&#39;Afrique, verrou que les pharaons ont fini par faire sauter en l&#39;envahissant et en faisant disparaitre les cultures locales.&#xA;&#xA;Et malheureusement pour nous, il est aujourd&#39;hui difficile voire impossible de se rendre compte de ce que pouvaient être les paysages et la vie quotidienne en haute-Égypte depuis l&#39;édification du barrage Nasser qui a fait disparaitre toute la zone sous le lac artificiel. &#xA;&#xA;On en a un petit aperçu lors de la visite du musée nubien d&#39;Assouan où se trouvent notamment un ensemble de photographies, fin XIX° - début XX°. &#xA;&#xA;egypte]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Notre trajet le long du Nil commence par une promenade en voiture jusqu&#39;au barrage situé au nord de Louxor. La route est assez fréquentée, mais bon il n&#39;y a pas tant que ça de routes dans ce pays, et beaucoup de choses s&#39;y passent puisque c&#39;est le seul axe routier à longer le fleuve de ce côté.<br>
</p>

<p>Chaque intersection est agrémentée d&#39;un dos d&#39;âne très efficace, d&#39;un café, de véhicules arrêtés, de policiers (<em>on croise beaucoup de policiers dans une dictature militaire. D&#39;ailleurs il est interdit de les prendre en photo, ainsi que de photographier des bâtiment de l&#39;armée, ou d&#39;être en possession de jumelles</em>), de marchands de pains et de gens qui attendent un transport. On croise beaucoup de cannes à sucre transportées principalement sur des charrettes tirées par des ânes étiques ou des triporteurs.</p>

<p>Tous ces ralentisseurs donnent une conduite égyptienne : rouler à 140 pendant 40 secondes, freiner jusqu&#39;à l&#39;arrêt, passer l&#39;obstacle et hop c&#39;est reparti pour accélérer à fond, doubler un camion qui est en train de dépasser une moto qui double une charrette, pendant qu&#39;un bus arrive en face... ha il est temps de s&#39;arrêter de nouveau.</p>

<p>La ville d&#39;Esna, notre destination, a grandi trop vite et semble n&#39;être composée que de ces immeubles à ossature en béton armé et murs de brique nue qu&#39;on voit partout ici. Sans oublier les fers qui dépassent au dernier étage.</p>

<h2 id="esna" id="esna">Esna</h2>

<p>Le site ancien d&#39;Esna est un temple, ou plutôt la salle hypostyle d&#39;un temple de l&#39;époque romaine ; sa situation est particulière : 9 m sous le niveau de la ville (le limon déposé par le fleuve représente donc 5 cm d&#39;épaisseur par décade, j&#39;aurais pensé plus. Évidemment le niveau du terrain a cessé d&#39;augmenter en 1964).</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181735-2daef4c7-me.jpg" alt="esna"></p>

<p>À l&#39;époque des touristes anglais de la fin de 1920 on ne visitait que le tiers supérieur du bâtiment. Dommage car ces salles sont à mon goût les endroits les plus impressionnants des temples. Évidemment, elles ont été construites pour cela : on s&#39;y déplace difficilement à cause de la densité des piliers, le clair-obscur favorise le recueillement et les couleurs, préservées et restaurées sont d&#39;un éclat extraordinaire. La mythologie est au plafond, les récits plus terre-à-terre (ambassades, conquêtes et histoires de famille) recouvrent les piliers et les murs.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181742-4fb4a930-me.jpg" alt="plafond"></p>

<p>Esna est depuis l&#39;antiquité un centre de production agricole : les piliers sont sont ici d&#39;une diversité remarquable et représentent toutes sortes de plantes cultivées dans le coin. Une équipe d&#39;archéologues est au travail, on peut constater la différence des couleurs, avant-après leur intervention, c&#39;est spectaculaire. Le temple a été, ici comme ailleurs, utilisé comme logement / cuisine et le noir de fumée a tout recouvert mais sous cette crasse les couleurs ressortent aussi vives qu&#39;il y a deux mille ans. Je me demande à quel point la suie a protégé les couleurs, en tout cas l&#39;améthyste ou le corail ont conservé leur éclat.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181749-14aacea9-me.jpg" alt="piliers"></p>

<p>À la sortie du site, qui est entouré de tous côtés par une ville très proche, nous traversons le souk pour rejoindre le quai. Nous croisons quelques beaux restes d&#39;immeubles ou maisons construits en terre, datant du début du XX°, ainsi que des écoliers, des femmes faisant des courses, des types sur des motos chinoises, des étals de viandes et de tripes installés dans la rue en terre, des épiciers... et curieusement pas un seul touriste.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181756-f9187284-me.jpg" alt="maison"></p>

<p>Les autres touristes doivent passer à travers le souk moderne construit pour eux, merci Amin de nous avoir fait passer par la ville (je ne m&#39;y serais pas aventuré seul).<br>
Plus tard nous en croiserons également assez peu (des touristes), car les dahabieh voyagent en décalé par rapport aux ferrys qui font le même trajet deux fois plus vite et si nous sommes intégrés à un groupe assez imposant (70 personnes peut-être, réparties sur 5 bateaux voyageant de concert), nous nous diluons sur les sites en nous éparpillant au sein de groupes plus petits, chacun disposant de son propre guide.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181827-97ad20b7-me.jpg" alt="esna"></p>

<p>Le moment est donc venu de la croisière lente, effectuée dans un luxe décadent et en traversant des paysages de toute beauté (d&#39;autant que, de loin, on voit moins la crasse et le plastique qui décorent chaque mètre carré de terrain), agrémentés parfois de visites.</p>

<h2 id="le-nil" id="le-nil">Le Nil</h2>

<p>C&#39;est un voyage, hélas trop court et au rythme alangui, qui se déroule au fond d&#39;une vallée où par définition le regard ne peut porter que dans deux directions. Le paysage est difficile a décrire, à la fois linéaire, perdu que nous sommes sur ce ruban de vie au milieu du désert, mais aussi toujours changeant. Avec des fulgurances de temps suspendu et de calme absolu :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182419-801e3ea2-me.jpg" alt="brume"></p>

<p>Souvent l&#39;on ne voit que les rives, c&#39;est-à-dire un foisonnement de toutes teintes de vert, parfois quelques bâtiments en émergent, ici un minaret, là des quais de chargement et régulièrement, des collines ocres offrent un peu de champ, et une couleur de plus à la palette.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181852-c2526030-me.jpg" alt="nil"></p>

<p>Les rives sont <em>très</em> vertes : après tout, l&#39;espace cultivable est gagné sur le sable du Sahara aussi dattiers, manguiers et bananiers poussent-ils les pieds dans l&#39;eau.</p>

<p>Un des objets artificiels qu&#39;on croise le plus souvent est la pompe, depuis les stations de pompage opérées par une équipe et pour une zone ou un village, jusqu&#39;à celle qui se déplace à la main et est mue par un générateur à gasoil (le carburant ne coûte presque rien ici). On voit partout des tuyaux qui plongent dans le fleuve ; les agriculteurs qui utilisent des installations collectives (canaux et martellières) paient une redevance et tous inondent régulièrement leurs parcelles.</p>

<p>D&#39;ailleurs un de premiers soirs nous allons nous promener jusqu&#39;à un village de cultivateurs où une des familles manifestement les plus influentes est celle en charge de la station de pompage.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182022-3dd76fe0-me.jpg" alt="village"></p>

<p>Ensuite viennent les barques de pêcheurs, que je ne pensais pas voir en si grand nombre : on croise, surtout le matin et le soir, des dizaines de barques, à peine suffisamment grandes pour contenir les deux individus qui l&#39;utilisent, un aux rames et l&#39;autre à dérouler (ou enrouler bien sûr) un filet.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182008-fc0de5cc-me.jpg" alt="village"></p>

<p>La largeur du fleuve change peu et en-dehors des collines c&#39;est surtout le présence d&#39;îles qui va influer sur sa physionomie ; certaines sont cultivées, d&#39;autres non mais toutes sont un refuge pour les centaines d&#39;oiseaux qui nichent, pèchent et barbotent parmi les roseaux.</p>

<h2 id="les-gens" id="les-gens">Les gens</h2>

<p>Finalement la remontée en bateau reste le meilleur moyen de visiter la Haute-Égypte et c&#39;est marrant de penser que ce faisant on vit une expérience très proche de celle des touristes du début du siècle (enfin du XIX°).</p>

<p>D&#39;ailleurs la population qu&#39;on croise sur cette croisière ne me contredira pas, elle est comme nous représentative de la bourgeoisie mondialisée, blanche et occidentale qu&#39;on pouvait déjà, j&#39;imagine, rencontrer ici il y a 110 ans. Sur notre dahabieh, ce sont par exemple des espagnols avec leurs enfants installé à Londres et Vancouver, une famille de profs de Boston, un australien (instantanément renommé <em>crocodile dundie</em> par Valérie mais qui en réalité bosse dans la finance et se définit sans aucune ironie comme réfugié économique) de Singapour qui passe manifestement sa vie à voyager et deux couples d&#39;anglais qui auraient l&#39;un et l&#39;autre parfaitement leur place chez Agatha Christie. Tout ce beau monde est très aimable et pratique avec aisance l&#39;art de discussions d&#39;une totale platitude qui présentent l&#39;avantage de se dérouler en anglais pour épicer notre séjour d&#39;une touche d&#39;exotisme supplémentaire.</p>

<p>Le contraste avec la pauvreté de la population égyptienne, bien qu&#39;amorti par le fait qu&#39;on la distingue à peine lors des escales, est également tout aussi vif qu&#39;au XIX°. Avec cette différence majeure qu&#39;entre-temps le tourisme est devenu la seule industrie du pays.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182410-060998dc-me.jpg" alt="chambre"></p>

<p>Cela se traduit de notre point de vue par un nombre important de ferrys qui font la navette entre Louxor et Assouan de manière industrielle : quand on les croise, c&#39;est par groupe de trente ou quarante bateaux à la file. Notre chance est qu&#39;ils ne peuvent pas s&#39;arrêter en l&#39;absence de quai suffisamment profond, d&#39;où une relative tranquillité lors des haltes</p>

<h2 id="haute-égypte" id="haute-égypte">Haute-Égypte</h2>

<p>Le décor change à partir de la première <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cataractes_du_Nil">cataracte</a>, c&#39;est-à-dire Assouan ; enfant, j&#39;imaginais un genre de Niagara, ce n&#39;est bien entendu pas le cas. C&#39;est plutôt qu&#39;à partir d&#39;ici on entre dans une zone de chaos rocheux où le fleuve connaît une succession de rapides, et en amont duquel il avait creusé un canyon dans la roche.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183359-dd2c620e-me.jpg" alt=""></p>

<p>Il est aisé de comprendre pourquoi le site forme une frontière naturelle qui a séparé Égypte et Nubie pendant si longtemps. Malheureusement pour les Nubiens, la zone sud d&#39;Assouan est riche en ressources minérales et notamment en or. C&#39;est aussi bien entendu un verrou commercial vers le reste de l&#39;Afrique, verrou que les pharaons ont fini par faire sauter en l&#39;envahissant et en faisant disparaitre les cultures locales.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183444-ef031ccb-me.jpg" alt=""></p>

<p>Et malheureusement pour nous, il est aujourd&#39;hui difficile voire impossible de se rendre compte de ce que pouvaient être les paysages et la vie quotidienne en haute-Égypte depuis l&#39;édification du barrage Nasser qui a fait disparaitre toute la zone sous le lac artificiel.</p>

<p>On en a un petit aperçu lors de la visite du musée nubien d&#39;Assouan où se trouvent notamment un ensemble de photographies, fin XIX° – début XX°.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183450-fe23b008-me.jpg" alt=""></p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:egypte" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">egypte</span></a></p>
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      <guid>https://blog.parpoil.org/le-long-du-nil</guid>
      <pubDate>Fri, 21 Feb 2025 03:57:11 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Retour en Égypte</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/retour-en-egypte</link>
      <description>&lt;![CDATA[Vingt ans après mon premier séjour, j&#39;aurais du mal à dire ce qui a changé. Pas l&#39;expérience du transport aérien, ça c&#39;est sûr on est toujours traité comme du bétail, mal assis et mal nourri mais c&#39;est une bien faible punition pour tout ce carbone injecté dans l&#39;atmosphère. &#xA;&#xA;Difficile aussi d&#39;ignorer qu&#39;on arrive dans un état policier délabré, l&#39;aérogare le proclame haut et fort ; néanmoins ce que je trouvais marrant, suranné et exotique il y a quelques années, me semble désormais triste et flippant (et un peu marrant quand même, mais d&#39;une triste manière).&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;En arrivant &#xA;&#xA;Nous sommes environnés de champs extrêmement verdoyants tandis que le désert commence à cinquante mètres : un condensé de vallée du Nil. De plus notre séjour à l’hôtel nous met dans la peau des visiteurs anglais du XIX° car on donne sur la montagne de Thèbes et ses centaines de tombes d&#39;un côté, sur les colosses de Memnon de l&#39;autre (il parait qu&#39;une des deux statues émettait un sifflement le matin, dû à la dilatation de la pierre se réchauffant au soleil, et que ce bruit a disparu après une restauration. C&#39;est aussi à la base de plusieurs de ces statues qu&#39;on a trouvé la liste égéenne/Larenaissancegrecque) qui décrit le monde connu sous Amenophis 3 en listant des villes et par extension les peuples -Hittites, Nubiens, Assyriens, Babyloniens et Grecs du continent ou de Crête- qui étaient les partenaires, les adversaires, les voisins de Pharaon). Nous marchons littéralement sur l&#39;Égypte antique. &#xA;&#xA;champs&#xA;&#xA;Comme c&#39;est l&#39;Égypte on marche aussi sur des montagnes de plastique et de déchets mais je me suis promis de rédiger sur une note positive alors je n&#39;en parlerai pas trop. Je suis cependant très étonné du peu de cas qu&#39;on fait de l&#39;eau dans ce pays qui n&#39;est tout de même qu&#39;un désert où la vie est rendue possible uniquement par et sur le fleuve. Le guide qui nous escortera dans quelques jours a eu plusieurs fois cette formule que je trouve stupéfiante : &#34;jusqu&#39;en 1963 la terre d&#39;Égypte était attaquée par le fleuve&#34;. Attaquée... alors que le barrage condamne à court terme une bonne partie de la capacité de subsistance du pays et favorise le recul du delta. Bref, le fleuve est manifestement perçu de manière ambivalente.&#xA;&#xA;Karnak&#xA;&#xA;En arrivant, nous avons choisi de nous jeter dans le grand bain et d&#39;aller, à peine débarqué de l&#39;avion, visiter le site qui accueille le plus de touristes de toute l&#39;Égypte, à savoir le complexe de Karnak. &#xA;&#xA;karnak&#xA;&#xA;---&#xA;Mais avant nous avons été réveillés par les montgolfières qui survolent la vallée de Rois. Saviez-vous qu&#39;une montgolfière fait un boucan du diable avec sa torchère ? Nous, oui, car plusieurs dizaines d&#39;entre elles sont passées à 50 m de notre chambre au lever du soleil. &#xA;---&#xA;&#xA;Karnak, donc : l&#39;endroit est stupéfiant de par sa taille, alors même qu&#39;une bonne partie du complexe religieux a disparu, avalé par les sables puis par la ville moderne. L&#39;ensemble est trop difficile à appréhender et la visite se résume dans mon esprit à quelques instantanés, des images de gravures merveilleusement exécutées, de piliers d&#39;une ligne magnifique, de restes de couleur dont on peine à imaginer qu&#39;elles ont 4000 ans, de bouts de statues cyclopéennes. &#xA;&#xA;pilier&#xA;&#xA;Le tout est environné par le travail toujours en cours des archéologues qui grignotent lentement le côté du site, regagnant péniblement un peu de terrain et amassant des montagnes de bouts de cailloux à trier, étiqueter, remonter : du travail pour des centaines d&#39;années.&#xA;&#xA;La seule salle hypostyle est presque aussi grande que Notre-Dame et mobilisait manifestement les mêmes ressorts : dimensions écrasantes, demi-jour mystique traversé de rais de lumière miraculeuse. &#xA;&#xA;salle&#xA;&#xA;Majestueuse et écrasante, intrigante et mystérieuse, chaude et poussiéreuse, envahie d&#39;une marée de touristes et autour de laquelle il faut se frayer un chemin entre vendeurs de cochonneries et rabatteurs variés : pas de doute cette visite se déroule en Égypte. Et pour parachever la mise en condition on prend une calèche pour aller déjeuner puis une felouque pour traverser le fleuve et enfin des tuk-tuk pour rejoindre l&#39;hôtel. &#xA;&#xA;felouque&#xA;&#xA;Avec une pause pour voir rapidement le village en terre crue d&#39;Hassan Fathy, une vraie merveille qu&#39;on n&#39;a pas le temps de visiter en détail et qui est désormais totalement englobée dans la nouvelle ville de Louxor. &#xA;&#xA;adobe&#xA;&#xA;Medinet Habou&#xA;&#xA;Et comme l&#39;hôtel est construit sur une zone archéologique, on prend le temps d&#39;aller à pied visiter le très mignon temple de Medinet Habou. Le chemin de terre qui y mène longe un bidonville quartier de Louxor par l&#39;arrière mais le temple lui-même donne sur la montagne de Thèbes, a une échelle bien plus accessible que Karnak et draine nettement moins de monde. Même si la salle principale est désormais dépourvue de toit la visite nous plait beaucoup. &#xA;&#xA;mehdinet&#xA;&#xA;Intermède Eric H. Cline &#xA;&#xA;Mon livre de chevet au début du séjour est 1077 av. JC : le jour où la civilisation s&#39;effondra et l&#39;histoire racontée par l&#39;historien commence très précisément ici au XII° siècle avec les récits consignés sur les parois des temples, d&#39;échanges épistolaires, d&#39;ambassades, de destructions de villes et de guerres menées au Nord de l&#39;Empire contre des groupes d&#39;envahisseurs mal identifiés. &#xA;&#xA;Car la fin du XII° (avant JC bien sûr), c&#39;est la fin de l&#39;âge de Bronze au moyen-Orient dans ce qui était à l&#39;époque une vaste interconnexion d&#39;empires et de cités-état allant de Rome à Babylone, dont l&#39;Égypte était clairement la puissance dominante. Et cette fin n&#39;est pas venue seulement par l&#39;effacement du temps, elle s&#39;est faite dans la douleur et le mystère, avec l&#39;effondrement presque simultané (enfin, simultané à l&#39;échelle de l&#39;histoire antique et avec toutes les pincettes imaginables pour dater ces évènements) de ces structures sociales dites palatiales (c&#39;est-à-dire j&#39;imagine, très centralisées). &#xA;&#xA;C&#39;est aussi la période probable de la guerre de Troie, ou plutôt d&#39;une des guerres sur le site de Troie (où, rappel, on pense que neuf villes se sont succédées), qui aurait pu servir de prétexte à Homère pour rédiger l&#39;Iliade (oui car j&#39;ai appris à cette occasion que le poème décrit des objets et des personnages séparés en fait par des décennies ou des siècles).&#xA;&#xA;Et il se trouve que toute cette histoire a pu être reconstituée entre autres grâce à la graphomanie égyptienne, de pierre (sur les murs) et d&#39;argile (sur les tablettes de comptes et de correspondance) : merci la bureaucratie. Et plusieurs de ces éléments de contexte cités dans le livre se trouvent juste ici dans un rayon de 500m autour de l&#39;hôtel : au Ramesseum, à Mehdimet Abou ou encore sur le socle des colosses. On peut dire que c&#39;est une lecture de circonstance.&#xA;&#xA;Spoiler concernant le livre de Cline : personne ne sait pour l’instant qui étaient ces groupes qui ont incendié tant de villes et attaqué les empire méditerranéens, il n&#39;y a pas de consensus sur la raison de cet effondrement relativement soudain de la civilisation de l&#39;époque. Je retiens tout de même que plusieurs facteurs furent concomitants et que, outre l&#39;érection de nouveaux empires sur l&#39;humus de leurs prédécesseurs, la zone a connu (de manière attestée par l&#39;analyse de pollen) un changement climatique avec des sécheresses en série et des famines (ses voisins et alliés ont demandé du grain à l&#39;Égypte), des tremblements de terre (ou plutôt des séries de tremblement de terre en Grèce, à Chypre et en Anatolie), la rupture de plusieurs routes commerciales alors que les économies de l&#39;époque étaient très liées les unes aux autres... &#xA;&#xA;Lecture que je conseille et qui rapproche singulièrement de nous les préoccupations de l&#39;antiquité. &#xA;&#xA;#egypte #lectures #2025 &#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Vingt ans après mon premier séjour, j&#39;aurais du mal à dire ce qui a changé. Pas l&#39;expérience du transport aérien, ça c&#39;est sûr on est toujours traité comme du bétail, mal assis et mal nourri mais c&#39;est une bien faible punition pour tout ce carbone injecté dans l&#39;atmosphère.</p>

<p>Difficile aussi d&#39;ignorer qu&#39;on arrive dans un état policier délabré, l&#39;aérogare le proclame haut et fort ; néanmoins ce que je trouvais marrant, suranné et exotique il y a quelques années, me semble désormais triste et flippant (et un peu marrant quand même, mais d&#39;une triste manière).</p>



<h2 id="en-arrivant" id="en-arrivant">En arrivant</h2>

<p>Nous sommes environnés de champs extrêmement verdoyants tandis que le désert commence à cinquante mètres : un condensé de vallée du Nil. De plus notre séjour à l’hôtel nous met dans la peau des visiteurs anglais du XIX° car on donne sur la montagne de Thèbes et ses centaines de tombes d&#39;un côté, sur les colosses de Memnon de l&#39;autre (il parait qu&#39;une des deux statues émettait un sifflement le matin, dû à la dilatation de la pierre se réchauffant au soleil, et que ce bruit a disparu après une restauration. C&#39;est aussi à la base de plusieurs de ces statues qu&#39;on a trouvé <em>la <a href="https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Circulation_et_diffusion_des_savoirs_dans_le_monde_grec_(VIIIe-Ier_AEC)/La_renaissance_grecque">liste égéenne</a></em> qui décrit le monde connu sous Amenophis 3 en listant des villes et par extension les peuples -Hittites, Nubiens, Assyriens, Babyloniens et Grecs du continent ou de Crête- qui étaient les partenaires, les adversaires, les voisins de Pharaon). Nous marchons littéralement sur l&#39;Égypte antique.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181138-79f2bbfe-me.jpg" alt="champs"></p>

<p>Comme c&#39;est l&#39;Égypte on marche aussi sur des montagnes de plastique et de déchets mais je me suis promis de rédiger sur une note positive alors je n&#39;en parlerai pas trop. Je suis cependant très étonné du peu de cas qu&#39;on fait de l&#39;eau dans ce pays qui n&#39;est tout de même qu&#39;un désert où la vie est rendue possible uniquement par et sur le fleuve. Le guide qui nous escortera dans quelques jours a eu plusieurs fois cette formule que je trouve stupéfiante : “jusqu&#39;en 1963 la terre d&#39;Égypte était <em>attaquée</em> par le fleuve”. Attaquée... alors que le barrage condamne à court terme une bonne partie de la capacité de subsistance du pays et favorise le recul du delta. Bref, le fleuve est manifestement perçu de manière ambivalente.</p>

<h2 id="karnak" id="karnak">Karnak</h2>

<p>En arrivant, nous avons choisi de nous jeter dans le grand bain et d&#39;aller, à peine débarqué de l&#39;avion, visiter le site qui accueille le plus de touristes de toute l&#39;Égypte, à savoir le complexe de Karnak.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181056-505fd532-me.jpg" alt="karnak"></p>

<hr>

<p><em>Mais avant nous avons été réveillés par les montgolfières qui survolent la vallée de Rois. Saviez-vous qu&#39;une montgolfière fait un boucan du diable avec sa torchère ? Nous, oui, car plusieurs dizaines d&#39;entre elles sont passées à 50 m de notre chambre au lever du soleil</em>.</p>

<hr>

<p>Karnak, donc : l&#39;endroit est stupéfiant de par sa taille, alors même qu&#39;une bonne partie du complexe religieux a disparu, avalé par les sables puis par la ville moderne. L&#39;ensemble est trop difficile à appréhender et la visite se résume dans mon esprit à quelques instantanés, des images de gravures merveilleusement exécutées, de piliers d&#39;une ligne magnifique, de restes de couleur dont on peine à imaginer qu&#39;elles ont 4000 ans, de bouts de statues cyclopéennes.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181126-15522417-me.jpg" alt="pilier"></p>

<p>Le tout est environné par le travail toujours en cours des archéologues qui grignotent lentement le côté du site, regagnant péniblement un peu de terrain et amassant des montagnes de bouts de cailloux à trier, étiqueter, remonter : du travail pour des centaines d&#39;années.</p>

<p>La seule salle hypostyle est presque aussi grande que Notre-Dame et mobilisait manifestement les mêmes ressorts : dimensions écrasantes, demi-jour mystique traversé de rais de lumière miraculeuse.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181102-c683416a-me.jpg" alt="salle"></p>

<p>Majestueuse et écrasante, intrigante et mystérieuse, chaude et poussiéreuse, envahie d&#39;une marée de touristes et autour de laquelle il faut se frayer un chemin entre vendeurs de cochonneries et rabatteurs variés : pas de doute cette visite se déroule en Égypte. Et pour parachever la mise en condition on prend une calèche pour aller déjeuner puis une felouque pour traverser le fleuve et enfin des tuk-tuk pour rejoindre l&#39;hôtel.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181050-4364bccb-me.jpg" alt="felouque"></p>

<p>Avec une pause pour voir rapidement le village en terre crue d&#39;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Hassan_Fathy">Hassan Fathy</a>, une vraie merveille qu&#39;on n&#39;a pas le temps de visiter en détail et qui est désormais totalement englobée dans la nouvelle ville de Louxor.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181132-f249dcf7-me.jpg" alt="adobe"></p>

<h2 id="medinet-habou" id="medinet-habou">Medinet Habou</h2>

<p>Et comme l&#39;hôtel est construit sur une zone archéologique, on prend le temps d&#39;aller à pied visiter le très mignon temple de Medinet Habou. Le chemin de terre qui y mène longe un <del>bidonville</del> quartier de Louxor par l&#39;arrière mais le temple lui-même donne sur la montagne de Thèbes, a une échelle bien plus accessible que Karnak et draine nettement moins de monde. Même si la salle principale est désormais dépourvue de toit la visite nous plait beaucoup.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181143-c73b8379-me.jpg" alt="mehdinet"></p>

<h2 id="intermède-eric-h-cline" id="intermède-eric-h-cline">Intermède Eric H. Cline</h2>

<p>Mon livre de chevet au début du séjour est <em>1077 av. JC : le jour où la civilisation s&#39;effondra</em> et l&#39;histoire racontée par l&#39;historien commence très précisément ici au XII° siècle avec les récits consignés sur les parois des temples, d&#39;échanges épistolaires, d&#39;ambassades, de destructions de villes et de guerres menées au Nord de l&#39;Empire contre des groupes d&#39;envahisseurs mal identifiés.</p>

<p>Car la fin du XII° (avant JC bien sûr), c&#39;est la fin de l&#39;âge de Bronze au moyen-Orient dans ce qui était à l&#39;époque une vaste interconnexion d&#39;empires et de cités-état allant de Rome à Babylone, dont l&#39;Égypte était clairement la puissance dominante. Et cette fin n&#39;est pas venue seulement par l&#39;effacement du temps, elle s&#39;est faite dans la douleur et le mystère, avec l&#39;effondrement presque simultané (enfin, simultané à l&#39;échelle de l&#39;histoire antique et avec toutes les pincettes imaginables pour dater ces évènements) de ces structures sociales dites palatiales (c&#39;est-à-dire j&#39;imagine, très centralisées).</p>

<p>C&#39;est aussi la période probable de la guerre de Troie, ou plutôt d&#39;une des guerres sur le site de Troie (où, rappel, on pense que neuf villes se sont succédées), qui <em>aurait pu</em> servir de prétexte à Homère pour rédiger l&#39;Iliade (oui car j&#39;ai appris à cette occasion que le poème décrit des objets et des personnages séparés en fait par des décennies ou des siècles).</p>

<p>Et il se trouve que toute cette histoire a pu être reconstituée entre autres grâce à la graphomanie égyptienne, de pierre (sur les murs) et d&#39;argile (sur les tablettes de comptes et de correspondance) : merci la bureaucratie. Et plusieurs de ces éléments de contexte cités dans le livre <em>se trouvent juste ici</em> dans un rayon de 500m autour de l&#39;hôtel : au Ramesseum, à Mehdimet Abou ou encore sur le socle des colosses. On peut dire que c&#39;est une lecture de circonstance.</p>

<p><em>Spoiler</em> concernant le livre de Cline : personne ne sait pour l’instant qui étaient ces groupes qui ont incendié tant de villes et attaqué les empire méditerranéens, il n&#39;y a pas de consensus sur la raison de cet effondrement <em>relativement</em> soudain de la civilisation de l&#39;époque. Je retiens tout de même que plusieurs facteurs furent concomitants et que, outre l&#39;érection de nouveaux empires sur l&#39;humus de leurs prédécesseurs, la zone a connu (de manière attestée par l&#39;analyse de pollen) un changement climatique avec des sécheresses en série et des famines (ses voisins et alliés ont demandé du grain à l&#39;Égypte), des tremblements de terre (ou plutôt des séries de tremblement de terre en Grèce, à Chypre et en Anatolie), la rupture de plusieurs routes commerciales alors que les économies de l&#39;époque étaient très liées les unes aux autres...</p>

<p>Lecture que je conseille et qui rapproche singulièrement de nous les préoccupations de l&#39;antiquité.</p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:egypte" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">egypte</span></a> <a href="https://blog.parpoil.org/tag:lectures" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">lectures</span></a> #2025</p>
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      <guid>https://blog.parpoil.org/retour-en-egypte</guid>
      <pubDate>Thu, 20 Feb 2025 12:34:05 +0000</pubDate>
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