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    <title>Poltergeist</title>
    <link>https://blog.parpoil.org/</link>
    <description>un journal personnel</description>
    <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 21:39:11 +0100</pubDate>
    <item>
      <title>Rentrée</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/rentree</link>
      <description>&lt;![CDATA[Les enfants sont de plus en plus autonomes et vaquent à leurs occupations, la pression de la rentrée devrait diminuer, d&#39;autant que j&#39;ai finalement lâché cette vague idée de peut-être un jour m&#39;investir dans une associations de parents d&#39;élèves, après avoir vu de trop près les bénévoles surinvestis et malgré les têtes à claques venues pour défendre leurs petits intérêts lamentables.&#xA;&#xA;Mais en fait non j&#39;ai l&#39;impression que chaque mois de septembre vient avec son lot de nouveautés qui provoquent un sentiment d&#39;urgence et de suroccupation. Et curieusement c&#39;est aussi le moment des bonnes résolutions puisque c&#39;est plus une période de renouveau que le mois de janvier, bien engoncé dans le creux de l&#39;hiver &#xA;&#xA;Or donc parmi ces résolutions, j&#39;éprouve désormais le besoin de faire des trucs et donc de chercher une occupation, au même titre que les enfants font du cirque, du chant choral allemand ou de la boxe en pleine conscience. Ce qui est très étrange car je n&#39;en ressentait pas le besoin plus jeune, j&#39;avais l&#39;impression de me suffire à moi-même (enfin, en terme d&#39;occupation) : des bouquins et quelques passages au bar avec les copains représentaient mon horizon de complétude humaine. Rattrapé par la patrouille temporelle j&#39;ai l&#39;impression de me retrouver désœuvré sans savoir comment reconnecter avec cet ancien moi pour qui végéter sur un canapé des heures durant semblait ne poser aucun problème. &#xA;&#xA;En bon velléitaire, j&#39;ai tendance à engranger des enthousiasmes tout aussi fulgurants que fugaces, en tout cas peu suivis d&#39;effet et j&#39;en suis venu à constater que je suis totalement incapable du moindre effort suivi dans la durée. Et je le vis mal.&#xA;&#xA;Je pourrais pourtant arrêter de culpabiliser à l&#39;idée de toutes ces envies avortées, et en arriver au stade où, autant admettre qu&#39;elles n&#39;étaient que prétextes à la rêverie, ou peut-être une manière de satisfaire le collectionneur en moi. Le collectionneur de souhaits, celui qui voudrait faire du sport, et des randonnées et se mettre au dessin ou bien pourquoi pas à la musique, à la poterie à moins que ce soit la forge ; tout ça pourrait se marier avec la photographie ou se mixer avec la gravure et l&#39;impression, être rehaussé d&#39;aquarelle d&#39;ailleurs tous ces carnets à peine entamés, porteurs d&#39;espoirs de souvenirs faits main, pourraient allègrement être repris, trouver leur place dans un musée personnel, bénéficier d&#39;une calligraphie sophistiquée, accueillir des cyanotypes et participer à la construction d&#39;une histoire personnelle, familiale ; au passage on pourrait fabriquer du papier, des pinceaux, des appareils photos, aller observer des animaux dans les bois, aller voir les levers de soleil, ramasser des jolis petits cailloux. &#xA;&#xA;Mais non je suis jaloux de toutes celles et ceux qui produisent quelque chose de leur main, ou plus précisément qui peuvent s&#39;absorber totalement dans l&#39;acte de faire, sans se préoccuper du résultat. &#xA;&#xA;  ]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Les enfants sont de plus en plus autonomes et vaquent à leurs occupations, la pression de la rentrée devrait diminuer, d&#39;autant que j&#39;ai finalement lâché cette vague idée de peut-être un jour m&#39;investir dans une associations de parents d&#39;élèves, après avoir vu de trop près les bénévoles surinvestis et malgré les têtes à claques venues pour défendre leurs petits intérêts lamentables.</p>

<p>Mais en fait non j&#39;ai l&#39;impression que chaque mois de septembre vient avec son lot de nouveautés qui provoquent un sentiment d&#39;urgence et de suroccupation. Et curieusement c&#39;est aussi le moment des bonnes résolutions puisque c&#39;est plus une période de renouveau que le mois de janvier, bien engoncé dans le creux de l&#39;hiver</p>

<p>Or donc parmi ces résolutions, j&#39;éprouve désormais le besoin de faire des trucs et donc de chercher une occupation, au même titre que les enfants font du cirque, du chant choral allemand ou de la boxe en pleine conscience. Ce qui est très étrange car je n&#39;en ressentait pas le besoin plus jeune, j&#39;avais l&#39;impression de me suffire à moi-même (enfin, en terme d&#39;occupation) : des bouquins et quelques passages au bar avec les copains représentaient mon horizon de complétude humaine. Rattrapé par la patrouille temporelle j&#39;ai l&#39;impression de me retrouver désœuvré sans savoir comment reconnecter avec cet ancien moi pour qui végéter sur un canapé des heures durant semblait ne poser aucun problème.</p>

<p>En bon velléitaire, j&#39;ai tendance à engranger des enthousiasmes tout aussi fulgurants que fugaces, en tout cas peu suivis d&#39;effet et j&#39;en suis venu à constater que je suis totalement incapable du moindre effort suivi dans la durée. Et je le vis mal.</p>

<p>Je <em>pourrais</em> pourtant arrêter de culpabiliser à l&#39;idée de toutes ces envies avortées, et en arriver au stade où, autant admettre qu&#39;elles n&#39;étaient que prétextes à la rêverie, ou peut-être une manière de satisfaire le collectionneur en moi. Le collectionneur de souhaits, celui qui voudrait faire du sport, et des randonnées et se mettre au dessin ou bien pourquoi pas à la musique, à la poterie à moins que ce soit la forge ; tout ça pourrait se marier avec la photographie ou se mixer avec la gravure et l&#39;impression, être rehaussé d&#39;aquarelle d&#39;ailleurs tous ces carnets à peine entamés, porteurs d&#39;espoirs de souvenirs faits main, pourraient allègrement être repris, trouver leur place dans un musée personnel, bénéficier d&#39;une calligraphie sophistiquée, accueillir des cyanotypes et participer à la construction d&#39;une histoire personnelle, familiale ; au passage on pourrait fabriquer du papier, des pinceaux, des appareils photos, aller observer des animaux dans les bois, aller voir les levers de soleil, ramasser des jolis petits cailloux.</p>

<p>Mais non je suis jaloux de toutes celles et ceux qui produisent quelque chose de leur main, ou plus précisément qui peuvent s&#39;absorber totalement dans <em>l&#39;acte</em> de faire, sans se préoccuper du résultat.</p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.parpoil.org/rentree</guid>
      <pubDate>Tue, 09 Sep 2025 15:55:13 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Été 2025</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/ete-2025</link>
      <description>&lt;![CDATA[Vacances à peine préparées, on descend tranquillement et on essaie de voir du monde. &#xA;&#xA;Morvan&#xA;&#xA;Départ de Paris après la foule du we noir d&#39;alternance de vacanciers. Direction à Corbigny chez Bérénice et Guillaume ; Corbigny où nous nous étions brièvement arrêtés il y a quelques années lors de notre remontée du canal du Nivernais avec Caroline et Benoit. &#xA;&#xA;C&#39;est une des villes du coin dont je me souviens le mieux, nous y avions diné au restaurant et dormi à l&#39;hôtel à l&#39;occasion de l&#39;anniversaire de Blaise, ça nous changeait des campings municipaux, par ailleurs très sympas, très peu chers et bien équipés, que nous avions fréquenté au long de cette semaine. La rue principale du village comportait plusieurs petits commerces qui rendaient l&#39;endroit plus vivant que prévu, tels que fournisseur de petit électroménager, mercerie et autres boucheries fleurant bon les trente glorieuses. &#xA;Entre-temps l&#39;endroit avait été démystifié par nos échanges avec les locaux de l&#39;étape car ça reste une commune rurale avec une population qui vote très majoritairement extrême-droite. Par exemple la librairie est un relais actif de Soral. Bref.&#xA;&#xA;On se rejoint au lac du Crescent, j&#39;apprends que la région est notamment connue pour ses lacs, c&#39;est une des réserves qui alimentent Paris. Donc : baignade, les copains peuvent y passer toute leur journée ; on joue avec le chien des voisins, on saute des petits rochers qui bordent le lac, on regarde les pêcheurs qui campent en face et on reste au frais vu qu&#39;il fait 35°.&#xA;La cousine de Bérénice travaille dans la biotech, je suis fasciné par le fait que son entreprise développe des solutions de stockage de données sur ADN : c&#39;est la concrétisation de la toute cette SF des années 90-2000.&#xA; &#xA;La campagne autour de Lormes est tout simplement sublime, nous nous déplaçons dans une une succession de paysages rêvés du haut moyen-âge ces petites collines qui s&#39;enchaînent en alternance avec de petits champs, des pâtures, des bosquets et des hameaux. &#xA;La maison, collée à l&#39;église est gigantesque et dispose d&#39;un jardin pile de la bonne taille pour ne pas y perdre de temps en jardinage, un rêve de parisien. Les enfants sont enchantés, il faut dire que Guillaume est un parfait animateur de soirées jeu.&#xA;&#xA;Haute-Loire&#xA;&#xA;Changement de campagne, on bascule sur les plateaux d&#39;Auvergne et là aussi les paysages sont moyenâgeux en diable, les villages perchés sur des pitons ou bien blottis au fond de vallées inexpugnables, les forêt denses et les pentes brutales. On entrevoit des bouts de campagne comme depuis un avion avant de plonger dans des combes pour rejoindre &#xA;&#xA;Retour à Vorey-sur-Arzon où nous étions venus il y a allègrement 20 ans et avions passé plusieurs jours tassés au coin du feu pour conjurer le froid glacial (je me souviens particulièrement de l&#39;expédition chez le voisin pour acheter du bois). &#xA;&#xA;Entre-temps les deux maisonnettes ont été réunies afin de disposer d&#39;espaces utilisables par des êtres humains normaux du XX°, au lieu d&#39;un empilement de cagibis où se réfugier l&#39;hiver avec le bétail. La canicule nous poursuit toujours et on profite des soirées dans le jardin, ainsi que de quelques baignades dans la Loire. &#xA;&#xA;Le Tarn&#xA;&#xA;Déjà la fin de notre première semaine de vacances, on rejoint les Causses des Cévennes pour retrouver Sixtine et Thomas dans un camping en bord de rivière à Le Rozier, haut lieu du canyonning ainsi que des expéditions de grimpeurs vers les gorges du Tarn et de la Jonte. Légère inquiétude liée au fait que notre emplacement, certes au bord de l&#39;eau, semble dangereusement ensoleillé.&#xA;Ça me stresse un peu car je suis en train de lire Le ministère du futur et le premier chapitre décrit une canicule mortelle. &#xA;&#xA;Le ministère du futur&#xA;&#xA;J&#39;étais pas forcément emabllé à l&#39;idée de le lire, mais vu le succès de la chose je me suis dit que ce serait con de passer à côté. Mais je n&#39;ai jamais été fan de ce type de SF, choral et qui se déroule sur des décennies ou siècles ; les personnages ne sont guère que des prétextes à dérouler une histoire longue, et rendre attachant des individus fictifs qui ont vocation à disparaitre au chapitre suivant... demande un talent que n&#39;a pas Kim Stanley Robinson. D&#39;ailleurs la trilogie martienne m&#39;était tombée des mains. &#xA;&#xA;Bref j&#39;ai tenté le coup, ça se lit plutôt agréablement au début puis le lecteur se heurte à des gimmicks très agaçants ainsi qu&#39;à des chapitres théoriques utiles aux gens qui n&#39;ont aucune notion d&#39;écologie ni de problèmes liés au bouleversement climatique.&#xA;À part ça on suit principalement deux personnages : un humanitaire pris dans une canicule mortelle en Inde qui, victime de PTSD, erre pendant le reste du livre sans servir à rien ; et une femme responsable d&#39;un commissariat des Nations Unies dédié à rendre le futur soutenable (le ministère du futur donc) et qui semble errer elle aussi de réunions en meetings en restaurants à Zurich. &#xA;Comme ça se passe dans très peu de temps, le discours géopolitique est déjà débordé et tout le livre est teinté de techno-solutionnisme : la finance mondiale ? réglée par une blockchain indexée sur le carbone. Les glaciers disparaissent ? creusons des trous pour pomper l&#39;eau qui, à leur base accélèrent leur déplacement, afin de les faire reposer de nouveau sur la roche. Il faut chaud les gens meurent ? projetons dans l&#39;atmosphère des millions de tonnes de particules pour imiter les grosses éruptions et refroidir le climat. &#xA;&#xA;En conclusion : pas de discours politique articulé, ou bien au niveau de la maternelle, pas de description de solutions viables sur le terrain, pas de mention de lowtech, on laisse de côté les zaibatsus, on ne parle pas des modifications sociales engendrées par les bouleversements décrits à haut niveau, on se farcit des saynètes condescendantes... et en plus on suit des personnages aux motivations floues&#xA; &#xA;J&#39;ai arrêté avant la fin en me demandant bien où se trouve le cerveau de la critique littéraire mondialisée, vu les louanges qu&#39;a reçu la chose. &#xA;&#xA;Le Tarn, suite&#xA;&#xA;Nous subissons la canicule, heureusement atténuée par de longues stations aquatiques : canöé sur le Tarn avec des millions de nos contemporains, accès direct à la rivière depuis le camping. On arrive quand même à faire une via ferrata astucieusement orientée à l&#39;ouest, ainsi qu&#39;une randonnée balade au-dessus du village. Dans les deux cas, formations rocheuses étonnantes, vue d&#39;avion sur les gorges (400 m de dénivelé mais très abrupt) et passage de vautours à 10m de nous. Petit passage par le causse Méjean (à sa périphérie), paysages sublimes qui donnent très envie de revenir en inter-saison, enfin à un moment où les températures seraient supportables. &#xA;&#xA;Lozère &#xA;&#xA;Passage rapide par chez Chantal pour une réunion familiale improvisée ; sa maison de famille retapée dans une ancienne grange, est sublime et idéalement placée dans un village minuscule proche de Florac. Petit spot de baignade merveilleusement désert.&#xA;&#xA;Anecdotes d&#39;enfance de sa part lorsque les congères étaient si hautes que personne ne pouvait plus se déplacer. Jusqu&#39;au début du siècle on sonnait la cloche dans certaines zones du Causse pour guider les voyageurs ou voisins perdus.&#xA;&#xA;Florac est une ville qui ne compte que 2000 habitants mais semble bien active et en effet elle compte 104 associations, ce qui fait beaucoup. Passage par l&#39;atelier Tuffery, un incontournable. Et un super petit restau avec Gounette. Ha oui parce qu&#39;entre-temps nous sommes descendus jusqu&#39;à Alès, avons tenté le camping en descendant mais les températures avaient suivi la route et étaient montées d&#39;autant donc nous sommes revenus sur nos pas pour trouver une délicieuse température nocturne de 16°. ]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Vacances à peine préparées, on descend tranquillement et on essaie de voir du monde.</p>

<h2 id="morvan" id="morvan">Morvan</h2>

<p>Départ de Paris après la foule du we noir d&#39;alternance de vacanciers. Direction à Corbigny chez Bérénice et Guillaume ; Corbigny où nous nous étions brièvement arrêtés il y a quelques années lors de notre remontée du canal du Nivernais avec Caroline et Benoit.</p>

<p>C&#39;est une des villes du coin dont je me souviens le mieux, nous y avions diné au restaurant et dormi à l&#39;hôtel à l&#39;occasion de l&#39;anniversaire de Blaise, ça nous changeait des campings municipaux, par ailleurs très sympas, très peu chers et bien équipés, que nous avions fréquenté au long de cette semaine. La rue principale du village comportait plusieurs petits commerces qui rendaient l&#39;endroit plus vivant que prévu, tels que fournisseur de petit électroménager, mercerie et autres boucheries fleurant bon les trente glorieuses.
Entre-temps l&#39;endroit avait été démystifié par nos échanges avec les locaux de l&#39;étape car ça reste une commune rurale avec une population qui vote très majoritairement extrême-droite. Par exemple la librairie est un relais actif de Soral. Bref.</p>

<p>On se rejoint au lac du Crescent, j&#39;apprends que la région est notamment connue pour ses lacs, c&#39;est une des réserves qui alimentent Paris. Donc : baignade, les copains peuvent y passer toute leur journée ; on joue avec le chien des voisins, on saute des petits rochers qui bordent le lac, on regarde les pêcheurs qui campent en face et on reste au frais vu qu&#39;il fait 35°.
La cousine de Bérénice travaille dans la biotech, je suis fasciné par le fait que son entreprise développe des solutions de stockage de données sur ADN : c&#39;est la concrétisation de la toute cette SF des années 90-2000.</p>

<p>La campagne autour de Lormes est tout simplement sublime, nous nous déplaçons dans une une succession de paysages rêvés du haut moyen-âge ces petites collines qui s&#39;enchaînent en alternance avec de petits champs, des pâtures, des bosquets et des hameaux.
La maison, collée à l&#39;église est gigantesque et dispose d&#39;un jardin pile de la bonne taille pour ne pas y perdre de temps en jardinage, un rêve de parisien. Les enfants sont enchantés, il faut dire que Guillaume est un parfait animateur de soirées jeu.</p>

<h2 id="haute-loire" id="haute-loire">Haute-Loire</h2>

<p>Changement de campagne, on bascule sur les plateaux d&#39;Auvergne et là aussi les paysages sont moyenâgeux en diable, les villages perchés sur des pitons ou bien blottis au fond de vallées inexpugnables, les forêt denses et les pentes brutales. On entrevoit des bouts de campagne comme depuis un avion avant de plonger dans des combes pour rejoindre</p>

<p>Retour à Vorey-sur-Arzon où nous étions venus il y a allègrement 20 ans et avions passé plusieurs jours tassés au coin du feu pour conjurer le froid glacial (je me souviens particulièrement de l&#39;expédition chez le voisin pour acheter du bois).</p>

<p>Entre-temps les deux maisonnettes ont été réunies afin de disposer d&#39;espaces utilisables par des êtres humains normaux du XX°, au lieu d&#39;un empilement de cagibis où se réfugier l&#39;hiver avec le bétail. La canicule nous poursuit toujours et on profite des soirées dans le jardin, ainsi que de quelques baignades dans la Loire.</p>

<h2 id="le-tarn" id="le-tarn">Le Tarn</h2>

<p>Déjà la fin de notre première semaine de vacances, on rejoint les Causses des Cévennes pour retrouver Sixtine et Thomas dans un camping en bord de rivière à <em>Le Rozier</em>, haut lieu du canyonning ainsi que des expéditions de grimpeurs vers les gorges du Tarn et de la Jonte. Légère inquiétude liée au fait que notre emplacement, certes au bord de l&#39;eau, semble dangereusement ensoleillé.
Ça me stresse un peu car je suis en train de lire Le ministère du futur et le premier chapitre décrit une canicule mortelle.</p>

<h2 id="le-ministère-du-futur" id="le-ministère-du-futur">Le ministère du futur</h2>

<p>J&#39;étais pas forcément emabllé à l&#39;idée de le lire, mais vu le succès de la chose je me suis dit que ce serait con de passer à côté. Mais je n&#39;ai jamais été fan de ce type de SF, choral et qui se déroule sur des décennies ou siècles ; les personnages ne sont guère que des prétextes à dérouler une histoire longue, et rendre attachant des individus fictifs qui ont vocation à disparaitre au chapitre suivant... demande un talent que n&#39;a pas Kim Stanley Robinson. D&#39;ailleurs la trilogie martienne m&#39;était tombée des mains.</p>

<p>Bref j&#39;ai tenté le coup, ça se lit plutôt agréablement au début puis le lecteur se heurte à des gimmicks très agaçants ainsi qu&#39;à des chapitres théoriques utiles aux gens qui n&#39;ont aucune notion d&#39;écologie ni de problèmes liés au bouleversement climatique.
À part ça on suit principalement deux personnages : un humanitaire pris dans une canicule mortelle en Inde qui, victime de PTSD, erre pendant le reste du livre sans servir à rien ; et une femme responsable d&#39;un commissariat des Nations Unies dédié à rendre le futur soutenable (le ministère du futur donc) et qui semble errer elle aussi de réunions en meetings en restaurants à Zurich.
Comme ça se passe dans très peu de temps, le discours géopolitique est déjà débordé et tout le livre est teinté de techno-solutionnisme : la finance mondiale ? réglée par une blockchain indexée sur le carbone. Les glaciers disparaissent ? creusons des trous pour pomper l&#39;eau qui, à leur base accélèrent leur déplacement, afin de les faire reposer de nouveau sur la roche. Il faut chaud les gens meurent ? projetons dans l&#39;atmosphère des millions de tonnes de particules pour imiter les grosses éruptions et refroidir le climat.</p>

<p>En conclusion : pas de discours politique articulé, ou bien au niveau de la maternelle, pas de description de solutions viables sur le terrain, pas de mention de lowtech, on laisse de côté les zaibatsus, on ne parle pas des modifications sociales engendrées par les bouleversements décrits à haut niveau, on se farcit des saynètes condescendantes... et en plus on suit des personnages aux motivations floues</p>

<p>J&#39;ai arrêté avant la fin en me demandant bien où se trouve le cerveau de la critique littéraire mondialisée, vu les louanges qu&#39;a reçu la chose.</p>

<h2 id="le-tarn-suite" id="le-tarn-suite">Le Tarn, suite</h2>

<p>Nous subissons la canicule, heureusement atténuée par de longues stations aquatiques : canöé sur le Tarn avec des millions de nos contemporains, accès direct à la rivière depuis le camping. On arrive quand même à faire une via ferrata astucieusement orientée à l&#39;ouest, ainsi qu&#39;une <del>randonnée</del> balade au-dessus du village. Dans les deux cas, formations rocheuses étonnantes, vue d&#39;avion sur les gorges (400 m de dénivelé mais très abrupt) et passage de vautours à 10m de nous. Petit passage par le causse Méjean (à sa périphérie), paysages sublimes qui donnent très envie de revenir en inter-saison, enfin à un moment où les températures seraient supportables.</p>

<h2 id="lozère" id="lozère">Lozère</h2>

<p>Passage rapide par chez Chantal pour une réunion familiale improvisée ; sa maison de famille retapée dans une ancienne grange, est sublime et idéalement placée dans un village minuscule proche de Florac. Petit spot de baignade merveilleusement désert.</p>

<p>Anecdotes d&#39;enfance de sa part lorsque les congères étaient si hautes que personne ne pouvait plus se déplacer. Jusqu&#39;au début du siècle on sonnait la cloche dans certaines zones du Causse pour guider les voyageurs ou voisins perdus.</p>

<p>Florac est une ville qui ne compte que 2000 habitants mais semble bien active et en effet elle compte 104 associations, ce qui fait beaucoup. Passage par l&#39;atelier Tuffery, un incontournable. Et un super petit restau avec Gounette. Ha oui parce qu&#39;entre-temps nous sommes descendus jusqu&#39;à Alès, avons tenté le camping en descendant mais les températures avaient suivi la route et étaient montées d&#39;autant donc nous sommes revenus sur nos pas pour trouver une délicieuse température nocturne de 16°.</p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.parpoil.org/ete-2025</guid>
      <pubDate>Sun, 31 Aug 2025 19:04:26 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Coincé</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/coince</link>
      <description>&lt;![CDATA[Que faire quand on est bloqué chez soi (ou presque) pendant un mois ? Je m&#39;étais naïvement imaginé des quêtes existentielles et des accomplissements personnels renversants, j&#39;aurais dû savoir mieux. !--more--&#xA;&#xA;Tout d&#39;abord, en sortant d&#39;une opération il faut compter une durée incompressible de temps perdu à rester totalement amorphe, dormant 15 heures par jour et parfaitement incapable de faire autre chose que regarder stérilement un écran jusqu&#39;à oublier son propre nom. On passe aussi pas mal de temps à chercher vainement une position plus confortable dans son lit en attendant la prochaine prise d&#39;antalgique. Ensuite, le déplacement à deux béquilles permet de se mouvoir, certes, mais rend le déplacement d&#39;une assiette aussi inenvisageable qu&#39;une carrière de danseur étoile.  &#xA;&#xA;Après deux semaines à ce régime, la douleur reflue finalement et arrive le moment royal où le déhanchement à une seule béquille est possible. Cette libération d&#39;une main n&#39;a malheureusement pas contrebalancé le pli de la paresse la plus débridée imprimée dans mon hippocampe et je n&#39;ai donc pas réussi à mener tous mes projets à bien. &#xA;&#xA;Mail&#xA;&#xA;J&#39;ai tout de même migré mes mails chez un hébergeur digne de ce nom et ainsi quitté l&#39;entreprise australienne où j&#39;hébergeais mes messages depuis bientôt 6 ans. Fastmail avait eu le bon goût d&#39;exister pour faciliter ma sortie de gmail, mais on ne peut pas dire qu&#39;ils soient étouffés par le respect de la vie privée et le droit australien est tout aussi foireux que celui des USA en matière de préservation de données personnelles. J&#39;avais réfléchi un temps à migrer chez Protonmail (c&#39;était avant qu&#39;on apprenne à quel point le fondateur est si admiratif de Trump et Musk), c&#39;est dire si le sujet m&#39;importe. Mais autant Proton a fait du chemin sur les aspects d&#39;UX, autant les prix restent conséquents, surtout pour une petite organisation puisque je souhaitais pouvoir gérer plusieurs adresses mail sous mon domaine. &#xA;&#xA;Donc c&#39;est fait, merci Galae, dont les tarifs sont très raisonnables, l&#39;équipe réactive et qui déploie une pile technique totalement open source et conforme aux standards. La doc est propre et j&#39;ai réussi la migration sans prise de tête. Et appris au passage deux trois trucs sur les enregistrements DNS (qui dans mon cas sont géré chez Ionos comme ça je n&#39;ai pas d&#39;adhérence entre mes outils et mon nom de domaine).&#xA;&#xA;J&#39;avoue c&#39;est une satisfaction importante bien qu&#39;un peu stérile, de savoir mes mails gérés normalement et pas chez un zaibatsu. Et surtout je peux créer un nombre illimité de boites ! joie. &#xA;&#xA;Par contre force est de constater que le gap ergonomique en provenance de gmail reste assez important. Je connaissais déjà Sogo (client web) et Thunderbird pour les utiliser dans ma vie professionnelle et je savais à quoi m&#39;attendre mais j&#39;avoue certain.e.s pourraient être rebuté.e.s.&#xA;&#xA;Web &#xA;&#xA;J&#39;ai également réussi à atteindre un objectif que j&#39;avais en tête depuis un moment sans jamais trouver le temps de m&#39;en charger : héberger moi-même les services web dont j&#39;ai besoin, au demeurant peu nombreux (en fait principalement le présent site internet, une instance de FreshRSS et un pad crypté). &#xA;&#xA;Comme j&#39;avais un raspberry sous la main (acheté pour faire tourner retropie afin de proposer une console de salon aux enfants, mais que je n&#39;ai jamais réussi à le configurer bien comme il faut pour que ce soit facile à utiliser. Ni à trouver les jeux qui les feraient vraiment marrer), j&#39;ai installé Yunohost sur la carte sd, branché la bête au cul de la box et voilà !&#xA;&#xA;Ce projet est tout bonnement incroyable, la preuve : moi qui suis complètement nul en tout ce qui concerne les paramétrages réseaux et plus largement les processus d&#39;installation logiciels modernes, ai pu tout faire marcher en moins d&#39;une journée, je n&#39;en reviens toujours pas. Y compris les redirections DNS nécessaires pour faire pointer le domaine sur ce morceau de silicium stocké dans un placard. &#xA;&#xA;Bref j&#39;ai pu rapatrier l&#39;intégralité de ce présent blog, auparavant stocké chez Zaclys et hop à moi la liberté. &#xA;&#xA;Séries&#xA;&#xA;Tout ceci est bien mignon mais n&#39;a pas occupé l&#39;intégralité des 30 jours passés en réclusion, non j&#39;ai surtout regardé des séries télé : &#xA;&#xA;Asterix évidemment et tout le monde était bien déçu que la série ne compte que 6 épisodes&#xA;The last of us saison 2 que je trouve presque aussi bien que la première saison&#xA;the witcher qui marche vraiment bien et m&#39;a donné envie de relire tout Sapkowski&#xA;la résidence, un genre d&#39;Agatha Christie bien enlevé&#xA;Arcane que je regarde avec les enfants et qui est sublime, sans aucun doute une des plus belles animations que j&#39;ai vu. Le scenario est relativement prévisible mais comporte un sens de l&#39;ellipse très maîtrisé. Et la musique est bien. Et les séquences de récit sans parole sont très bien aussi&#xA;black mirror mais je n&#39;ai pas pu regarder beaucoup d&#39;épisodes, le contraste entre la tranquillité de la mise en scène et la brutalité des sujets est quasiment insoutenable&#xA;Pluto qui est très très proche de l&#39;univers du manga original&#xA;Kaos avec Jeff Goldblum en Zeus paranoïaque, marrant&#xA;Love death and robots, saison 4, hélas moins bien que les deux précédentes (qui par contre sont teeeellement bien) &#xA;a discovery of witches pour qui j&#39;ai un faible (c&#39;est parce qu&#39;il y a des vampires dedans) même si la saison 2 a des longueurs avec l&#39;époque victorienne&#xA;la deuxième saison d&#39;Altered Carbon qui est aussi bien que la première, et comme je suis fan du roman, tant mieux&#xA;la fin d&#39;Umbrella academy, qui tourne un peu en rond mais de manière confortable et se conclue majestueusement&#xA;Captain Laserhawk, un animé bien vitaminé et complètement barré&#xA;&#xA;Sinon j&#39;ai aussi regardé des bouts de :&#xA;&#xA;nobody wants this parce que je suis fan de Kristen Bell. Il y a des dialogues savoureux mais je ne suis pas allé très loin&#xA;espion à l&#39;ancienne parce que je suis aussi fan de Ted Danson, souvenons-nous de cette merveille qu&#39;est The good place.]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Que faire quand on est bloqué chez soi (ou presque) pendant un mois ? Je m&#39;étais naïvement imaginé des quêtes existentielles et des accomplissements personnels renversants, j&#39;aurais dû savoir mieux. </p>

<p>Tout d&#39;abord, en sortant d&#39;une opération il faut compter une durée incompressible de temps perdu à rester totalement amorphe, dormant 15 heures par jour et parfaitement incapable de faire autre chose que regarder stérilement un écran jusqu&#39;à oublier son propre nom. On passe aussi pas mal de temps à chercher vainement une position plus confortable dans son lit en attendant la prochaine prise d&#39;antalgique. Ensuite, le déplacement à deux béquilles permet de se mouvoir, certes, mais rend le déplacement d&#39;une assiette aussi inenvisageable qu&#39;une carrière de danseur étoile.</p>

<p>Après deux semaines à ce régime, la douleur reflue finalement et arrive le moment royal où le déhanchement à une seule béquille est possible. Cette libération d&#39;une main n&#39;a malheureusement pas contrebalancé le pli de la paresse la plus débridée imprimée dans mon hippocampe et je n&#39;ai donc pas réussi à mener tous mes projets à bien.</p>

<h2 id="mail" id="mail">Mail</h2>

<p>J&#39;ai tout de même migré mes mails chez un hébergeur digne de ce nom et ainsi quitté l&#39;entreprise australienne où j&#39;hébergeais mes messages depuis bientôt 6 ans. Fastmail avait eu le bon goût d&#39;exister pour faciliter ma sortie de gmail, mais on ne peut pas dire qu&#39;ils soient étouffés par le respect de la vie privée et le droit australien est tout aussi foireux que celui des USA en matière de préservation de données personnelles. J&#39;avais réfléchi un temps à migrer chez Protonmail (c&#39;était avant qu&#39;on apprenne à quel point le fondateur est si admiratif de Trump et Musk), c&#39;est dire si le sujet m&#39;importe. Mais autant Proton a fait du chemin sur les aspects d&#39;UX, autant les prix restent conséquents, surtout pour une petite organisation puisque je souhaitais pouvoir gérer plusieurs adresses mail sous mon domaine.</p>

<p>Donc c&#39;est fait, merci <a href="https://mail.galae.net/">Galae</a>, dont les tarifs sont très raisonnables, l&#39;équipe réactive et qui déploie une pile technique totalement open source et conforme aux standards. La doc est propre et j&#39;ai réussi la migration sans prise de tête. Et appris au passage deux trois trucs sur les enregistrements DNS (qui dans mon cas sont géré chez Ionos comme ça je n&#39;ai pas d&#39;adhérence entre mes outils et mon nom de domaine).</p>

<p>J&#39;avoue c&#39;est une satisfaction importante bien qu&#39;un peu stérile, de savoir mes mails gérés normalement et pas chez un zaibatsu. Et surtout je peux créer un nombre illimité de boites ! joie.</p>

<p>Par contre force est de constater que le gap ergonomique en provenance de gmail reste assez important. Je connaissais déjà Sogo (client web) et Thunderbird pour les utiliser dans ma vie professionnelle et je savais à quoi m&#39;attendre mais j&#39;avoue certain.e.s pourraient être rebuté.e.s.</p>

<h2 id="web" id="web">Web</h2>

<p>J&#39;ai également réussi à atteindre un objectif que j&#39;avais en tête depuis un moment sans jamais trouver le temps de m&#39;en charger : héberger moi-même les services web dont j&#39;ai besoin, au demeurant peu nombreux (en fait principalement le présent site internet, une instance de FreshRSS et un pad crypté).</p>

<p>Comme j&#39;avais <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Raspberry_Pi">un raspberry</a> sous la main (acheté pour faire tourner <a href="https://retropie.org.uk/">retropie</a> afin de proposer une console de salon aux enfants, mais que je n&#39;ai jamais réussi à le configurer bien comme il faut pour que ce soit facile à utiliser. Ni à trouver les jeux qui les feraient vraiment marrer), j&#39;ai installé <a href="https://yunohost.org/">Yunohost</a> sur la carte sd, branché la bête au cul de la box <em>et voilà</em> !</p>

<p>Ce projet est tout bonnement incroyable, la preuve : moi qui suis complètement nul en tout ce qui concerne les paramétrages réseaux et plus largement les processus d&#39;installation logiciels modernes, ai pu tout faire marcher en moins d&#39;une journée, je n&#39;en reviens toujours pas. Y compris les redirections DNS nécessaires pour faire pointer le domaine sur ce morceau de silicium stocké dans un placard.</p>

<p>Bref j&#39;ai pu rapatrier l&#39;intégralité de ce présent blog, auparavant stocké chez Zaclys et hop à moi la liberté.</p>

<h2 id="séries" id="séries">Séries</h2>

<p>Tout ceci est bien mignon mais n&#39;a pas occupé l&#39;intégralité des 30 jours passés en réclusion, non j&#39;ai surtout regardé des séries télé :</p>
<ul><li><em>Asterix</em> évidemment et tout le monde était bien déçu que la série ne compte que 6 épisodes</li>
<li><em>The last of us</em> saison 2 que je trouve <em>presque</em> aussi bien que la première saison</li>
<li><em>the witcher</em> qui marche vraiment bien et m&#39;a donné envie de relire tout Sapkowski</li>
<li><em>la résidence</em>, un genre d&#39;Agatha Christie bien enlevé</li>
<li><em>Arcane</em> que je regarde avec les enfants et qui est sublime, sans aucun doute une des plus belles animations que j&#39;ai vu. Le scenario est relativement prévisible mais comporte un sens de l&#39;ellipse très maîtrisé. Et la musique est bien. Et les séquences de récit sans parole sont très bien aussi</li>
<li><em>black mirror</em> mais je n&#39;ai pas pu regarder beaucoup d&#39;épisodes, le contraste entre la tranquillité de la mise en scène et la brutalité des sujets est quasiment insoutenable</li>
<li><em>Pluto</em> qui est très très proche de l&#39;univers du manga original</li>
<li><em>Kaos</em> avec Jeff Goldblum en Zeus paranoïaque, marrant</li>
<li><em>Love death and robots</em>, saison 4, hélas moins bien que les deux précédentes (qui par contre sont teeeellement bien)</li>
<li><em>a discovery of witches</em> pour qui j&#39;ai un faible (c&#39;est parce qu&#39;il y a des vampires dedans) même si la saison 2 a des longueurs avec l&#39;époque victorienne</li>
<li>la deuxième saison d&#39;<em>Altered Carbon</em> qui est aussi bien que la première, et comme je suis fan du roman, tant mieux</li>
<li>la fin d&#39;<em>Umbrella academy</em>, qui tourne un peu en rond mais de manière confortable et se conclue majestueusement</li>
<li><em>Captain Laserhawk</em>, un animé bien vitaminé et complètement barré</li></ul>

<p>Sinon j&#39;ai aussi regardé des bouts de :</p>
<ul><li><em>nobody wants this</em> parce que je suis fan de Kristen Bell. Il y a des dialogues savoureux mais je ne suis pas allé très loin</li>
<li><em>espion à l&#39;ancienne</em> parce que je suis <em>aussi</em> fan de Ted Danson, souvenons-nous de cette merveille qu&#39;est <em>The good place</em>.</li></ul>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.parpoil.org/coince</guid>
      <pubDate>Sat, 31 May 2025 16:25:39 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Lecture : 2025</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/lecture-2025</link>
      <description>&lt;![CDATA[Me voici quasiment cloué au lit suite à une opération, c&#39;est le moment de faire un peu le point sur mes dernières lectures frappantes, d&#39;autant qu&#39;en prévision de ce moment j&#39;ai dépensé mes sous à tort et à travers libéralement dans les librairies pour alimenter le plaisir anticipé consistant à créer des piles de lectures au pied de mon lit et dans mes étagères.&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Octavia Butler&#xA;&#xA;La parabole du semeur : voilà enfin un récit post-apo qui tabasse. &#xA;&#xA;Je l&#39;avais commencé avec un enthousiasme modéré parce que ce genre de SF n&#39;est pas trop ma tasse de thé, et aussi parce que le synopsis est drôlement proche de La route (Cormac McCarthy) qui m&#39;était tombé des mains tellement c&#39;est une bouse emmerdante et sans intérêt. Quelle maladie a touché la presse française à la sortie de ce pensum, je me le demande. Il faut aimer se flageller avec des orties pour apprécier. Donnez-moi par pitié cent mille Octavia et Ursula et rangez Cormac à la poubelle. &#xA;D&#39;ailleurs je suppute que le critique français masturbateur aime bien trouver de temps en temps une œuvre de genre cette fois c&#39;est tombé sur &#34;la science fiction&#34; c&#39;était l&#39;occasion rhalala ça m&#39;énerve. Et au fait, pas de science ici c&#39;est une anticipation.&#xA;&#xA;Un synopsis proche disais-je, celui de la fin du monde, amené de manière très intelligente sur le fond et formidable dans la forme car on lit un journal intime, écrit de manière tellement prenante et vivante qu&#39;on s&#39;y croit totalement. Chose amusante : l&#39;histoire, écrite en 93, se déroule en 2025 et (presque) tout est tellement réaliste. En tout cas, la manière dont le monde s&#39;effondre est très réaliste, à tel point que c&#39;est une fictions les plus ancrées que j&#39;aie lu sur ce thème. &#xA;Je l&#39;ai acheté dans un élan de littérature &#34;sérieuse&#34;, sans doute en même temps que des essais qui resteront inachevés sur une étagère -ça m&#39;arrive régulièrement- cette fois-ci il arrivait tout de même auréolé de critiques (de critiques de gens qui savent ce qu&#39;ils lisent, je précise) très positives, et c&#39;est l&#39;occasion de découvrir une autrice importante. Ça brasse large, j&#39;ai eu un peu de mal à entrer dedans puis le déclic s&#39;est fait et je l&#39;ai lu d&#39;une traite. &#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Ann Leckie&#xA;&#xA;En parlant de science-fiction, de la vraie cette fois avec des vaisseaux spatiaux et tout, j&#39;ai acheté un recueil de nouvelles d&#39;Ann Leckie qui a obtenu de manière très très méritée le prix Hugo 2024 pour Les Chroniques du Radch, une des choses les plus follement innovantes que j&#39;ai lu depuis des années, que je ne vais pas raconter , mais qui a un ton, un univers, des personnages extraordinairement singuliers et attachants. Il m&#39;est resté longtemps en tête, et malgré sa sortie récente je l&#39;ai lu plusieurs fois. &#xA;Bref j&#39;attends beaucoup de ce livre, sa tranche me regarde depuis l&#39;étagère et je savoure le moment où je l&#39;ouvrirai, même si les nouvelles sont moins ma tasse de thé que les romans. &#xA;&#xA;Benjamin Labatut&#xA;&#xA;À propos de tranche qui me regarde et réciproquement, j&#39;ai prévu de lire Maniac après avoir dévoré d&#39;un coup Lumières aveugles, un autre livre impossible à décrire ou résumer et tellement étrange, exotique et bizarre... Il a un côté collection d&#39;anecdotes filées qui m&#39;a fait un peu penser à ce que faisait Sebald avec l&#39;histoire (la grande histoire, la sienne, celle de ses proches), mais lui s&#39;intéresse à l&#39;histoire des sciences : c&#39;est intriguant puis intéressant puis perturbant à mesure qu&#39;on se demande où est le vrai. Un livre très très fort.&#xA;&#xA;Alexis Jenni&#xA;&#xA;Également, j&#39;ai lu la courte biographie de John Muir par Alexis Jenni, une très jolie découverte qui m&#39;accompagnera longtemps je pense.&#xA;&#xA;J&#39;avoue je ne connaissais pas John Muir, sauf peut-être pour avoir croisé son nom parfois ? en tout cas je ne connaissais pas son histoire et elle est littéralement extraordinaire, y compris pour ses contemporains. Et puis elle se déroule encore cette époque bénie où les frontières entre sciences n&#39;existaient pas comme aujourd&#39;hui et où l&#39;on pouvait devenir à la fois ingénieur, géologue, naturaliste et bien sûr homme de lettres. En plus à cette période charnière où la conquête est terminée mais pas la découverte et où se mettent en place les mécaniques de domination dont on voit aujourd&#39;hui la continuation, les mêmes causes produisant les mêmes effets.&#xA;&#xA;Mais surtout, quel aventurier incroyable, qui n&#39;a eu de cesse de se déplacer à travers le monde pour en constater et relater les beautés et surtout les éprouver de manière physique et spirituelle.&#xA;Bref une biographie classique mais qui va au cœur de l&#39;individu John Muir, et écrite avec une grande tendresse.&#xA;&#xA;Laurent Gaudé&#xA;&#xA;Sinon en début d&#39;année j&#39;ai lu deux livres de Laurent Gaudé, d&#39;abord La porte des Enfers, parce que j&#39;avais conservé un bon souvenir du soleil des Scorta et que j&#39;avais celui-ci dans ma bibliothèque depuis un moment. C&#39;est très bien écrit, vraiment. C&#39;est également sinistre au dernier degré : pas un rai de lumière dans ce cloaque. Alors certes l’œuvre traite de la mort et du deuil mais quand même. &#xA;&#xA;En plus les aspects mythologiques sont bizarrement amenés, puis curieusement traités, c&#39;est à la fois trop terre-à-terre et fantasmagorique. Et au final la description des enfers est d&#39;une monotonie barbante. &#xA;Bref, une lecture déprimante. La langue reste belle  et heureusement c&#39;est assez court. &#xA;&#xA;Et comme la critique était positive, j&#39;ai lu dans la foulée ou presque, Chien 51, un polar SF dystopique, toujours aussi bien écrit et sans fausse note, lui. Son univers est particulièrement consistant et réaliste, sa construction m&#39;a beaucoup plu, les personnages sont attachants et le mystère reste entier jusqu&#39;aux dernières pages.&#xA;&#xA;Par contre c&#39;est de nouveau sinistre et déprimant, rien ne vient égayer cette vision terrifiante de notre futur : je ne suis pas certain de continuer à lire Gaudé :)&#xA;&#xA;Ted Conover&#xA;&#xA;Une découverte incroyable, grâce à une émission de radio je crois (il a dû passer dans les midis de Culture), dont le pitch n&#39;est pas forcément très attirant. &#xA;&#xA;J&#39;ai donc lu d&#39;une traite Là où la terre ne vaut rien (plus précisément là ou l&#39;hectare de terrain vaut 1000$)  en gardant en tête les paysages somptueux du Colorado et ce qu&#39;ils remontent de construction culturelle sur ces paysages &#34;vides&#34; qui n&#39;attendent que des colons. &#xA;&#xA;Le défilé de personnalités hors normes est incroyable, tout comme la pauvreté saisissante de ces laissés-pour-compte et ce qu&#39;ils racontent de l&#39;Amérique d&#39;aujourd&#39;hui.&#xA;&#xA;Mathieu Auzanneau&#xA;&#xA;Un auteur qui connaît bien son sujet car il dirige the Shift Project et a déjà écrit une somme sur le pétrole (Or noir, la grande histoire du pétrole, je sais que c&#39;est une somme car je l&#39;ai chez moi et il fait 10 cm d&#39;épaisseur).  &#xA;Ici nous sommes plutôt dans l&#39;hyper-light : Pétrole, le déclin est proche se lit en une soirée. Une soirée agréable car c&#39;est bien écrit et on y apprend beaucoup. &#xA;&#xA;Le livre part d&#39;une histoire proche : en 2000, le concept de pic pétrolier était dans l&#39;air puis les américains ont &#34;inventé&#34; le gaz et le pétrole de schiste et magiquement la question des limites de ressources énergétiques a disparu du débat public. Le shift project a eu accès vers les années 2020 a des données très peu partagées, produites par un des principaux cabinets qui compilent de la donnée relative au stock (données généralement vendues à prix d&#39;or aux acteurs du secteur). En faisant converger pas mal d&#39;informations, il postule que le pic pétrolier a été atteint vers 2021 et que nous faisons désormais face à la fin du pétrole facile à une échéance connue et surtout, proche. Proche, c&#39;est 2030, 2040, 2050 ? dans pas longtemps en tout cas, surtout à l&#39;échelle de notre civilisation qui s&#39;est construite sur une énergie surabondante depuis 200 ans. &#xA;&#xA;Et c&#39;est précisément cet aspect du livre qui m&#39;a le plus fasciné : envisager l&#39;histoire et la géopolitique sous le prisme de la disponibilité des ressources ce qui modifie pas mal d&#39;idées préconçues : Pearl Harbour ? les japonais cherchaient à accéder aux ressources pétrolières du sud asiatique. Les allemands ont perdu la deuxième guerre ? c&#39;était inévitable car ils n&#39;avaient pas suffisamment d&#39;énergie face au bloc de l&#39;ouest. Et je ne parle même pas de la guerre en Irak. Je cite de mémoire &#34;ces guerres ont eu lieu en période de surabondance, que seront-elles lorsque les ressources seront en train de se tarir ?&#34;&#xA;&#xA;Une partie du livre expose les contraintes physiques liées à l&#39;exploitation des ressources fossiles et explique pourquoi les chiffres généralement agités par les industriels ou les politiciens ne sont pas fiables. &#xA;&#xA;Et il rappelle utilement ce qu&#39;on croit savoir par ailleurs : notre civilisation et notre mode de vie reposent sur le pétrole. Pas de pétrole ? pas de médicament, pas de production agricole sans paysan, pas de biens de consommation courante, pas de transferts sur le globe. Et d&#39;un point de vue géopolitique, pas de domination américaine.&#xA;&#xA;Et puis bien sûr il appuie là où ça fait mal : la fin du pétrole ne signifiera pas la fin de l&#39;extractivisme ou la baisse d&#39;émissions de GES. Le fait que personne ne s&#39;y prépare rend inéluctables des chocs monstrueux à venir. &#xA;&#xA;Bref un livre salutaire avec un côté curieusement enthousiasmant, façon puzzle : une esquisse de la fin d&#39;un monde. Dommage que ce soit la réalité et qu&#39;on soit en plein dedans.&#xA;&#xA;L&#39;atelier paysan&#xA;&#xA;Ce livre est presque déjà un classique en tant que critique du techno-solutionnisme. Moi, qui pensait connaître le sujet, ai beaucoup appris en le lisant, notamment sur l&#39;histoire de la mécanisation. &#xA;&#xA;En décortiquant les rouages de la grosse machinerie agricole, la démonstration est faite de nouveau, que les paysans sont avec les consommateurs les premières victimes d&#39;un système industriel qui a des racines historiques profondes et répond à une idéologie délétère. &#xA;&#xA;Je l&#39;ai lu dans la foulée de celui sur le pétrole, ça va bien ensemble.&#xA;&#xA;Larry McMurtry&#xA;&#xA;Restons en Amérique avec Lonesome Dove, un chef-d’œuvre à bien des niveaux. &#xA;&#xA;Il nous fait suivre un groupe de Texas Ranger, plus particulièrement d&#39;eux d&#39;entre eux ainsi que plusieurs personnages annexes dans les années 1840 à la frontière des États-Unis et du Mexique qui n&#39;a pas encore sa forme actuelle et ressemble plutôt à un gigantesque no man&#39;s land où les colons risquent leur vie et où les Indiens tentent encore de vivre la leur. &#xA;&#xA;Je n&#39;avais encore jamais lu d&#39;histoire aussi documentée se déroulant à cette époque, je trouve que le roman éclaire beaucoup la mentalité des pionniers qui explique tellement de choses sur la vie publique américaine. Il montre aussi la construction mouvementée de l&#39;unité territoriale américaine, qu&#39;on connaît mal en France il faut bien dire. &#xA;&#xA;Les personnages sont tous étrangement attachants, j&#39;écris étrangement car plusieurs d&#39;entre eux sont complètement barrés. Ils sont aussi très ambivalents et ont parfois du mal à justifier leurs propres actes ce qui nous les rapproche. Les dialogues sont savoureux et souvent drôles. L&#39;auteur suit les personnages un à un et nous fait ainsi brièvement mais aussi très rapidement comprendre le point de vue des personnages, pas en tant qu&#39;archétype (indien/ranger par exemple) mais en tant qu&#39;individu.  &#xA;&#xA;Et les personnages de femmes, ha ! sont incroyables surtout dans le deuxième volet. Bref un must-read.&#xA;&#xA;DOA&#xA;&#xA;J&#39;avais acheté Rétiaires il y a plusieurs mois puis je l&#39;&#39;ai laissé sciemment prendre la poussière sur une étagère parce que j&#39;attendais le moment propice à sa lecture pour deux raisons ; d&#39;abord, ce n&#39;était pas rien de se plonger dans Citoyens clandestins puis dans Pukhtu alors j&#39;attendais d&#39;être psychologiquement un peu disponible pour l&#39;entamer. &#xA;&#xA;Qu&#39;on se rassure le livre est beaucoup moins foisonnant et complexe que Pukhtu, je le qualifierais de polar &#34;classique&#34; bien enlevé avec des personnages ambigus comme on aime (surtout du côté des flics, les voyous sont plus attendus), un intrigue assez straight mais qui utilise un peu trop de retours en arrière à mon goût. &#xA;&#xA;Je l&#39;ai lu d&#39;une traite ça reste un bon polar bien documenté et qui donne une vraie impression d&#39;être embarqué en quelques mots dans les organisations de chaque côté, mais il est trop classique dans sa construction par rapport à ce que je connaissais déjà de l&#39;oeuvre de DOA alors j&#39;ai été un poil déçu.&#xA;&#xA;lectures]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Me voici quasiment cloué au lit suite à une opération, c&#39;est le moment de faire un peu le point sur mes dernières lectures frappantes, d&#39;autant qu&#39;en prévision de ce moment j&#39;ai dépensé mes sous <del>à tort et à travers</del> libéralement dans les librairies pour alimenter le plaisir anticipé consistant à créer des piles de lectures au pied de mon lit et dans mes étagères.
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<h2 id="octavia-butler" id="octavia-butler">Octavia Butler</h2>

<p><a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791030703313-la-parabole-du-semeur-octavia-e-butler/">La parabole du semeur</a> : voilà enfin un récit post-apo qui tabasse.</p>

<p>Je l&#39;avais commencé avec un enthousiasme modéré parce que ce genre de SF n&#39;est pas trop ma tasse de thé, et aussi parce que le synopsis est drôlement proche de <em>La route</em> (Cormac McCarthy) qui m&#39;était tombé des mains tellement c&#39;est une bouse emmerdante et sans intérêt. Quelle maladie a touché la presse française à la sortie de ce pensum, je me le demande. Il faut aimer se flageller avec des orties pour apprécier. Donnez-moi par pitié cent mille Octavia et Ursula et rangez Cormac à la poubelle.
D&#39;ailleurs je suppute que le critique français masturbateur aime bien trouver de temps en temps une œuvre de genre cette fois c&#39;est tombé sur “la science fiction” c&#39;était l&#39;occasion rhalala ça m&#39;énerve. Et au fait, pas de science ici c&#39;est une anticipation.</p>

<p>Un synopsis proche disais-je, celui de la fin du monde, amené de manière très intelligente sur le fond et formidable dans la forme car on lit un journal intime, écrit de manière tellement prenante et vivante qu&#39;on s&#39;y croit totalement. Chose amusante : l&#39;histoire, écrite en 93, se déroule en 2025 et (presque) tout est tellement réaliste. En tout cas, <em>la manière dont le monde s&#39;effondre</em> est très réaliste, à tel point que c&#39;est une fictions les plus ancrées que j&#39;aie lu sur ce thème.
Je l&#39;ai acheté dans un élan de littérature “sérieuse”, sans doute en même temps que des essais qui resteront inachevés sur une étagère -ça m&#39;arrive régulièrement- cette fois-ci il arrivait tout de même auréolé de critiques (de critiques de gens qui savent ce qu&#39;ils lisent, je précise) très positives, et c&#39;est l&#39;occasion de découvrir une autrice importante. Ça brasse large, j&#39;ai eu un peu de mal à entrer dedans puis le déclic s&#39;est fait et je l&#39;ai lu d&#39;une traite.</p>

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<h2 id="ann-leckie" id="ann-leckie">Ann Leckie</h2>

<p>En parlant de science-fiction, de la vraie cette fois avec des vaisseaux spatiaux et tout, j&#39;ai acheté un recueil de nouvelles d&#39;Ann Leckie qui a obtenu de manière très très méritée le prix Hugo 2024 pour <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782290111437-les-chroniques-du-radch-tome-1-la-justice-de-l-ancillaire-ann-leckie/">Les Chroniques du Radch</a>, une des choses les plus follement innovantes que j&#39;ai lu depuis des années, que je ne vais pas raconter , mais qui a un ton, un univers, des personnages extraordinairement singuliers et attachants. Il m&#39;est resté longtemps en tête, et malgré sa sortie récente je l&#39;ai lu plusieurs fois.
Bref j&#39;attends beaucoup de ce livre, sa tranche me regarde depuis l&#39;étagère et je savoure le moment où je l&#39;ouvrirai, même si les nouvelles sont moins ma tasse de thé que les romans.</p>

<h2 id="benjamin-labatut" id="benjamin-labatut">Benjamin Labatut</h2>

<p>À propos de tranche qui me regarde et réciproquement, j&#39;ai prévu de lire <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782246833420-maniac-benjamin-labatut/">Maniac</a> après avoir dévoré d&#39;un coup <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791041413027-lumieres-aveugles-benjamin-labatut/">Lumières aveugles</a>, un autre livre impossible à décrire ou résumer et tellement étrange, exotique et bizarre... Il a un côté collection d&#39;anecdotes filées qui m&#39;a fait un peu penser à ce que faisait <a href="https://www.placedeslibraires.fr/listeliv.php?base=paper&amp;mots_recherche=Winfried%20georg%20Sebald">Sebald</a> avec l&#39;histoire (la grande histoire, la sienne, celle de ses proches), mais lui s&#39;intéresse à l&#39;histoire des sciences : c&#39;est intriguant puis intéressant puis perturbant à mesure qu&#39;on se demande où est le vrai. Un livre très très fort.</p>

<h2 id="alexis-jenni" id="alexis-jenni">Alexis Jenni</h2>

<p>Également, j&#39;ai lu <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782375021521-j-aurais-pu-devenir-millionnaire-j-ai-choisi-d-etre-vagabond-alexis-jenni/">la courte biographie de John Muir par Alexis Jenni</a>, une très jolie découverte qui m&#39;accompagnera longtemps je pense.</p>

<p>J&#39;avoue je ne connaissais pas John Muir, sauf peut-être pour avoir croisé son nom parfois ? en tout cas je ne connaissais pas son histoire et elle est littéralement extraordinaire, y compris pour ses contemporains. Et puis elle se déroule encore cette époque bénie où les frontières entre sciences n&#39;existaient pas comme aujourd&#39;hui et où l&#39;on pouvait devenir à la fois ingénieur, géologue, naturaliste et bien sûr homme de lettres. En plus à cette période charnière où la conquête est terminée mais pas la découverte et où se mettent en place les mécaniques de domination dont on voit aujourd&#39;hui la continuation, les mêmes causes produisant les mêmes effets.</p>

<p>Mais surtout, quel aventurier incroyable, qui n&#39;a eu de cesse de se déplacer à travers le monde pour en constater et relater les beautés et surtout les éprouver de manière physique et spirituelle.
Bref une biographie classique mais qui va au cœur de l&#39;individu John Muir, et écrite avec une grande tendresse.</p>

<h2 id="laurent-gaudé" id="laurent-gaudé">Laurent Gaudé</h2>

<p>Sinon en début d&#39;année j&#39;ai lu deux livres de Laurent Gaudé, d&#39;abord <em>La porte des Enfers</em>, parce que j&#39;avais conservé un bon souvenir du <em>soleil des Scorta</em> et que j&#39;avais celui-ci dans ma bibliothèque depuis un moment. C&#39;est très bien écrit, vraiment. C&#39;est également sinistre au dernier degré : pas un rai de lumière dans ce cloaque. Alors certes l’œuvre traite de la mort et du deuil mais quand même.</p>

<p>En plus les aspects mythologiques sont bizarrement amenés, puis curieusement traités, c&#39;est à la fois trop terre-à-terre et fantasmagorique. Et au final la description des enfers est d&#39;une monotonie barbante.
Bref, une lecture déprimante. La langue reste belle  et heureusement c&#39;est assez court.</p>

<p>Et comme la critique était positive, j&#39;ai lu dans la foulée ou presque, <em>Chien 51</em>, un polar SF dystopique, toujours aussi bien écrit et sans fausse note, lui. Son univers est particulièrement consistant et réaliste, sa construction m&#39;a beaucoup plu, les personnages sont attachants et le mystère reste entier jusqu&#39;aux dernières pages.</p>

<p>Par contre c&#39;est de nouveau sinistre et déprimant, rien ne vient égayer cette vision terrifiante de notre futur : je ne suis pas certain de continuer à lire Gaudé :)</p>

<h2 id="ted-conover" id="ted-conover">Ted Conover</h2>

<p>Une découverte incroyable, grâce à une émission de radio je crois (il a dû passer dans <em>les midis de Culture</em>), dont le pitch n&#39;est pas forcément très attirant.</p>

<p>J&#39;ai donc lu d&#39;une traite <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782364686991-la-ou-la-terre-ne-vaut-rien-ted-conover/"><em>Là où la terre ne vaut rien</em></a> (plus précisément là ou l&#39;hectare de terrain vaut 1000$)  en gardant en tête les paysages somptueux du Colorado et ce qu&#39;ils remontent de construction culturelle sur ces paysages “vides” qui n&#39;attendent que des colons.</p>

<p>Le défilé de personnalités hors normes est incroyable, tout comme la pauvreté saisissante de ces laissés-pour-compte et ce qu&#39;ils racontent de l&#39;Amérique d&#39;aujourd&#39;hui.</p>

<h2 id="mathieu-auzanneau" id="mathieu-auzanneau">Mathieu Auzanneau</h2>

<p>Un auteur qui connaît bien son sujet car il dirige <a href="https://theshiftproject.org/">the Shift Project</a> et a déjà écrit une somme sur le pétrole (<a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782348067280-or-noir-la-grande-histoire-du-petrole-matthieu-auzanneau/">Or noir, la grande histoire du pétrole</a>, je sais que c&#39;est une somme car je l&#39;ai chez moi et il fait 10 cm d&#39;épaisseur).<br>
Ici nous sommes plutôt dans l&#39;hyper-light : <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782757899458-petrole-le-declin-est-proche-matthieu-auzanneau-hortense-chauvin/">Pétrole, le déclin est proche</a> se lit en une soirée. Une soirée agréable car c&#39;est bien écrit et on y apprend beaucoup.</p>

<p>Le livre part d&#39;une histoire proche : en 2000, le concept de pic pétrolier était dans l&#39;air puis les américains ont “inventé” le gaz et le pétrole de schiste et magiquement la question des limites de ressources énergétiques a disparu du débat public. Le shift project a eu accès vers les années 2020 a des données très peu partagées, produites par un des principaux cabinets qui compilent de la donnée relative au stock (données généralement vendues à prix d&#39;or aux acteurs du secteur). En faisant converger pas mal d&#39;informations, il <em>postule</em> que le pic pétrolier a été atteint vers 2021 et que nous faisons désormais face à la fin du pétrole facile à une échéance connue et surtout, proche. Proche, c&#39;est 2030, 2040, 2050 ? dans pas longtemps en tout cas, surtout à l&#39;échelle de notre civilisation qui s&#39;est construite sur une énergie surabondante depuis 200 ans.</p>

<p>Et c&#39;est précisément cet aspect du livre qui m&#39;a le plus fasciné : envisager l&#39;histoire et la géopolitique sous le prisme de la disponibilité des ressources ce qui modifie pas mal d&#39;idées préconçues : Pearl Harbour ? les japonais cherchaient à accéder aux ressources pétrolières du sud asiatique. Les allemands ont perdu la deuxième guerre ? c&#39;était inévitable car ils n&#39;avaient pas suffisamment d&#39;énergie face au bloc de l&#39;ouest. Et je ne parle même pas de la guerre en Irak. Je cite de mémoire “<em>ces guerres ont eu lieu en période de surabondance, que seront-elles lorsque les ressources seront en train de se tarir ?</em>“</p>

<p>Une partie du livre expose les contraintes physiques liées à l&#39;exploitation des ressources fossiles et explique pourquoi les chiffres généralement agités par les industriels ou les politiciens ne sont pas fiables.</p>

<p>Et il rappelle utilement ce qu&#39;on croit savoir par ailleurs : notre civilisation et notre mode de vie reposent sur le pétrole. Pas de pétrole ? pas de médicament, pas de production agricole sans paysan, pas de biens de consommation courante, pas de transferts sur le globe. Et d&#39;un point de vue géopolitique, pas de domination américaine.</p>

<p>Et puis bien sûr il appuie là où ça fait mal : la fin du pétrole ne signifiera pas la fin de l&#39;extractivisme ou la baisse d&#39;émissions de GES. Le fait que personne ne s&#39;y prépare rend inéluctables des chocs monstrueux à venir.</p>

<p>Bref un livre salutaire avec un côté curieusement enthousiasmant, façon puzzle : une esquisse de la fin d&#39;un monde. Dommage que ce soit la réalité et qu&#39;on soit en plein dedans.</p>

<h2 id="l-atelier-paysan" id="l-atelier-paysan">L&#39;atelier paysan</h2>

<p>Ce livre est presque déjà un classique en tant que critique du techno-solutionnisme. Moi, qui pensait connaître le sujet, ai beaucoup appris en le lisant, notamment sur l&#39;histoire de la mécanisation.</p>

<p>En décortiquant les rouages de la grosse machinerie agricole, la démonstration est faite de nouveau, que les paysans sont avec les consommateurs les premières victimes d&#39;un système industriel qui a des racines historiques profondes et répond à une idéologie délétère.</p>

<p>Je l&#39;ai lu dans la foulée de celui sur le pétrole, ça va bien ensemble.</p>

<h2 id="larry-mcmurtry" id="larry-mcmurtry">Larry McMurtry</h2>

<p>Restons en Amérique avec <a href="https://www.placedeslibraires.fr/ebook/9782404011349-la-marche-du-mort-larry-mcmurtry/">Lonesome Dove</a>, un chef-d’œuvre à bien des niveaux.</p>

<p>Il nous fait suivre un groupe de Texas Ranger, plus particulièrement d&#39;eux d&#39;entre eux ainsi que plusieurs personnages annexes dans les années 1840 à la frontière des États-Unis et du Mexique qui n&#39;a pas encore sa forme actuelle et ressemble plutôt à un gigantesque no man&#39;s land où les colons risquent leur vie et où les Indiens tentent encore de vivre la leur.</p>

<p>Je n&#39;avais encore jamais lu d&#39;histoire aussi documentée se déroulant à cette époque, je trouve que le roman éclaire beaucoup la mentalité des pionniers qui explique tellement de choses sur la vie publique américaine. Il montre aussi la construction mouvementée de l&#39;unité territoriale américaine, qu&#39;on connaît mal en France il faut bien dire.</p>

<p>Les personnages sont tous étrangement attachants, j&#39;écris étrangement car plusieurs d&#39;entre eux sont complètement barrés. Ils sont aussi très ambivalents et ont parfois du mal à justifier leurs propres actes ce qui nous les rapproche. Les dialogues sont savoureux et souvent drôles. L&#39;auteur suit les personnages un à un et nous fait ainsi brièvement mais aussi très rapidement comprendre le point de vue des personnages, pas en tant qu&#39;archétype (indien/ranger par exemple) mais en tant qu&#39;individu.</p>

<p>Et les personnages de femmes, ha ! sont incroyables surtout dans le deuxième volet. Bref un must-read.</p>

<h2 id="doa" id="doa">DOA</h2>

<p>J&#39;avais acheté <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782073044426-retiaire-s-doa/">Rétiaires</a> il y a plusieurs mois puis je l&#39;&#39;ai laissé sciemment prendre la poussière sur une étagère parce que j&#39;attendais le moment propice à sa lecture pour deux raisons ; d&#39;abord, ce n&#39;était pas rien de se plonger dans <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782073078308-citoyens-clandestins-doa/">Citoyens clandestins</a> puis dans <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782073078407-pukhtu-primo-doa/">Pukhtu</a> alors j&#39;attendais d&#39;être psychologiquement un peu disponible pour l&#39;entamer.</p>

<p>Qu&#39;on se rassure le livre est beaucoup moins foisonnant et complexe que Pukhtu, je le qualifierais de polar “classique” bien enlevé avec des personnages ambigus comme on aime (surtout du côté des flics, les voyous sont plus attendus), un intrigue assez <em>straight</em> mais qui utilise un peu trop de retours en arrière à mon goût.</p>

<p>Je l&#39;ai lu d&#39;une traite ça reste un bon polar bien documenté et qui donne une vraie impression d&#39;être embarqué en quelques mots dans les organisations de chaque côté, mais il est trop classique dans sa construction par rapport à ce que je connaissais déjà de l&#39;oeuvre de DOA alors j&#39;ai été un poil déçu.</p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:lectures" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">lectures</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.parpoil.org/lecture-2025</guid>
      <pubDate>Mon, 05 May 2025 20:24:24 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Des visites culturelles</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/des-visites-culturelles</link>
      <description>&lt;![CDATA[Voici une revue rapide des sites qu&#39;on a visité. Tout est extrêmement normé durant ce voyage, c&#39;est d&#39;un repos total et on se laisse porter au point de ne pas savoir (si on veut) ce qu&#39;on fera dans deux heures. Ce qui est certain par contre c&#39;est que chaque journée comporte de plaisantes périodes de glande absolue, qu&#39;on passe à dormir, ou de manière plus productive, à bouquiner vautrés comme des phoques (des phoques capitalistes bien entendu, à qui des soignants amènent du poisson pour qu&#39;ils n&#39;aient pas besoin de se déplacer. Et la nourriture étant pléthorique, nous avons effectivement engraissé durant le séjour) sur le pont drôlement confortable du Dahabieh. La croisière comporte ainsi presque deux jours pleins  sans aucune visite, juste de la glande assumée. !--more--&#xA;&#xA;Ce qui me fait penser qu&#39;on aurait peut-être pu se programmer la même chose sans aller sur un autre continent... j&#39;y réfléchirai plus tard.&#xA;&#xA;Cependant quelques visites sont tout de même au programme, je les consigne ici pour ne pas oublier. &#xA;&#xA;El Khab&#xA;&#xA;El Khab est une des rares nécropoles égyptiennes situées rive Est : les 3 000 ans de religion égyptienne tablent en effet sur un voyage vers l&#39;au-delà orienté vers l&#39;ouest, raison pour laquelle la plupart des sépultures sont situées à l&#39;orée du désert mais sur l&#39;autre rive du Nil. &#xA;Bon, ici il semblerait que la réalité topographique ait pris le pas sur les impératifs religieux, et que la protection du site des inondations ait été prioritaire sur un voyage heureux vers l&#39;autre monde. C&#39;est la nécropole d&#39;une ville très active au Moyen Empire (peut-être même capitale régionale un moment ? j&#39;ai oublié) et les tombes sont creusées à flanc de colline (j&#39;ai failli écrire montagne mais n’exagérons rien).&#xA;Ceci dit, on distingue des reliefs de l&#39;autre côté de la vallée (c&#39;est-à-dire à l&#39;ouest j&#39;espère que vous suivez) qui au vu des explication fournies, me sembleraient plus propices à l&#39;installation d&#39;un domicile éternel ; je n&#39;aurai pas d&#39;explication sur le choix du site ce qui me fait dire qu&#39;en réalité on ne sait pas pourquoi celui-ci a été choisi. &#xA;&#xA;On ne visite pas la ville antique elle-même bien qu&#39;elle soit à côté, protégée par une enceinte de terre crue (qu&#39;on distingue toujours très bien c&#39;est complètement fou quand même des gens ont construit ce mur il y a 3 ou 4000 ans avec des biques de terre mélangées à du crottin et de la paille et c&#39;est toujours là, à vrai dire ça remplit encore assez bien son office de mur) et une ville moderne à un tout autre endroit (plus loin de l&#39;eau mais au diable la logique), qu&#39;on distinguerait mieux avec des jumelles (rappelons-nous que les jumelles sont interdites dans ce pays à moins de vouloir goûter aux geôles locales) mais qui surtout parait ridiculement petite par rapport à la mine de salpêtre monstrueuse dont nous avons utilisé le quai de chargement pour débarquer tout à l&#39;heure.&#xA;&#xA;C&#39;est bien joli tout ça mais que voyons nous ici ? pas grand-chose à vrai dire et heureusement que nous n&#39;avons pas visité d&#39;autres tombes à Louxor avant la croisière sinon nous aurions été cruellement déçu. &#xA;&#xA;Bref, deuxième contact avec les antiquités égyptiennes. &#xA;&#xA;Edfu &#xA;&#xA;Heureusement (pour la dimension spectaculaire du voyage) l&#39;après-midi même nous visitons Edfu, un des temples les mieux conservés du pays. &#xA;Mais d&#39;abord, couleur locale : le temple est en ville et pour le rejoindre depuis les quais encombrés de petits enfants édentés faisant la manche, le tour operator fait circuler tous ses touristes en calèche. &#xA;Il y a des calèches dans chaque site touristique d&#39;Égypte et honnêtement je ne comprends pas l&#39;intérêt de la chose. Tous les animaux sont étiques et pour certains visiblement maltraités voire au bord de l&#39;interruption de service, les calèches sont aussi déglinguées que le reste et leur proximité avec le crottin y a imprimé une odeur indélébile. En plus le cheval n&#39;est manifestement pas une bête bien adaptée aux rigueur du climat local (les paysans utilisent des ânes qui ne réclament pas 60 litres d&#39;eau par jour et ne meurent pas de coup de chaleur). &#xA;&#xA;Ce qu&#39;on aime par contre c&#39;est la puissance graphique des hiéroglyphes et leur état dingo de conservation&#xA;&#xA;Mais cessons de nous plaindre pour parler plutôt d&#39;Edfu : le temple est effectivement impressionnant car il est très complet : le pylône (mot d&#39;archéologue français imbécile du XIX° &#34;si on prolongeait cette structure de 400 m elle aurait la forme d&#39;un pylône&#34; désignant le mur principal séparant le temple de l&#39;extérieur, et sur la surface duquel sont gravées des figures monumentales) n&#39;est pas détruit, il s&#39;ouvre sur une cour ceinte de piliers (la cour était ouverte au peuple à quelques rares occasions) qui elle-même donne sur une salle hypostyle (c&#39;est-à-dire remplie de piliers cette fois) avec son plafond (ici, pas de peuple, des dignitaires plutôt), puis une succession de chambres dont les portes alignées sont de plus en plus petites pour aboutir à ce qui n&#39;est plus qu&#39;une niche ou réside le dieu (qui prend la forme d&#39;une statue à nos yeux de mécréants. Difficile à expliquer aux enfants, je crois que Blaise n&#39;a toujours pas compris). &#xA;&#xA;Et puis il y a aussi des salles sur les côtés, des escaliers (il faut bien monter le dieu sur le toit pour le recharger au soleil) et tout est recouvert d&#39;inscriptions, sculptures et hiéroglyphes, du sol au plafond c&#39;est très impressionnant et on comprend bien ici l&#39;impact qu&#39;a pu avoir ce genre de sites sur les premiers visiteurs européens lorsqu&#39;ils les découvraient à la lumières des torches.  &#xA;La structure du temple proprement site est toujours entourée d&#39;un  mur d&#39;enceinte et donc d&#39;un corridor à ciel ouvert assez étroit où les sculptures sont évidemment légion et décrivent tout un tas d&#39;évènements. Ici, chose amusante : le corridor en question a été utilisé comme écurie par l&#39;armée de Napoléon. &#xA;&#xA;Et l&#39;ensemble du site est environné de débris fondus de murs en terre crue sur lesquels est installée la ville moderne. Ce qu&#39;on en voit d&#39;ici ce sont surtout des miradors et des barbelés.&#xA;&#xA; &#xA;&#xA;Gebel Sisileh&#xA;&#xA;Le surlendemain (oui après la journée de glande assumée que j&#39;évoquais plus haut durant laquelle des inconscients ont nagé dans le Nil parmi les déchets et les bactéries), visite d&#39;une carrière de pierre qui s&#39;étale sur les deux rives du fleuve. &#xA;&#xA;Notons comment la roche a été creusée de manière à amarrer les bateaux qui venaient chercher la pierre.&#xA;&#xA;La montagne est idéalement placée le long de la voie navigable et a été utilisée comme carrière pendant 6000 ans. Les sphinx de Karnak comme les pierres du premier barrage d&#39;Assouan (1904) ont été extraites ici et on peut lire dans la carrière les diverses techniques d&#39;extraction depuis le premier empire jusqu&#39;aux romains. &#xA;&#xA;En plus des égyptiens ont eu le bon goût de creuser quelques cénotaphes (i.e. tombes inachevées) pour parfaire la visite, ainsi que d&#39;installer un temple au bénéfice des ouvriers qui travaillaient sur le site. &#xA;&#xA;Kom Ombo&#xA;&#xA;C&#39;est le dernier site de la croisière avant d&#39;atteindre Assouan, un très joli temple situé dans un des rares méandres du fleuve et au pied duquel les bateaux s&#39;arrêtent. Il est assez bizarre car c&#39;est un temple double, comme deux temples accouplés consacrés à deux divinités distinctes : le crocodile Sobek et le faucon Horus. &#xA;&#xA;Parmi les anecdotes amusantes : c&#39;est un temple ptolémaïque, c&#39;est-à-dire tardif par rapport aux empires égyptiens, construit à une époque où les pharaons étaient des pièces rapportées étrangères, considérées par Rome comme des gouverneurs de province (une province fort utile grâce à sa production de blé et de coton) et surtout superstitieuses. &#xA;&#xA;Là où les anciens pharaons connaissaient leur place dans l&#39;univers et avaient la certitude de rester dieux pour l&#39;éternité, les romains s&#39;étaient greffés sur une religion trop ancienne pour eux.  &#xA;Ainsi la chambre contenant le dieu (tout au fond, vous vous souvenez) comporte ici un passage secret et une cloison ainsi qu&#39;une chambre d&#39;écho. L&#39;explication étant que quelqu&#39;un d&#39;autre que le pharaon pouvait s&#39;y glisser pendant que le roi était en tête-à-tête avec son dieu, et parler avec la voix du dieu. Je ne sais pas si cette explication est fondée sur des textes mais je l&#39;aime bien. &#xA;&#xA;Le temple était aussi un genre d’hôpital, le corridor arrière comprend un tableau détaillant des instruments de torture chirurgie de l&#39;époque : pinces, écarteurs, scies, balances... &#xA;&#xA;Il y a aussi sur une des ailes une liste de noms de villes (on sait que ce sont des villes car les noms sont dans des cartouches crénelés : les créneaux figurant des fortifications) accolées à des silhouettes de prisonniers (une manière de présenter des étrangers, forcément soumis à la puissance du souverain), comme dans la liste égéenne des colosses de Memnon.&#xA;&#xA;On trouve aussi à l&#39;extérieur du temple un nilomètre (appellation officielle), c&#39;est-à-dire un puits relié au fleuve (par un tunnel), permettant de mesurer le niveau des crues année après année. Et aussi de réaliser des dévotions j&#39;imagine. &#xA;&#xA;Admirons la qualité de l&#39;arrosage antique :&#xA;&#xA; &#xA;Assouan&#xA;&#xA;Le moment de cesser de voguer de manière insouciante sur le Nil est arrivé, nous voici obligés de composer de nouveau avec les nécessités désagréables du voyage : prendre des taxis, négocier avec des intermédiaires, ne pas savoir où on va exactement et gérer notre temps quelle horreur :)  &#xA;&#xA;Il faut marcher dans la ville et en constater la crasse de près. Heureusement qu&#39;Assouan est un endroit absolument enchanteur (pas la ville elle-même hein, le site) : accolée à la première cataracte, Assouan s&#39;est développée dans un chaos de granit et d&#39;îles éparpillées dans le fleuve, tout est hyper beau, y compris (de loin) les villages nubiens pleins de couleurs avec des maisons bleues, blanches, jaunes et rouges. &#xA;Bref le décor de carte postale est bien présent c&#39;est formidable. &#xA;&#xA;En plus de cela nous foulons de nouveau l&#39;antiquité. De discussions ultérieures j&#39;apprendrai que c&#39;est un des sites les plus anciens d&#39;Égypte, difficile à fouiller car habité sans discontinuer, où l&#39;on tombe sur des statues qui dépassent du sol en pleine rue (pas dans la ville moderne, mais dans le village nubien situé sur l&#39;ile Éléphantine). &#xA;&#xA;On passe une bonne partie de la journée à gérer le déplacement vers notre destination suivante il faut prendre un premier bateau, puis une voiture (nous sommes 8 de nouveau, tout est plus compliqué) pour passer de l&#39;autre côté du premier barrage (celui de 1904 ; le barrage Nasser qui date de 1964 est encore un peu plus haut) et enfin un dernier bateau afin de rejoindre l&#39;île de dessin animé où se trouve notre hôtel juste en face de Philae. &#xA;&#xA;Philae&#xA;&#xA;Philae, c&#39;est aussi un temple relativement récent (ptolémaïque disons-le tout net désormais que nous avons intégré le jargon des archéologues) même s&#39;il intègre des éléments plus anciens et il a aussi été utilisé jusque tardivement pour son usage initial (le culte d&#39;Isis) : tardivement c&#39;est-à-dire jusqu&#39;après le décret de Justinien qui interdisait tout culte autre que chrétien. Mais ces salopiots de chrétiens ont fini par arriver à leurs fins et faire main basse sur le temple qui est devenu une église copte.  &#xA;Cependant son plan diffère des autres temples car il a une organisation beaucoup plus romaine et ses diverses parties sont un peu désaxées au lieu d&#39;être parfaitement alignées ce qui lui confère une dimension unique et exotique. &#xA;&#xA;L&#39;autre chose qui le met à part, c&#39;est son environnement : situé sur une île (il était déjà sur une île dans l&#39;antiquité, mais pas celle-ci, sa voisine, inondée partiellement grâce au premier barrage, raison pour laquelle les premiers touristes le visitaient en barque. Du coup il a été déplacé dans les années 60 au même moment qu&#39;Abou Simbel) au milieu de ces roches granitiques disposant d&#39;une multitude de points de vue terriblement photogéniques.  &#xA;&#xA;Les enfants ne se remettent pas de ce très joli graffiti en latin bien en vue sur une des portes intérieures : &#34;machin stultus est&#34; (littéralement machin est un crétin).  &#xA;Je suis moins sensible au charme du kiosque de Trajan, totalement romain et situé à côté du temple égyptien même si la juxtaposition des architectures joue à plein son effet d&#39;étrangeté. De près, bof, même si (selon les architectes qui m&#39;accompagnent) les proportions en sont exquises. &#xA;&#xA;Malheureusement je n&#39;ai jamais été si sensible aux proportions, ou plus précisément je n&#39;arrive jamais à distinguer ce qui ressort des proportions dans la qualité d&#39;une architecture et pourtant c&#39;est pas faute d&#39;avoir visité des sites de tout type pendant des années et avec des spécialistes. &#xA;&#xA;Retour à la vallée des rois&#xA;&#xA;De retour à Louxor (nous avons pris le train pour rentrer, et mis à part le moment plein de confusion où nous avons dû trouver le train, puis nos places en repoussant les assauts des porteurs de bagages pour finalement tenter de comprendre où nous étions censés être assis, ce fut un trajet fort agréable, surtout par comparaison avec la voiture, et rapide puisqu&#39;en trois heures nous avons fait le chemin inverse des cinq derniers jours) nous profitons de la fin de notre séjour pour aller voir de plus près la vallée des rois. Et je suis encore aujourd&#39;hui très heureux d&#39;avoir attendu d&#39;être mieux immergé dans la culture antique pour venir ici et terminer en apothéose.&#xA;&#xA;Maintenant acclimatés au fonctionnement local, c&#39;est un peu moins pénible de prendre les taxis, d&#39;autant plus que nous logeons juste en face. La vallée doit être le site le plus visité de tout le pays avec Gizeh; il vaut mieux s&#39;y prendre tôt pour éviter la foule. S&#39;y prendre tôt et s&#39;être un peu documenté avant afin de savoir ce qu&#39;on souhaite voir et dans quel ordre. Le billet générique donne accès à trois tombes, sauf celles qui nécessitent un billet dédié. Quand on additionne les prix des billets, ça fait cher par rapport au pouvoir d&#39;achat local (les égyptiens ont des tarifs spécifiques), mais pas du tout assez à mon goût pour le pouvoir d&#39;achat globalisé et surtout pour avoir le privilège de visiter un endroit si exceptionnel et dont la visite elle-même dépêche la disparition.&#xA;&#xA; &#xA;egypte]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Voici une revue rapide des sites qu&#39;on a visité. Tout est extrêmement normé durant ce voyage, c&#39;est d&#39;un repos total et on se laisse porter au point de ne pas savoir (si on veut) ce qu&#39;on fera dans deux heures. Ce qui est certain par contre c&#39;est que chaque journée comporte de plaisantes périodes de glande absolue, qu&#39;on passe à dormir, ou de manière plus productive, à bouquiner vautrés comme des phoques (des phoques capitalistes bien entendu, à qui des soignants amènent du poisson pour qu&#39;ils n&#39;aient pas besoin de se déplacer. Et la nourriture étant pléthorique, nous avons effectivement engraissé durant le séjour) sur le pont drôlement confortable du Dahabieh. La croisière comporte ainsi presque deux jours pleins  sans aucune visite, juste de la glande assumée. </p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182654-53fc733f-me.jpg" alt=""></p>

<p><em>Ce qui me fait penser qu&#39;on aurait peut-être pu se programmer la même chose sans aller sur un autre continent... j&#39;y réfléchirai plus tard.</em></p>

<p><strong>Cependant</strong> quelques visites sont tout de même au programme, je les consigne ici pour ne pas oublier.</p>

<h2 id="el-khab" id="el-khab">El Khab</h2>

<p>El Khab est une des rares nécropoles égyptiennes situées rive Est : les 3 000 ans de religion égyptienne tablent en effet sur un voyage vers l&#39;au-delà orienté vers l&#39;ouest, raison pour laquelle la plupart des sépultures sont situées à l&#39;orée du désert mais sur l&#39;autre rive du Nil.
Bon, ici il semblerait que la réalité topographique ait pris le pas sur les impératifs religieux, et que la protection du site des inondations ait été prioritaire sur un voyage heureux vers l&#39;autre monde. C&#39;est la nécropole d&#39;une ville très active au Moyen Empire (peut-être même capitale régionale un moment ? j&#39;ai oublié) et les tombes sont creusées à flanc de colline (j&#39;ai failli écrire montagne mais n’exagérons rien).
Ceci dit, on distingue des reliefs de l&#39;autre côté de la vallée (c&#39;est-à-dire à l&#39;ouest j&#39;espère que vous suivez) qui au vu des explication fournies, me sembleraient plus propices à l&#39;installation d&#39;un domicile éternel ; je n&#39;aurai pas d&#39;explication sur le choix du site ce qui me fait dire qu&#39;en réalité on ne sait pas pourquoi celui-ci a été choisi.</p>

<p>On ne visite pas la ville antique elle-même bien qu&#39;elle soit à côté, protégée par une enceinte de terre crue (qu&#39;on distingue toujours <em>très bien</em> c&#39;est complètement fou quand même des gens ont construit ce mur il y a 3 ou 4000 ans avec des biques de terre mélangées à du crottin et de la paille et c&#39;est toujours là, à vrai dire ça remplit encore assez bien son office de mur) et une ville moderne à un tout autre endroit (plus loin de l&#39;eau mais au diable la logique), qu&#39;on distinguerait mieux avec des jumelles (rappelons-nous que les jumelles sont interdites dans ce pays à moins de vouloir goûter aux geôles locales) mais qui surtout parait ridiculement petite par rapport à la mine de salpêtre monstrueuse dont nous avons utilisé le quai de chargement pour débarquer tout à l&#39;heure.</p>

<p>C&#39;est bien joli tout ça mais que voyons nous ici ? pas grand-chose à vrai dire et heureusement que nous n&#39;avons pas visité d&#39;autres tombes à Louxor avant la croisière sinon nous aurions été cruellement déçu.</p>

<p>Bref, deuxième contact avec les antiquités égyptiennes.</p>

<h2 id="edfu" id="edfu">Edfu</h2>

<p>Heureusement (pour la dimension spectaculaire du voyage) l&#39;après-midi même nous visitons Edfu, un des temples les mieux conservés du pays.
Mais d&#39;abord, couleur locale : le temple est en ville et pour le rejoindre depuis les quais encombrés de petits enfants édentés faisant la manche, le <em>tour operator</em> fait circuler tous ses touristes en calèche.
Il y a des calèches dans chaque site touristique d&#39;Égypte et honnêtement je ne comprends pas l&#39;intérêt de la chose. Tous les animaux sont étiques et pour certains visiblement maltraités voire au bord de l&#39;interruption de service, les calèches sont aussi déglinguées que le reste et leur proximité avec le crottin y a imprimé une odeur indélébile. En plus le cheval n&#39;est manifestement pas une bête bien adaptée aux rigueur du climat local (les paysans utilisent des ânes qui ne réclament pas 60 litres d&#39;eau par jour et ne meurent pas de coup de chaleur).</p>

<p><em>Ce qu&#39;on aime par contre c&#39;est la puissance graphique des hiéroglyphes et leur état dingo de conservation</em></p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182112-d9b53b54-me.jpg" alt=""></p>

<p>Mais cessons de nous plaindre pour parler plutôt d&#39;Edfu : le temple est effectivement impressionnant car il est très complet : le pylône (mot d&#39;archéologue français imbécile du XIX° “<em>si on prolongeait cette structure de 400 m elle aurait la forme d&#39;un pylône</em>” désignant le mur principal séparant le temple de l&#39;extérieur, et sur la surface duquel sont gravées des figures monumentales) n&#39;est pas détruit, il s&#39;ouvre sur une cour ceinte de piliers (la cour était ouverte au peuple à quelques rares occasions) qui elle-même donne sur une salle hypostyle (c&#39;est-à-dire <em>remplie</em> de piliers cette fois) avec son plafond (ici, pas de peuple, des dignitaires plutôt), puis une succession de chambres dont les portes alignées sont de plus en plus petites pour aboutir à ce qui n&#39;est plus qu&#39;une niche ou réside le dieu (qui prend la forme d&#39;une statue à nos yeux de mécréants. Difficile à expliquer aux enfants, je crois que Blaise n&#39;a toujours pas compris).</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182203-6fb236ca-me.jpg" alt=""></p>

<p>Et puis il y a aussi des salles sur les côtés, des escaliers (il faut bien monter le dieu sur le toit pour le recharger au soleil) et <em>tout</em> est recouvert d&#39;inscriptions, sculptures et hiéroglyphes, du sol au plafond c&#39;est très impressionnant et on comprend bien ici l&#39;impact qu&#39;a pu avoir ce genre de sites sur les premiers visiteurs européens lorsqu&#39;ils les découvraient à la lumières des torches.<br>
La structure du temple proprement site est toujours entourée d&#39;un  mur d&#39;enceinte et donc d&#39;un corridor à ciel ouvert assez étroit où les sculptures sont évidemment légion et décrivent tout un tas d&#39;évènements. Ici, chose amusante : le corridor en question a été utilisé comme écurie par l&#39;armée de Napoléon.</p>

<p>Et l&#39;ensemble du site est environné de débris fondus de murs en terre crue sur lesquels est installée la ville moderne. Ce qu&#39;on en voit d&#39;ici ce sont surtout des miradors et des barbelés.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182154-c3f9c0c7-me.jpg" alt=""></p>

<h2 id="gebel-sisileh" id="gebel-sisileh">Gebel Sisileh</h2>

<p>Le surlendemain (oui après la journée de glande assumée que j&#39;évoquais plus haut durant laquelle des inconscients ont <em>nagé dans le Nil</em> parmi les déchets et les bactéries), visite d&#39;une carrière de pierre qui s&#39;étale sur les deux rives du fleuve.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182549-7b7c1203-me.jpg" alt=""></p>

<p><em>Notons comment la roche a été creusée de manière à amarrer les bateaux qui venaient chercher la pierre.</em></p>

<p>La montagne est idéalement placée le long de la voie navigable et a été utilisée comme carrière pendant 6000 ans. Les sphinx de Karnak comme les pierres du premier barrage d&#39;Assouan (1904) ont été extraites ici et on peut lire dans la carrière les diverses techniques d&#39;extraction depuis le premier empire jusqu&#39;aux romains.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182527-8514013b-me.jpg" alt=""></p>

<p>En plus des égyptiens ont eu le bon goût de creuser quelques cénotaphes (i.e. tombes inachevées) pour parfaire la visite, ainsi que d&#39;installer un temple au bénéfice des ouvriers qui travaillaient sur le site.</p>

<h2 id="kom-ombo" id="kom-ombo">Kom Ombo</h2>

<p>C&#39;est le dernier site de la croisière avant d&#39;atteindre Assouan, un très joli temple situé dans un des rares méandres du fleuve et <em>au pied duquel</em> les bateaux s&#39;arrêtent. Il est assez bizarre car c&#39;est un temple double, comme deux temples accouplés consacrés à deux divinités distinctes : le crocodile Sobek et le faucon Horus.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182628-5e8fd9b2-me.jpg" alt=""></p>

<p>Parmi les anecdotes amusantes : c&#39;est un temple ptolémaïque, c&#39;est-à-dire tardif par rapport aux empires égyptiens, construit à une époque où les pharaons étaient des pièces rapportées étrangères, considérées par Rome comme des gouverneurs de province (une province fort utile grâce à sa production de blé et de coton) et surtout superstitieuses.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182618-e7987911-me.jpg" alt=""></p>

<p>Là où les anciens pharaons connaissaient leur place dans l&#39;univers et avaient la certitude de rester dieux pour l&#39;éternité, les romains s&#39;étaient greffés sur une religion trop ancienne pour eux.<br>
Ainsi la chambre contenant le dieu (tout au fond, vous vous souvenez) comporte ici un passage secret et une cloison ainsi qu&#39;une chambre d&#39;écho. L&#39;explication étant que <em>quelqu&#39;un d&#39;autre</em> que le pharaon pouvait s&#39;y glisser pendant que le roi était en tête-à-tête avec son dieu, et <em>parler avec la voix du dieu</em>. Je ne sais pas si cette explication est fondée sur des textes mais je l&#39;aime bien.</p>

<p>Le temple était aussi un genre d’hôpital, le corridor arrière comprend un tableau détaillant des instruments de <del>torture</del> chirurgie de l&#39;époque : pinces, écarteurs, scies, balances...</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183112-551acacf-me.jpg" alt=""></p>

<p>Il y a aussi sur une des ailes une liste de noms de villes (on sait que ce sont des villes car les noms sont dans des cartouches crénelés : les créneaux figurant des fortifications) accolées à des silhouettes de prisonniers (une manière de présenter des étrangers, forcément soumis à la puissance du souverain), comme dans la liste égéenne des colosses de Memnon.</p>

<p>On trouve aussi à l&#39;extérieur du temple un <em>nilomètre</em> (appellation officielle), c&#39;est-à-dire un puits relié au fleuve (par un tunnel), permettant de mesurer le niveau des crues année après année. Et aussi de réaliser des dévotions j&#39;imagine.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183124-6c8fa2f9-me.jpg" alt=""></p>

<p>Admirons la qualité de l&#39;arrosage antique :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183118-d4ca50c1-me.jpg" alt=""></p>

<h2 id="assouan" id="assouan">Assouan</h2>

<p>Le moment de cesser de voguer de manière insouciante sur le Nil est arrivé, nous voici obligés de composer de nouveau avec les nécessités désagréables du voyage : prendre des taxis, négocier avec des intermédiaires, ne pas savoir où on va exactement et gérer notre temps quelle horreur :)</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183239-9ac6d9be-me.jpg" alt=""></p>

<p>Il faut marcher dans la ville et en constater la crasse de près. Heureusement qu&#39;Assouan est un endroit absolument enchanteur (pas la ville elle-même hein, le site) : accolée à la première cataracte, Assouan s&#39;est développée dans un chaos de granit et d&#39;îles éparpillées dans le fleuve, tout est hyper beau, y compris (de loin) les villages nubiens pleins de couleurs avec des maisons bleues, blanches, jaunes et rouges.
Bref le décor de carte postale est bien présent c&#39;est formidable.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183305-9a6bd9be-me.jpg" alt=""></p>

<p>En plus de cela nous foulons de nouveau l&#39;antiquité. De discussions ultérieures j&#39;apprendrai que c&#39;est un des sites les plus anciens d&#39;Égypte, difficile à fouiller car habité sans discontinuer, où l&#39;on tombe sur des statues qui dépassent du sol en pleine rue (pas dans la ville moderne, mais dans le village nubien situé sur l&#39;ile Éléphantine).</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183202-5f6259a3-me.jpg" alt=""></p>

<p>On passe une bonne partie de la journée à gérer le déplacement vers notre destination suivante il faut prendre un premier bateau, puis une voiture (nous sommes 8 de nouveau, tout est plus compliqué) pour passer de l&#39;autre côté du premier barrage (celui de 1904 ; le barrage Nasser qui date de 1964 est encore un peu plus haut) et enfin un dernier bateau afin de rejoindre l&#39;île de dessin animé où se trouve notre hôtel juste en face de Philae.</p>

<h2 id="philae" id="philae">Philae</h2>

<p>Philae, c&#39;est aussi un temple relativement récent (ptolémaïque disons-le tout net désormais que nous avons intégré le jargon des archéologues) même s&#39;il intègre des éléments plus anciens et il a aussi été utilisé jusque tardivement pour son usage initial (le culte d&#39;Isis) : tardivement c&#39;est-à-dire jusqu&#39;après le décret de Justinien qui interdisait tout culte autre que chrétien. Mais ces salopiots de chrétiens ont fini par arriver à leurs fins et faire main basse sur le temple qui est devenu une église copte.<br>
Cependant son plan diffère des autres temples car il a une organisation beaucoup plus romaine et ses diverses parties sont un peu désaxées au lieu d&#39;être parfaitement alignées ce qui lui confère une dimension unique et exotique.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183612-6b52075f-me.jpg" alt=""></p>

<p>L&#39;autre chose qui le met à part, c&#39;est son environnement : situé sur une île (il était déjà sur une île dans l&#39;antiquité, mais pas celle-ci, sa voisine, inondée partiellement grâce au premier barrage, raison pour laquelle les premiers touristes le visitaient en barque. Du coup il a été déplacé dans les années 60 au même moment qu&#39;Abou Simbel) au milieu de ces roches granitiques disposant d&#39;une multitude de points de vue terriblement photogéniques.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183710-4527a717-me.jpg" alt=""></p>

<p>Les enfants ne se remettent pas de ce très joli graffiti en latin bien en vue sur une des portes intérieures : “<em>machin stultus est</em>” (littéralement <em>machin est un crétin</em>).<br>
Je suis moins sensible au charme du kiosque de Trajan, totalement romain et situé à côté du temple égyptien même si la juxtaposition des architectures joue à plein son effet d&#39;étrangeté. De près, bof, même si (selon les architectes qui m&#39;accompagnent) les proportions en sont exquises.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183602-2ad73c65-me.jpg" alt=""></p>

<p>Malheureusement je n&#39;ai jamais été si sensible aux proportions, ou plus précisément je n&#39;arrive jamais à distinguer ce qui ressort des proportions dans la qualité d&#39;une architecture et pourtant c&#39;est pas faute d&#39;avoir visité des sites de tout type pendant des années et avec des spécialistes.</p>

<h2 id="retour-à-la-vallée-des-rois" id="retour-à-la-vallée-des-rois">Retour à la vallée des rois</h2>

<p>De retour à Louxor (nous avons pris le train pour rentrer, et mis à part le moment plein de confusion où nous avons dû trouver le train, puis nos places en repoussant les assauts des porteurs de bagages pour finalement tenter de comprendre où nous étions censés être assis, ce fut un trajet fort agréable, surtout par comparaison avec la voiture, et rapide puisqu&#39;en trois heures nous avons fait le chemin inverse des cinq derniers jours) nous profitons de la fin de notre séjour pour aller voir de plus près la vallée des rois. Et je suis encore aujourd&#39;hui très heureux d&#39;avoir attendu d&#39;être mieux immergé dans la culture antique pour venir ici et terminer en apothéose.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029184543-9752ff45-me.jpg" alt=""></p>

<p>Maintenant acclimatés au fonctionnement local, c&#39;est un peu moins pénible de prendre les taxis, d&#39;autant plus que nous logeons juste en face. La vallée doit être le site le plus visité de tout le pays avec Gizeh; il vaut mieux s&#39;y prendre tôt pour éviter la foule. S&#39;y prendre tôt et s&#39;être un peu documenté avant afin de savoir ce qu&#39;on souhaite voir et dans quel ordre. Le billet générique donne accès à trois tombes, sauf celles qui nécessitent un billet dédié. Quand on additionne les prix des billets, ça fait cher par rapport au pouvoir d&#39;achat local (les égyptiens ont des tarifs spécifiques), mais pas du tout assez à mon goût pour le pouvoir d&#39;achat globalisé et surtout pour avoir le privilège de visiter un endroit si exceptionnel et dont la visite elle-même dépêche la disparition.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029184432-f1afa80a-me.jpg" alt=""></p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:egypte" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">egypte</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.parpoil.org/des-visites-culturelles</guid>
      <pubDate>Tue, 04 Mar 2025 04:02:48 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Le long du Nil</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/le-long-du-nil</link>
      <description>&lt;![CDATA[Notre trajet le long du Nil commence par une promenade en voiture jusqu&#39;au barrage situé au nord de Louxor. La route est assez fréquentée, mais bon il n&#39;y a pas tant que ça de routes dans ce pays, et beaucoup de choses s&#39;y passent puisque c&#39;est le seul axe routier à longer le fleuve de ce côté.  &#xA;!--more--&#xA;&#xA;Chaque intersection est agrémentée d&#39;un dos d&#39;âne très efficace, d&#39;un café, de véhicules arrêtés, de policiers (on croise beaucoup de policiers dans une dictature militaire. D&#39;ailleurs il est interdit de les prendre en photo, ainsi que de photographier des bâtiment de l&#39;armée, ou d&#39;être en possession de jumelles), de marchands de pains et de gens qui attendent un transport. On croise beaucoup de cannes à sucre transportées principalement sur des charrettes tirées par des ânes étiques ou des triporteurs.&#xA;&#xA;Tous ces ralentisseurs donnent une conduite égyptienne : rouler à 140 pendant 40 secondes, freiner jusqu&#39;à l&#39;arrêt, passer l&#39;obstacle et hop c&#39;est reparti pour accélérer à fond, doubler un camion qui est en train de dépasser une moto qui double une charrette, pendant qu&#39;un bus arrive en face... ha il est temps de s&#39;arrêter de nouveau. &#xA;&#xA;La ville d&#39;Esna, notre destination, a grandi trop vite et semble n&#39;être composée que de ces immeubles à ossature en béton armé et murs de brique nue qu&#39;on voit partout ici. Sans oublier les fers qui dépassent au dernier étage. &#xA;&#xA;Esna&#xA;&#xA;Le site ancien d&#39;Esna est un temple, ou plutôt la salle hypostyle d&#39;un temple de l&#39;époque romaine ; sa situation est particulière : 9 m sous le niveau de la ville (le limon déposé par le fleuve représente donc 5 cm d&#39;épaisseur par décade, j&#39;aurais pensé plus. Évidemment le niveau du terrain a cessé d&#39;augmenter en 1964).  &#xA;&#xA;esna&#xA;&#xA;À l&#39;époque des touristes anglais de la fin de 1920 on ne visitait que le tiers supérieur du bâtiment. Dommage car ces salles sont à mon goût les endroits les plus impressionnants des temples. Évidemment, elles ont été construites pour cela : on s&#39;y déplace difficilement à cause de la densité des piliers, le clair-obscur favorise le recueillement et les couleurs, préservées et restaurées sont d&#39;un éclat extraordinaire. La mythologie est au plafond, les récits plus terre-à-terre (ambassades, conquêtes et histoires de famille) recouvrent les piliers et les murs. &#xA;&#xA;plafond&#xA;&#xA;Esna est depuis l&#39;antiquité un centre de production agricole : les piliers sont sont ici d&#39;une diversité remarquable et représentent toutes sortes de plantes cultivées dans le coin. Une équipe d&#39;archéologues est au travail, on peut constater la différence des couleurs, avant-après leur intervention, c&#39;est spectaculaire. Le temple a été, ici comme ailleurs, utilisé comme logement / cuisine et le noir de fumée a tout recouvert mais sous cette crasse les couleurs ressortent aussi vives qu&#39;il y a deux mille ans. Je me demande à quel point la suie a protégé les couleurs, en tout cas l&#39;améthyste ou le corail ont conservé leur éclat. &#xA;&#xA;piliers&#xA;&#xA;À la sortie du site, qui est entouré de tous côtés par une ville très proche, nous traversons le souk pour rejoindre le quai. Nous croisons quelques beaux restes d&#39;immeubles ou maisons construits en terre, datant du début du XX°, ainsi que des écoliers, des femmes faisant des courses, des types sur des motos chinoises, des étals de viandes et de tripes installés dans la rue en terre, des épiciers... et curieusement pas un seul touriste. &#xA;&#xA;maison&#xA;&#xA;Les autres touristes doivent passer à travers le souk moderne construit pour eux, merci Amin de nous avoir fait passer par la ville (je ne m&#39;y serais pas aventuré seul).  &#xA;Plus tard nous en croiserons également assez peu (des touristes), car les dahabieh voyagent en décalé par rapport aux ferrys qui font le même trajet deux fois plus vite et si nous sommes intégrés à un groupe assez imposant (70 personnes peut-être, réparties sur 5 bateaux voyageant de concert), nous nous diluons sur les sites en nous éparpillant au sein de groupes plus petits, chacun disposant de son propre guide. &#xA;&#xA;esna&#xA;&#xA;Le moment est donc venu de la croisière lente, effectuée dans un luxe décadent et en traversant des paysages de toute beauté (d&#39;autant que, de loin, on voit moins la crasse et le plastique qui décorent chaque mètre carré de terrain), agrémentés parfois de visites. &#xA;&#xA;Le Nil&#xA;&#xA;C&#39;est un voyage, hélas trop court et au rythme alangui, qui se déroule au fond d&#39;une vallée où par définition le regard ne peut porter que dans deux directions. Le paysage est difficile a décrire, à la fois linéaire, perdu que nous sommes sur ce ruban de vie au milieu du désert, mais aussi toujours changeant. Avec des fulgurances de temps suspendu et de calme absolu :&#xA;&#xA;brume&#xA;  &#xA;Souvent l&#39;on ne voit que les rives, c&#39;est-à-dire un foisonnement de toutes teintes de vert, parfois quelques bâtiments en émergent, ici un minaret, là des quais de chargement et régulièrement, des collines ocres offrent un peu de champ, et une couleur de plus à la palette.&#xA;&#xA;nil&#xA;&#xA;Les rives sont très vertes : après tout, l&#39;espace cultivable est gagné sur le sable du Sahara aussi dattiers, manguiers et bananiers poussent-ils les pieds dans l&#39;eau. &#xA;&#xA;Un des objets artificiels qu&#39;on croise le plus souvent est la pompe, depuis les stations de pompage opérées par une équipe et pour une zone ou un village, jusqu&#39;à celle qui se déplace à la main et est mue par un générateur à gasoil (le carburant ne coûte presque rien ici). On voit partout des tuyaux qui plongent dans le fleuve ; les agriculteurs qui utilisent des installations collectives (canaux et martellières) paient une redevance et tous inondent régulièrement leurs parcelles. &#xA;&#xA;D&#39;ailleurs un de premiers soirs nous allons nous promener jusqu&#39;à un village de cultivateurs où une des familles manifestement les plus influentes est celle en charge de la station de pompage.&#xA;&#xA;village &#xA;&#xA;Ensuite viennent les barques de pêcheurs, que je ne pensais pas voir en si grand nombre : on croise, surtout le matin et le soir, des dizaines de barques, à peine suffisamment grandes pour contenir les deux individus qui l&#39;utilisent, un aux rames et l&#39;autre à dérouler (ou enrouler bien sûr) un filet. &#xA;&#xA;village&#xA;&#xA;La largeur du fleuve change peu et en-dehors des collines c&#39;est surtout le présence d&#39;îles qui va influer sur sa physionomie ; certaines sont cultivées, d&#39;autres non mais toutes sont un refuge pour les centaines d&#39;oiseaux qui nichent, pèchent et barbotent parmi les roseaux. &#xA;&#xA;Les gens&#xA;&#xA;Finalement la remontée en bateau reste le meilleur moyen de visiter la Haute-Égypte et c&#39;est marrant de penser que ce faisant on vit une expérience très proche de celle des touristes du début du siècle (enfin du XIX°). &#xA;&#xA;D&#39;ailleurs la population qu&#39;on croise sur cette croisière ne me contredira pas, elle est comme nous représentative de la bourgeoisie mondialisée, blanche et occidentale qu&#39;on pouvait déjà, j&#39;imagine, rencontrer ici il y a 110 ans. Sur notre dahabieh, ce sont par exemple des espagnols avec leurs enfants installé à Londres et Vancouver, une famille de profs de Boston, un australien (instantanément renommé crocodile dundie par Valérie mais qui en réalité bosse dans la finance et se définit sans aucune ironie comme réfugié économique) de Singapour qui passe manifestement sa vie à voyager et deux couples d&#39;anglais qui auraient l&#39;un et l&#39;autre parfaitement leur place chez Agatha Christie. Tout ce beau monde est très aimable et pratique avec aisance l&#39;art de discussions d&#39;une totale platitude qui présentent l&#39;avantage de se dérouler en anglais pour épicer notre séjour d&#39;une touche d&#39;exotisme supplémentaire. &#xA;&#xA;Le contraste avec la pauvreté de la population égyptienne, bien qu&#39;amorti par le fait qu&#39;on la distingue à peine lors des escales, est également tout aussi vif qu&#39;au XIX°. Avec cette différence majeure qu&#39;entre-temps le tourisme est devenu la seule industrie du pays. &#xA;&#xA;chambre&#xA;&#xA;Cela se traduit de notre point de vue par un nombre important de ferrys qui font la navette entre Louxor et Assouan de manière industrielle : quand on les croise, c&#39;est par groupe de trente ou quarante bateaux à la file. Notre chance est qu&#39;ils ne peuvent pas s&#39;arrêter en l&#39;absence de quai suffisamment profond, d&#39;où une relative tranquillité lors des haltes&#xA;&#xA;Haute-Égypte&#xA;&#xA;Le décor change à partir de la première cataracte, c&#39;est-à-dire Assouan ; enfant, j&#39;imaginais un genre de Niagara, ce n&#39;est bien entendu pas le cas. C&#39;est plutôt qu&#39;à partir d&#39;ici on entre dans une zone de chaos rocheux où le fleuve connaît une succession de rapides, et en amont duquel il avait creusé un canyon dans la roche.  &#xA;&#xA;Il est aisé de comprendre pourquoi le site forme une frontière naturelle qui a séparé Égypte et Nubie pendant si longtemps. Malheureusement pour les Nubiens, la zone sud d&#39;Assouan est riche en ressources minérales et notamment en or. C&#39;est aussi bien entendu un verrou commercial vers le reste de l&#39;Afrique, verrou que les pharaons ont fini par faire sauter en l&#39;envahissant et en faisant disparaitre les cultures locales.&#xA;&#xA;Et malheureusement pour nous, il est aujourd&#39;hui difficile voire impossible de se rendre compte de ce que pouvaient être les paysages et la vie quotidienne en haute-Égypte depuis l&#39;édification du barrage Nasser qui a fait disparaitre toute la zone sous le lac artificiel. &#xA;&#xA;On en a un petit aperçu lors de la visite du musée nubien d&#39;Assouan où se trouvent notamment un ensemble de photographies, fin XIX° - début XX°. &#xA;&#xA;egypte]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Notre trajet le long du Nil commence par une promenade en voiture jusqu&#39;au barrage situé au nord de Louxor. La route est assez fréquentée, mais bon il n&#39;y a pas tant que ça de routes dans ce pays, et beaucoup de choses s&#39;y passent puisque c&#39;est le seul axe routier à longer le fleuve de ce côté.<br>
</p>

<p>Chaque intersection est agrémentée d&#39;un dos d&#39;âne très efficace, d&#39;un café, de véhicules arrêtés, de policiers (<em>on croise beaucoup de policiers dans une dictature militaire. D&#39;ailleurs il est interdit de les prendre en photo, ainsi que de photographier des bâtiment de l&#39;armée, ou d&#39;être en possession de jumelles</em>), de marchands de pains et de gens qui attendent un transport. On croise beaucoup de cannes à sucre transportées principalement sur des charrettes tirées par des ânes étiques ou des triporteurs.</p>

<p>Tous ces ralentisseurs donnent une conduite égyptienne : rouler à 140 pendant 40 secondes, freiner jusqu&#39;à l&#39;arrêt, passer l&#39;obstacle et hop c&#39;est reparti pour accélérer à fond, doubler un camion qui est en train de dépasser une moto qui double une charrette, pendant qu&#39;un bus arrive en face... ha il est temps de s&#39;arrêter de nouveau.</p>

<p>La ville d&#39;Esna, notre destination, a grandi trop vite et semble n&#39;être composée que de ces immeubles à ossature en béton armé et murs de brique nue qu&#39;on voit partout ici. Sans oublier les fers qui dépassent au dernier étage.</p>

<h2 id="esna" id="esna">Esna</h2>

<p>Le site ancien d&#39;Esna est un temple, ou plutôt la salle hypostyle d&#39;un temple de l&#39;époque romaine ; sa situation est particulière : 9 m sous le niveau de la ville (le limon déposé par le fleuve représente donc 5 cm d&#39;épaisseur par décade, j&#39;aurais pensé plus. Évidemment le niveau du terrain a cessé d&#39;augmenter en 1964).</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181735-2daef4c7-me.jpg" alt="esna"></p>

<p>À l&#39;époque des touristes anglais de la fin de 1920 on ne visitait que le tiers supérieur du bâtiment. Dommage car ces salles sont à mon goût les endroits les plus impressionnants des temples. Évidemment, elles ont été construites pour cela : on s&#39;y déplace difficilement à cause de la densité des piliers, le clair-obscur favorise le recueillement et les couleurs, préservées et restaurées sont d&#39;un éclat extraordinaire. La mythologie est au plafond, les récits plus terre-à-terre (ambassades, conquêtes et histoires de famille) recouvrent les piliers et les murs.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181742-4fb4a930-me.jpg" alt="plafond"></p>

<p>Esna est depuis l&#39;antiquité un centre de production agricole : les piliers sont sont ici d&#39;une diversité remarquable et représentent toutes sortes de plantes cultivées dans le coin. Une équipe d&#39;archéologues est au travail, on peut constater la différence des couleurs, avant-après leur intervention, c&#39;est spectaculaire. Le temple a été, ici comme ailleurs, utilisé comme logement / cuisine et le noir de fumée a tout recouvert mais sous cette crasse les couleurs ressortent aussi vives qu&#39;il y a deux mille ans. Je me demande à quel point la suie a protégé les couleurs, en tout cas l&#39;améthyste ou le corail ont conservé leur éclat.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181749-14aacea9-me.jpg" alt="piliers"></p>

<p>À la sortie du site, qui est entouré de tous côtés par une ville très proche, nous traversons le souk pour rejoindre le quai. Nous croisons quelques beaux restes d&#39;immeubles ou maisons construits en terre, datant du début du XX°, ainsi que des écoliers, des femmes faisant des courses, des types sur des motos chinoises, des étals de viandes et de tripes installés dans la rue en terre, des épiciers... et curieusement pas un seul touriste.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181756-f9187284-me.jpg" alt="maison"></p>

<p>Les autres touristes doivent passer à travers le souk moderne construit pour eux, merci Amin de nous avoir fait passer par la ville (je ne m&#39;y serais pas aventuré seul).<br>
Plus tard nous en croiserons également assez peu (des touristes), car les dahabieh voyagent en décalé par rapport aux ferrys qui font le même trajet deux fois plus vite et si nous sommes intégrés à un groupe assez imposant (70 personnes peut-être, réparties sur 5 bateaux voyageant de concert), nous nous diluons sur les sites en nous éparpillant au sein de groupes plus petits, chacun disposant de son propre guide.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181827-97ad20b7-me.jpg" alt="esna"></p>

<p>Le moment est donc venu de la croisière lente, effectuée dans un luxe décadent et en traversant des paysages de toute beauté (d&#39;autant que, de loin, on voit moins la crasse et le plastique qui décorent chaque mètre carré de terrain), agrémentés parfois de visites.</p>

<h2 id="le-nil" id="le-nil">Le Nil</h2>

<p>C&#39;est un voyage, hélas trop court et au rythme alangui, qui se déroule au fond d&#39;une vallée où par définition le regard ne peut porter que dans deux directions. Le paysage est difficile a décrire, à la fois linéaire, perdu que nous sommes sur ce ruban de vie au milieu du désert, mais aussi toujours changeant. Avec des fulgurances de temps suspendu et de calme absolu :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182419-801e3ea2-me.jpg" alt="brume"></p>

<p>Souvent l&#39;on ne voit que les rives, c&#39;est-à-dire un foisonnement de toutes teintes de vert, parfois quelques bâtiments en émergent, ici un minaret, là des quais de chargement et régulièrement, des collines ocres offrent un peu de champ, et une couleur de plus à la palette.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029181852-c2526030-me.jpg" alt="nil"></p>

<p>Les rives sont <em>très</em> vertes : après tout, l&#39;espace cultivable est gagné sur le sable du Sahara aussi dattiers, manguiers et bananiers poussent-ils les pieds dans l&#39;eau.</p>

<p>Un des objets artificiels qu&#39;on croise le plus souvent est la pompe, depuis les stations de pompage opérées par une équipe et pour une zone ou un village, jusqu&#39;à celle qui se déplace à la main et est mue par un générateur à gasoil (le carburant ne coûte presque rien ici). On voit partout des tuyaux qui plongent dans le fleuve ; les agriculteurs qui utilisent des installations collectives (canaux et martellières) paient une redevance et tous inondent régulièrement leurs parcelles.</p>

<p>D&#39;ailleurs un de premiers soirs nous allons nous promener jusqu&#39;à un village de cultivateurs où une des familles manifestement les plus influentes est celle en charge de la station de pompage.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182022-3dd76fe0-me.jpg" alt="village"></p>

<p>Ensuite viennent les barques de pêcheurs, que je ne pensais pas voir en si grand nombre : on croise, surtout le matin et le soir, des dizaines de barques, à peine suffisamment grandes pour contenir les deux individus qui l&#39;utilisent, un aux rames et l&#39;autre à dérouler (ou enrouler bien sûr) un filet.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182008-fc0de5cc-me.jpg" alt="village"></p>

<p>La largeur du fleuve change peu et en-dehors des collines c&#39;est surtout le présence d&#39;îles qui va influer sur sa physionomie ; certaines sont cultivées, d&#39;autres non mais toutes sont un refuge pour les centaines d&#39;oiseaux qui nichent, pèchent et barbotent parmi les roseaux.</p>

<h2 id="les-gens" id="les-gens">Les gens</h2>

<p>Finalement la remontée en bateau reste le meilleur moyen de visiter la Haute-Égypte et c&#39;est marrant de penser que ce faisant on vit une expérience très proche de celle des touristes du début du siècle (enfin du XIX°).</p>

<p>D&#39;ailleurs la population qu&#39;on croise sur cette croisière ne me contredira pas, elle est comme nous représentative de la bourgeoisie mondialisée, blanche et occidentale qu&#39;on pouvait déjà, j&#39;imagine, rencontrer ici il y a 110 ans. Sur notre dahabieh, ce sont par exemple des espagnols avec leurs enfants installé à Londres et Vancouver, une famille de profs de Boston, un australien (instantanément renommé <em>crocodile dundie</em> par Valérie mais qui en réalité bosse dans la finance et se définit sans aucune ironie comme réfugié économique) de Singapour qui passe manifestement sa vie à voyager et deux couples d&#39;anglais qui auraient l&#39;un et l&#39;autre parfaitement leur place chez Agatha Christie. Tout ce beau monde est très aimable et pratique avec aisance l&#39;art de discussions d&#39;une totale platitude qui présentent l&#39;avantage de se dérouler en anglais pour épicer notre séjour d&#39;une touche d&#39;exotisme supplémentaire.</p>

<p>Le contraste avec la pauvreté de la population égyptienne, bien qu&#39;amorti par le fait qu&#39;on la distingue à peine lors des escales, est également tout aussi vif qu&#39;au XIX°. Avec cette différence majeure qu&#39;entre-temps le tourisme est devenu la seule industrie du pays.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029182410-060998dc-me.jpg" alt="chambre"></p>

<p>Cela se traduit de notre point de vue par un nombre important de ferrys qui font la navette entre Louxor et Assouan de manière industrielle : quand on les croise, c&#39;est par groupe de trente ou quarante bateaux à la file. Notre chance est qu&#39;ils ne peuvent pas s&#39;arrêter en l&#39;absence de quai suffisamment profond, d&#39;où une relative tranquillité lors des haltes</p>

<h2 id="haute-égypte" id="haute-égypte">Haute-Égypte</h2>

<p>Le décor change à partir de la première <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cataractes_du_Nil">cataracte</a>, c&#39;est-à-dire Assouan ; enfant, j&#39;imaginais un genre de Niagara, ce n&#39;est bien entendu pas le cas. C&#39;est plutôt qu&#39;à partir d&#39;ici on entre dans une zone de chaos rocheux où le fleuve connaît une succession de rapides, et en amont duquel il avait creusé un canyon dans la roche.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183359-dd2c620e-me.jpg" alt=""></p>

<p>Il est aisé de comprendre pourquoi le site forme une frontière naturelle qui a séparé Égypte et Nubie pendant si longtemps. Malheureusement pour les Nubiens, la zone sud d&#39;Assouan est riche en ressources minérales et notamment en or. C&#39;est aussi bien entendu un verrou commercial vers le reste de l&#39;Afrique, verrou que les pharaons ont fini par faire sauter en l&#39;envahissant et en faisant disparaitre les cultures locales.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183444-ef031ccb-me.jpg" alt=""></p>

<p>Et malheureusement pour nous, il est aujourd&#39;hui difficile voire impossible de se rendre compte de ce que pouvaient être les paysages et la vie quotidienne en haute-Égypte depuis l&#39;édification du barrage Nasser qui a fait disparaitre toute la zone sous le lac artificiel.</p>

<p>On en a un petit aperçu lors de la visite du musée nubien d&#39;Assouan où se trouvent notamment un ensemble de photographies, fin XIX° – début XX°.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/29/20251029183450-fe23b008-me.jpg" alt=""></p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:egypte" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">egypte</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.parpoil.org/le-long-du-nil</guid>
      <pubDate>Fri, 21 Feb 2025 03:57:11 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Retour en Égypte</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/retour-en-egypte</link>
      <description>&lt;![CDATA[Vingt ans après mon premier séjour, j&#39;aurais du mal à dire ce qui a changé. Pas l&#39;expérience du transport aérien, ça c&#39;est sûr on est toujours traité comme du bétail, mal assis et mal nourri mais c&#39;est une bien faible punition pour tout ce carbone injecté dans l&#39;atmosphère. &#xA;&#xA;Difficile aussi d&#39;ignorer qu&#39;on arrive dans un état policier délabré, l&#39;aérogare le proclame haut et fort ; néanmoins ce que je trouvais marrant, suranné et exotique il y a quelques années, me semble désormais triste et flippant (et un peu marrant quand même, mais d&#39;une triste manière).&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;En arrivant &#xA;&#xA;Nous sommes environnés de champs extrêmement verdoyants tandis que le désert commence à cinquante mètres : un condensé de vallée du Nil. De plus notre séjour à l’hôtel nous met dans la peau des visiteurs anglais du XIX° car on donne sur la montagne de Thèbes et ses centaines de tombes d&#39;un côté, sur les colosses de Memnon de l&#39;autre (il parait qu&#39;une des deux statues émettait un sifflement le matin, dû à la dilatation de la pierre se réchauffant au soleil, et que ce bruit a disparu après une restauration. C&#39;est aussi à la base de plusieurs de ces statues qu&#39;on a trouvé la liste égéenne/Larenaissancegrecque) qui décrit le monde connu sous Amenophis 3 en listant des villes et par extension les peuples -Hittites, Nubiens, Assyriens, Babyloniens et Grecs du continent ou de Crête- qui étaient les partenaires, les adversaires, les voisins de Pharaon). Nous marchons littéralement sur l&#39;Égypte antique. &#xA;&#xA;champs&#xA;&#xA;Comme c&#39;est l&#39;Égypte on marche aussi sur des montagnes de plastique et de déchets mais je me suis promis de rédiger sur une note positive alors je n&#39;en parlerai pas trop. Je suis cependant très étonné du peu de cas qu&#39;on fait de l&#39;eau dans ce pays qui n&#39;est tout de même qu&#39;un désert où la vie est rendue possible uniquement par et sur le fleuve. Le guide qui nous escortera dans quelques jours a eu plusieurs fois cette formule que je trouve stupéfiante : &#34;jusqu&#39;en 1963 la terre d&#39;Égypte était attaquée par le fleuve&#34;. Attaquée... alors que le barrage condamne à court terme une bonne partie de la capacité de subsistance du pays et favorise le recul du delta. Bref, le fleuve est manifestement perçu de manière ambivalente.&#xA;&#xA;Karnak&#xA;&#xA;En arrivant, nous avons choisi de nous jeter dans le grand bain et d&#39;aller, à peine débarqué de l&#39;avion, visiter le site qui accueille le plus de touristes de toute l&#39;Égypte, à savoir le complexe de Karnak. &#xA;&#xA;karnak&#xA;&#xA;---&#xA;Mais avant nous avons été réveillés par les montgolfières qui survolent la vallée de Rois. Saviez-vous qu&#39;une montgolfière fait un boucan du diable avec sa torchère ? Nous, oui, car plusieurs dizaines d&#39;entre elles sont passées à 50 m de notre chambre au lever du soleil. &#xA;---&#xA;&#xA;Karnak, donc : l&#39;endroit est stupéfiant de par sa taille, alors même qu&#39;une bonne partie du complexe religieux a disparu, avalé par les sables puis par la ville moderne. L&#39;ensemble est trop difficile à appréhender et la visite se résume dans mon esprit à quelques instantanés, des images de gravures merveilleusement exécutées, de piliers d&#39;une ligne magnifique, de restes de couleur dont on peine à imaginer qu&#39;elles ont 4000 ans, de bouts de statues cyclopéennes. &#xA;&#xA;pilier&#xA;&#xA;Le tout est environné par le travail toujours en cours des archéologues qui grignotent lentement le côté du site, regagnant péniblement un peu de terrain et amassant des montagnes de bouts de cailloux à trier, étiqueter, remonter : du travail pour des centaines d&#39;années.&#xA;&#xA;La seule salle hypostyle est presque aussi grande que Notre-Dame et mobilisait manifestement les mêmes ressorts : dimensions écrasantes, demi-jour mystique traversé de rais de lumière miraculeuse. &#xA;&#xA;salle&#xA;&#xA;Majestueuse et écrasante, intrigante et mystérieuse, chaude et poussiéreuse, envahie d&#39;une marée de touristes et autour de laquelle il faut se frayer un chemin entre vendeurs de cochonneries et rabatteurs variés : pas de doute cette visite se déroule en Égypte. Et pour parachever la mise en condition on prend une calèche pour aller déjeuner puis une felouque pour traverser le fleuve et enfin des tuk-tuk pour rejoindre l&#39;hôtel. &#xA;&#xA;felouque&#xA;&#xA;Avec une pause pour voir rapidement le village en terre crue d&#39;Hassan Fathy, une vraie merveille qu&#39;on n&#39;a pas le temps de visiter en détail et qui est désormais totalement englobée dans la nouvelle ville de Louxor. &#xA;&#xA;adobe&#xA;&#xA;Medinet Habou&#xA;&#xA;Et comme l&#39;hôtel est construit sur une zone archéologique, on prend le temps d&#39;aller à pied visiter le très mignon temple de Medinet Habou. Le chemin de terre qui y mène longe un bidonville quartier de Louxor par l&#39;arrière mais le temple lui-même donne sur la montagne de Thèbes, a une échelle bien plus accessible que Karnak et draine nettement moins de monde. Même si la salle principale est désormais dépourvue de toit la visite nous plait beaucoup. &#xA;&#xA;mehdinet&#xA;&#xA;Intermède Eric H. Cline &#xA;&#xA;Mon livre de chevet au début du séjour est 1077 av. JC : le jour où la civilisation s&#39;effondra et l&#39;histoire racontée par l&#39;historien commence très précisément ici au XII° siècle avec les récits consignés sur les parois des temples, d&#39;échanges épistolaires, d&#39;ambassades, de destructions de villes et de guerres menées au Nord de l&#39;Empire contre des groupes d&#39;envahisseurs mal identifiés. &#xA;&#xA;Car la fin du XII° (avant JC bien sûr), c&#39;est la fin de l&#39;âge de Bronze au moyen-Orient dans ce qui était à l&#39;époque une vaste interconnexion d&#39;empires et de cités-état allant de Rome à Babylone, dont l&#39;Égypte était clairement la puissance dominante. Et cette fin n&#39;est pas venue seulement par l&#39;effacement du temps, elle s&#39;est faite dans la douleur et le mystère, avec l&#39;effondrement presque simultané (enfin, simultané à l&#39;échelle de l&#39;histoire antique et avec toutes les pincettes imaginables pour dater ces évènements) de ces structures sociales dites palatiales (c&#39;est-à-dire j&#39;imagine, très centralisées). &#xA;&#xA;C&#39;est aussi la période probable de la guerre de Troie, ou plutôt d&#39;une des guerres sur le site de Troie (où, rappel, on pense que neuf villes se sont succédées), qui aurait pu servir de prétexte à Homère pour rédiger l&#39;Iliade (oui car j&#39;ai appris à cette occasion que le poème décrit des objets et des personnages séparés en fait par des décennies ou des siècles).&#xA;&#xA;Et il se trouve que toute cette histoire a pu être reconstituée entre autres grâce à la graphomanie égyptienne, de pierre (sur les murs) et d&#39;argile (sur les tablettes de comptes et de correspondance) : merci la bureaucratie. Et plusieurs de ces éléments de contexte cités dans le livre se trouvent juste ici dans un rayon de 500m autour de l&#39;hôtel : au Ramesseum, à Mehdimet Abou ou encore sur le socle des colosses. On peut dire que c&#39;est une lecture de circonstance.&#xA;&#xA;Spoiler concernant le livre de Cline : personne ne sait pour l’instant qui étaient ces groupes qui ont incendié tant de villes et attaqué les empire méditerranéens, il n&#39;y a pas de consensus sur la raison de cet effondrement relativement soudain de la civilisation de l&#39;époque. Je retiens tout de même que plusieurs facteurs furent concomitants et que, outre l&#39;érection de nouveaux empires sur l&#39;humus de leurs prédécesseurs, la zone a connu (de manière attestée par l&#39;analyse de pollen) un changement climatique avec des sécheresses en série et des famines (ses voisins et alliés ont demandé du grain à l&#39;Égypte), des tremblements de terre (ou plutôt des séries de tremblement de terre en Grèce, à Chypre et en Anatolie), la rupture de plusieurs routes commerciales alors que les économies de l&#39;époque étaient très liées les unes aux autres... &#xA;&#xA;Lecture que je conseille et qui rapproche singulièrement de nous les préoccupations de l&#39;antiquité. &#xA;&#xA;#egypte #lectures #2025 &#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Vingt ans après mon premier séjour, j&#39;aurais du mal à dire ce qui a changé. Pas l&#39;expérience du transport aérien, ça c&#39;est sûr on est toujours traité comme du bétail, mal assis et mal nourri mais c&#39;est une bien faible punition pour tout ce carbone injecté dans l&#39;atmosphère.</p>

<p>Difficile aussi d&#39;ignorer qu&#39;on arrive dans un état policier délabré, l&#39;aérogare le proclame haut et fort ; néanmoins ce que je trouvais marrant, suranné et exotique il y a quelques années, me semble désormais triste et flippant (et un peu marrant quand même, mais d&#39;une triste manière).</p>



<h2 id="en-arrivant" id="en-arrivant">En arrivant</h2>

<p>Nous sommes environnés de champs extrêmement verdoyants tandis que le désert commence à cinquante mètres : un condensé de vallée du Nil. De plus notre séjour à l’hôtel nous met dans la peau des visiteurs anglais du XIX° car on donne sur la montagne de Thèbes et ses centaines de tombes d&#39;un côté, sur les colosses de Memnon de l&#39;autre (il parait qu&#39;une des deux statues émettait un sifflement le matin, dû à la dilatation de la pierre se réchauffant au soleil, et que ce bruit a disparu après une restauration. C&#39;est aussi à la base de plusieurs de ces statues qu&#39;on a trouvé <em>la <a href="https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Circulation_et_diffusion_des_savoirs_dans_le_monde_grec_(VIIIe-Ier_AEC)/La_renaissance_grecque">liste égéenne</a></em> qui décrit le monde connu sous Amenophis 3 en listant des villes et par extension les peuples -Hittites, Nubiens, Assyriens, Babyloniens et Grecs du continent ou de Crête- qui étaient les partenaires, les adversaires, les voisins de Pharaon). Nous marchons littéralement sur l&#39;Égypte antique.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181138-79f2bbfe-me.jpg" alt="champs"></p>

<p>Comme c&#39;est l&#39;Égypte on marche aussi sur des montagnes de plastique et de déchets mais je me suis promis de rédiger sur une note positive alors je n&#39;en parlerai pas trop. Je suis cependant très étonné du peu de cas qu&#39;on fait de l&#39;eau dans ce pays qui n&#39;est tout de même qu&#39;un désert où la vie est rendue possible uniquement par et sur le fleuve. Le guide qui nous escortera dans quelques jours a eu plusieurs fois cette formule que je trouve stupéfiante : “jusqu&#39;en 1963 la terre d&#39;Égypte était <em>attaquée</em> par le fleuve”. Attaquée... alors que le barrage condamne à court terme une bonne partie de la capacité de subsistance du pays et favorise le recul du delta. Bref, le fleuve est manifestement perçu de manière ambivalente.</p>

<h2 id="karnak" id="karnak">Karnak</h2>

<p>En arrivant, nous avons choisi de nous jeter dans le grand bain et d&#39;aller, à peine débarqué de l&#39;avion, visiter le site qui accueille le plus de touristes de toute l&#39;Égypte, à savoir le complexe de Karnak.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181056-505fd532-me.jpg" alt="karnak"></p>

<hr>

<p><em>Mais avant nous avons été réveillés par les montgolfières qui survolent la vallée de Rois. Saviez-vous qu&#39;une montgolfière fait un boucan du diable avec sa torchère ? Nous, oui, car plusieurs dizaines d&#39;entre elles sont passées à 50 m de notre chambre au lever du soleil</em>.</p>

<hr>

<p>Karnak, donc : l&#39;endroit est stupéfiant de par sa taille, alors même qu&#39;une bonne partie du complexe religieux a disparu, avalé par les sables puis par la ville moderne. L&#39;ensemble est trop difficile à appréhender et la visite se résume dans mon esprit à quelques instantanés, des images de gravures merveilleusement exécutées, de piliers d&#39;une ligne magnifique, de restes de couleur dont on peine à imaginer qu&#39;elles ont 4000 ans, de bouts de statues cyclopéennes.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181126-15522417-me.jpg" alt="pilier"></p>

<p>Le tout est environné par le travail toujours en cours des archéologues qui grignotent lentement le côté du site, regagnant péniblement un peu de terrain et amassant des montagnes de bouts de cailloux à trier, étiqueter, remonter : du travail pour des centaines d&#39;années.</p>

<p>La seule salle hypostyle est presque aussi grande que Notre-Dame et mobilisait manifestement les mêmes ressorts : dimensions écrasantes, demi-jour mystique traversé de rais de lumière miraculeuse.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181102-c683416a-me.jpg" alt="salle"></p>

<p>Majestueuse et écrasante, intrigante et mystérieuse, chaude et poussiéreuse, envahie d&#39;une marée de touristes et autour de laquelle il faut se frayer un chemin entre vendeurs de cochonneries et rabatteurs variés : pas de doute cette visite se déroule en Égypte. Et pour parachever la mise en condition on prend une calèche pour aller déjeuner puis une felouque pour traverser le fleuve et enfin des tuk-tuk pour rejoindre l&#39;hôtel.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181050-4364bccb-me.jpg" alt="felouque"></p>

<p>Avec une pause pour voir rapidement le village en terre crue d&#39;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Hassan_Fathy">Hassan Fathy</a>, une vraie merveille qu&#39;on n&#39;a pas le temps de visiter en détail et qui est désormais totalement englobée dans la nouvelle ville de Louxor.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181132-f249dcf7-me.jpg" alt="adobe"></p>

<h2 id="medinet-habou" id="medinet-habou">Medinet Habou</h2>

<p>Et comme l&#39;hôtel est construit sur une zone archéologique, on prend le temps d&#39;aller à pied visiter le très mignon temple de Medinet Habou. Le chemin de terre qui y mène longe un <del>bidonville</del> quartier de Louxor par l&#39;arrière mais le temple lui-même donne sur la montagne de Thèbes, a une échelle bien plus accessible que Karnak et draine nettement moins de monde. Même si la salle principale est désormais dépourvue de toit la visite nous plait beaucoup.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/09/20251009181143-c73b8379-me.jpg" alt="mehdinet"></p>

<h2 id="intermède-eric-h-cline" id="intermède-eric-h-cline">Intermède Eric H. Cline</h2>

<p>Mon livre de chevet au début du séjour est <em>1077 av. JC : le jour où la civilisation s&#39;effondra</em> et l&#39;histoire racontée par l&#39;historien commence très précisément ici au XII° siècle avec les récits consignés sur les parois des temples, d&#39;échanges épistolaires, d&#39;ambassades, de destructions de villes et de guerres menées au Nord de l&#39;Empire contre des groupes d&#39;envahisseurs mal identifiés.</p>

<p>Car la fin du XII° (avant JC bien sûr), c&#39;est la fin de l&#39;âge de Bronze au moyen-Orient dans ce qui était à l&#39;époque une vaste interconnexion d&#39;empires et de cités-état allant de Rome à Babylone, dont l&#39;Égypte était clairement la puissance dominante. Et cette fin n&#39;est pas venue seulement par l&#39;effacement du temps, elle s&#39;est faite dans la douleur et le mystère, avec l&#39;effondrement presque simultané (enfin, simultané à l&#39;échelle de l&#39;histoire antique et avec toutes les pincettes imaginables pour dater ces évènements) de ces structures sociales dites palatiales (c&#39;est-à-dire j&#39;imagine, très centralisées).</p>

<p>C&#39;est aussi la période probable de la guerre de Troie, ou plutôt d&#39;une des guerres sur le site de Troie (où, rappel, on pense que neuf villes se sont succédées), qui <em>aurait pu</em> servir de prétexte à Homère pour rédiger l&#39;Iliade (oui car j&#39;ai appris à cette occasion que le poème décrit des objets et des personnages séparés en fait par des décennies ou des siècles).</p>

<p>Et il se trouve que toute cette histoire a pu être reconstituée entre autres grâce à la graphomanie égyptienne, de pierre (sur les murs) et d&#39;argile (sur les tablettes de comptes et de correspondance) : merci la bureaucratie. Et plusieurs de ces éléments de contexte cités dans le livre <em>se trouvent juste ici</em> dans un rayon de 500m autour de l&#39;hôtel : au Ramesseum, à Mehdimet Abou ou encore sur le socle des colosses. On peut dire que c&#39;est une lecture de circonstance.</p>

<p><em>Spoiler</em> concernant le livre de Cline : personne ne sait pour l’instant qui étaient ces groupes qui ont incendié tant de villes et attaqué les empire méditerranéens, il n&#39;y a pas de consensus sur la raison de cet effondrement <em>relativement</em> soudain de la civilisation de l&#39;époque. Je retiens tout de même que plusieurs facteurs furent concomitants et que, outre l&#39;érection de nouveaux empires sur l&#39;humus de leurs prédécesseurs, la zone a connu (de manière attestée par l&#39;analyse de pollen) un changement climatique avec des sécheresses en série et des famines (ses voisins et alliés ont demandé du grain à l&#39;Égypte), des tremblements de terre (ou plutôt des séries de tremblement de terre en Grèce, à Chypre et en Anatolie), la rupture de plusieurs routes commerciales alors que les économies de l&#39;époque étaient très liées les unes aux autres...</p>

<p>Lecture que je conseille et qui rapproche singulièrement de nous les préoccupations de l&#39;antiquité.</p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:egypte" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">egypte</span></a> <a href="https://blog.parpoil.org/tag:lectures" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">lectures</span></a> #2025</p>
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      <guid>https://blog.parpoil.org/retour-en-egypte</guid>
      <pubDate>Thu, 20 Feb 2025 12:34:05 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Dégooglification</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/degooglification</link>
      <description>&lt;![CDATA[Se passer des GAFAM, une utopie à l&#39;heure du capitalisme de surveillance / techno-féodalisme (par exemple j&#39;ai beau en être sorti, Google lit tous les mails que j&#39;envoie à mes nombreux correspondants qui y sont restés, et même avec une empreinte réduite au minimum je sais que mon activité numérique alimente un profil utilisé par des brokers...).&#xA;J&#39;ai tout de même un vieux réflexe de sortie, qui doit être celui du poisson ouvrant ses ouïes sur la grève. &#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Motivation&#xA;&#xA;Un des principaux déclencheurs pour tenter de me sortir des ces merdes a été de constater à quel point l&#39;expérience du web moderne est une agression.  &#xA;Et partant de là de me documenter un minimum.  &#xA;Comment font-ils, ces utilisateurs qui par millions n&#39;utilisent pas de bloqueurs ? Qui acceptent les cookies par défaut ? qui savent que Google lit leurs mails pour leur envoyer de la publicité ? qui en guise de résultats de recherche n&#39;obtiennent que des liens sponsorisés ? qui dans leurs flux sociaux voient passer et repasser sans cesse les mêmes informations ? Qui savent les discussions de whatsapp et les mails de Google servent pour entraîner des IA ? qui donnent tous leurs contenus à ces gestionnaires de plateformes ? et je ne parle même pas des réseaux sociaux, d&#39;autres le font mieux que moi.&#xA;&#xA;Ça me dépasse (évidemment que je comprends les mécanismes sociaux, ainsi que l&#39;illectronisme hein je suis pas complètement bouché. Mais je vois teeellement d&#39;usagers ne pas se poser de question, et se jeter avec l&#39;inconscience du converti dans les bras des multinationales) de croiser tous ces gens au quotidien même au sein de collectifs militants et dans le milieu de l&#39;informatique professionnelle.  &#xA;En tous cas le jour où je me retrouve dans la situation de subir de la publicité en continu je jette tout internet aux orties illico. &#xA;&#xA;En ce qui me concerne, la dynamique opensource représente un intérêt de longue date et j&#39;ai toujours été curieux de la chose informatique ; le développement reste à mes yeux de la sorcellerie, c&#39;est une forme de la troisième loi de Clarke :). &#xA;Qui dit opensource dit discours critique sur les technologies et leurs usages et mine de rien j&#39;ai beaucoup lu sur le sujet au fil des années. Lu sur les internets évidemment, mais j&#39;avoue avoir aussi acheté des essais récemment sur le sujet. Bon ce n&#39;est pas toujours d&#39;un accès aisé : par exemple, Soshana Zuboff, dont l&#39;âge du capitalisme de surveillance fait mille pages de trop c&#39;est insupportable ces auteurs qui ne cessent d&#39;écrire qu&#39;il vont démontrer leur thèse un peu plus loin en l&#39;entourant de verbiage (malgré un fond drôlement intéressant, dommage). Par contre le bouquin de Tristan Nitot lui, est court et percutant. Aux sources de l&#39;utopie numérique est bien mais je n&#39;ai pas réussi à la terminer, tandis que j&#39;ai dévoré  le livre d&#39;Olivier Alexandre avec son approche sociologique qui explique bien des choses.  &#xA;Tout ceci structure une pensée et une envie de rester dans l&#39;illusion de l&#39;autonomie, c&#39;est ma forme de petit combat personnel.&#xA;&#xA;J&#39;ai également un combat professionnel pour lequel je remercie énormément mon employeur, car il consiste à démontrer au quotidien et par la pratique que les outils opensource sont plus efficaces, fonctionnent au quotidien et amènent des changements de pratique qui s&#39;apparentent à des changements sociétaux. Vaste programme mais bon ça marche hein, avec notamment le résultat que mes environnements informatiques pro et perso sont débarrassés d&#39;outils de surveillance de masse et de logiciels privateurs depuis un moment maintenant. &#xA;&#xA;Mobilité&#xA;&#xA;J&#39;ai donc récemment entrepris de m&#39;attaquer à mon environnement mobile qui était un point de friction du quotidien.   &#xA;Psychologiquement / éthiquement lorsque je me servais de mon vieil Android. Puis j&#39;ai changé de terminal (pour suivre l&#39;évolution des technos et parce que je ne pouvais plus installer ce que je voulais) et me suis retrouvé avec un outil :&#xA;&#xA;trop encombrant et trop lourd&#xA;hyper performant&#xA;doté d&#39;un appareil photo que j&#39;ai utilisé très intensivement pour des résultats absolument topisssimes &#xA;&#xA;  Et d&#39;ailleurs c&#39;était une véritable découverte car depuis plusieurs années je ne prends plus de photos, après avoir été un photographe amateur compulsif. Avec ce téléphone j&#39;ai redécouvert la liberté et le plaisir de la photo sans contrainte. &#xA;&#xA;Plutôt positif donc ? en fait non, le volume de la chose était quand même vraiment trop gênant (et ça me gonflait d&#39;utiliser un ordinateur mille fois plus puissant que ceux utilisés pour envoyer des humains sur la Lune, et faire rien avec) alors j&#39;ai décidé de revenir à un modèle obsolète (au regard des critères normaux de sélection d&#39;un téléphone) et de détoxifier ma pratique. Et d&#39;en profiter pour basculer Free &amp; Open  Source Software (FOSS). C&#39;est une expérimentation. &#xA;&#xA;Avantage 1 j&#39;ai racheté le modèle dont je disposais avant, il m&#39;a coûté 30 €.   Avantage 2 on s&#39;habitue vite ; c&#39;était tout bizarre de retrouver un téléphone utilisable à une main et qui rentre dans la poche mais ça y est je suis ré-habitué dans l&#39;autre sens   &#xA;Avantage 3 j&#39;ai retrouvé une prise jack afin d&#39;écouter de la musique avec un casque ou une chaîne hifi. &#xA;&#xA;après avoir installé f-droid et Aurora, j&#39;ai désactivé tous les services Google. &#xA;&#xA;  Pour la petite histoire, j&#39;ai auparavant tenté d&#39;installer un OS open source mais ce faisant j&#39;ai pété le terminal car ces trucs sont trop peu normalisés pour permettre un accès aussi facile aux fonctions bas niveaux (comme c&#39;est le cas par exemple dans certains ordinateurs, je dis certains car dans la même veine je n&#39;avais pas réussi à installer Linux sur mon vieux MacOS). Donc j&#39;ai dû racheter un terminal, en vrai il m&#39;aura donc coûté 60 €. &#xA;&#xA;Et donc maintenant j&#39;utilise moins d&#39;outils, parce que c&#39;est vrai qu&#39;il est moins performant (c&#39;est la raison pour laquelle j&#39;avais changé, nous sommes pétris de contradictions). D&#39;ailleurs certains logiciels ne veulent même pas s&#39;installer. J&#39;ai le minimum vital avec :&#xA;&#xA;firefox&#xA;K-9 mail&#xA;fossify agenda et contact. C&#39;est marrant d&#39;ailleurs car c&#39;est la première fois que j&#39;arrive à obtenir un agenda où afficher mes données professionnelles, familiales et personnelles, ce qui est un gros plus&#xA;Signal&#xA;Tusky (client Mastodon)&#xA;antennaPod (pour les podcast). Gros défaut par rapport à mon précédent client : il ne permet pas d&#39;écouter les flux de radio &#xA;OrganicMaps qui a tout ce qu&#39;il faut pour se repérer et calculer des itinéraires&#xA;Futo Keyboard pour avoir un clavier digne de ce nom. Car sortir d&#39;un univers pré-packagé signifie entre autres qu&#39;on se retrouve avec un clavier de merde, jusqu&#39;à découvrir Futo, merci Futo.&#xA;&#xA;Échec&#xA;&#xA;Aurora permet d&#39;installer des applis du Play Store sans avoir de compte et donc sans être tracé, ce qui est un plus. Revers de la médaille j&#39;utilise encore des outils proprio hélas :&#xA;&#xA;whatsapp et c&#39;est un gros fail. J&#39;ai mal à chaque fois que je l&#39;ouvre. Mais comment lutter quand c&#39;est le réflexe immédiat de toute la population ? les amis, la famille, les voisins, les parents d&#39;élève, les assos, les anniversaires... Chaud&#xA;cityMapper pour les rares fois où j&#39;utilise les transports en commun &#xA;trainline qui se merdifie de plus en plus, mais bon j&#39;achète toujours mes billets de train avec&#xA;park4night qui n&#39;a pas d&#39;équivalent FOSS&#xA;Deezer, parce qu&#39;on partage un abonnement familial et parce que c&#39;est moins pire que chez ces nazillons de spotify, mais apparemment quand même moins bien que Qobuz (je m&#39;interroge sur leur catalogue). Et je n&#39;ai pas creusé pour savoir s&#39;il est possible de migrer les playlists&#xA;&#xA;Autre échec et de taille celui-ci : l&#39;appareil photo.  &#xA;Bon en vrai c&#39;est indépendant de l&#39;aspect open source de la démarche, mais si quelque chose me fait acheter un nouveau terminal ce sera ça, j&#39;ai reperdu le plaisir de photographier je tourne en rond ça m&#39;énerve. &#xA;&#xA;Prochaine étape&#xA;&#xA;Je compte bien sortir de Fastmail, qui m&#39;a permis simplement de basculer hors de Google pour une somme raisonnable (~100 € / an), mais qui coûte trop cher pour embarquer la famille avec moi.  &#xA;Heureusement je suis entouré de geeks et comme Oslandia a basculé chez Galae, je compte faire pareil rapidement. Je pourrai alors héberger autant de boites que nécessaire sur des domaines personnels (par exemple et au hasard pour les enfants). &#xA;Je n&#39;ai jamais franchi le pas de l&#39;auto-hébergement, pourtant ce serait pas mal par exemple pour le présent texte... mes compétences techniques sont trop faibles (gérer les flux et le routage des ports de ma box, quelle angoisse), j&#39;ai pas envie de risquer une intrusion, bref je lorgne régulièrement sur yunohost sans passer le pas. &#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Se passer des GAFAM, une utopie à l&#39;heure du capitalisme de surveillance / techno-féodalisme (par exemple j&#39;ai beau en être sorti, Google lit tous les mails que j&#39;envoie à mes nombreux correspondants qui y sont restés, et même avec une empreinte réduite au minimum je sais que mon activité numérique alimente un profil utilisé par des brokers...).
J&#39;ai tout de même un vieux réflexe de sortie, qui doit être celui du poisson ouvrant ses ouïes sur la grève.</p>



<h2 id="motivation" id="motivation">Motivation</h2>

<p>Un des principaux déclencheurs pour tenter de me sortir des ces merdes a été de constater à quel point l&#39;expérience du web moderne est une agression.<br>
Et partant de là de me documenter un minimum.<br>
Comment font-ils, ces utilisateurs qui par millions n&#39;utilisent pas de bloqueurs ? Qui acceptent les cookies par défaut ? qui savent que Google lit leurs mails pour leur envoyer de la publicité ? qui en guise de résultats de recherche n&#39;obtiennent que des liens sponsorisés ? qui dans leurs flux sociaux voient passer et repasser sans cesse les mêmes informations ? Qui savent les discussions de whatsapp et les mails de Google servent pour entraîner des IA ? qui <strong><em>donnent</em></strong> tous leurs contenus à ces gestionnaires de plateformes ? et je ne parle même pas des réseaux sociaux, d&#39;autres le font mieux que moi.</p>

<p>Ça me dépasse (évidemment que je comprends les mécanismes sociaux, ainsi que l&#39;illectronisme hein je suis pas complètement bouché. Mais je vois teeellement d&#39;usagers ne pas se poser de question, et se jeter avec l&#39;inconscience du converti dans les bras des multinationales) de croiser tous ces gens au quotidien même au sein de collectifs militants et dans le milieu de l&#39;informatique professionnelle.<br>
En tous cas le jour où je me retrouve dans la situation de subir de la publicité en continu je jette tout internet aux orties illico.</p>

<p>En ce qui me concerne, la dynamique opensource représente un intérêt de longue date et j&#39;ai toujours été curieux de la chose informatique ; le développement reste à mes yeux de la sorcellerie, c&#39;est une forme de la troisième <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_lois_de_Clarke">loi de Clarke</a> :).
Qui dit opensource dit discours critique sur les technologies et leurs usages et mine de rien j&#39;ai beaucoup lu sur le sujet au fil des années. Lu sur les internets évidemment, mais j&#39;avoue avoir aussi acheté des essais récemment sur le sujet. Bon ce n&#39;est pas toujours d&#39;un accès aisé : par exemple, Soshana Zuboff, dont <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791038700826-l-age-du-capitalisme-de-surveillance-shoshana-zuboff/">l&#39;âge du capitalisme de surveillance</a> fait mille pages de trop c&#39;est insupportable ces auteurs qui ne cessent d&#39;écrire qu&#39;il vont démontrer leur thèse un peu plus loin en l&#39;entourant de verbiage (malgré un fond drôlement intéressant, dommage). Par contre <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782915825657-surveillance-les-libertes-au-defi-du-numerique-comprendre-et-agir-nitot-tristan/">le bouquin de Tristan Nitot</a> lui, est court et percutant. <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782376620242-aux-sources-de-l-utopie-numerique-de-la-contre-culture-a-la-cyberculture-stewart-brand-un-homme-d-influence-fred-turner/">Aux sources de l&#39;utopie numérique</a> est bien mais je n&#39;ai pas réussi à la terminer, tandis que j&#39;ai dévoré  <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782021520187-la-tech-quand-la-silicon-valley-refait-le-monde-olivier-alexandre/">le livre d&#39;Olivier Alexandre</a> avec son approche sociologique qui explique bien des choses.<br>
Tout ceci structure une pensée et une envie de rester dans l&#39;illusion de l&#39;autonomie, c&#39;est ma forme de petit combat personnel.</p>

<p>J&#39;ai également un combat professionnel pour lequel je remercie énormément mon employeur, car il consiste à démontrer au quotidien et par la pratique que les outils opensource sont plus efficaces, fonctionnent au quotidien et amènent des changements de pratique qui s&#39;apparentent à des changements sociétaux. Vaste programme mais bon ça marche hein, avec notamment le résultat que mes environnements informatiques pro et perso sont débarrassés d&#39;outils de surveillance de masse et de logiciels privateurs depuis un moment maintenant.</p>

<h2 id="mobilité" id="mobilité">Mobilité</h2>

<p>J&#39;ai donc récemment entrepris de m&#39;attaquer à mon environnement mobile qui était un point de friction du quotidien.<br>
Psychologiquement / éthiquement lorsque je me servais de mon vieil Android. Puis j&#39;ai changé de terminal (pour suivre l&#39;évolution des technos et parce que je ne pouvais plus installer ce que je voulais) et me suis retrouvé avec un outil :</p>
<ul><li>trop encombrant et trop lourd</li>
<li>hyper performant</li>
<li>doté d&#39;un appareil photo que j&#39;ai utilisé très intensivement pour des résultats absolument topisssimes</li></ul>

<blockquote><p>Et d&#39;ailleurs c&#39;était une véritable découverte car depuis plusieurs années je ne prends plus de photos, après avoir été un photographe amateur compulsif. Avec ce téléphone j&#39;ai redécouvert la liberté et le plaisir de la photo sans contrainte.</p></blockquote>

<p>Plutôt positif donc ? en fait non, le volume de la chose était quand même vraiment trop gênant (et ça me gonflait d&#39;utiliser un ordinateur mille fois plus puissant que ceux utilisés pour envoyer des humains sur la Lune, et faire rien avec) alors j&#39;ai décidé de <strong>revenir</strong> à un modèle obsolète (au regard des critères normaux de sélection d&#39;un téléphone) et de détoxifier ma pratique. Et d&#39;en profiter pour basculer Free &amp; Open  Source Software (<em>FOSS</em>). C&#39;est une expérimentation.</p>

<p>Avantage 1 j&#39;ai racheté le modèle dont je disposais avant, il m&#39;a coûté 30 €.   Avantage 2 on s&#39;habitue vite ; c&#39;était tout bizarre de retrouver un téléphone utilisable à une main et qui rentre dans la poche mais ça y est je suis ré-habitué dans l&#39;autre sens<br>
Avantage 3 j&#39;ai retrouvé une prise jack afin d&#39;écouter de la musique avec un casque ou une chaîne hifi.</p>

<p>après avoir installé f-droid et Aurora, j&#39;ai désactivé tous les services Google.</p>

<blockquote><p>Pour la petite histoire, j&#39;ai auparavant tenté d&#39;installer un OS open source mais ce faisant j&#39;ai pété le terminal car ces trucs sont trop peu normalisés pour permettre un accès aussi facile aux fonctions bas niveaux (comme c&#39;est le cas par exemple dans certains ordinateurs, je dis certains car dans la même veine je n&#39;avais pas réussi à installer Linux sur mon vieux MacOS). Donc j&#39;ai dû racheter un terminal, en vrai il m&#39;aura donc coûté 60 €.</p></blockquote>

<p>Et donc maintenant j&#39;utilise moins d&#39;outils, parce que c&#39;est vrai qu&#39;il est moins performant (c&#39;est la raison pour laquelle j&#39;avais changé, nous sommes pétris de contradictions). D&#39;ailleurs certains logiciels ne veulent même pas s&#39;installer. J&#39;ai le minimum vital avec :</p>
<ul><li>firefox</li>
<li>K-9 mail</li>
<li>fossify agenda et contact. C&#39;est marrant d&#39;ailleurs car c&#39;est la première fois que j&#39;arrive à obtenir un agenda où afficher mes données professionnelles, familiales <strong>et</strong> personnelles, ce qui est un gros plus</li>
<li>Signal</li>
<li>Tusky (client Mastodon)</li>
<li>antennaPod (pour les podcast). Gros défaut par rapport à mon précédent client : il ne permet pas d&#39;écouter les flux de radio</li>
<li>OrganicMaps qui a tout ce qu&#39;il faut pour se repérer et calculer des itinéraires</li>
<li>Futo Keyboard pour avoir un clavier digne de ce nom. Car sortir d&#39;un univers pré-packagé signifie entre autres qu&#39;on se retrouve avec un clavier de merde, jusqu&#39;à découvrir Futo, merci Futo.</li></ul>

<h2 id="échec" id="échec">Échec</h2>

<p>Aurora permet d&#39;installer des applis du Play Store sans avoir de compte et donc sans être tracé, ce qui est un plus. Revers de la médaille j&#39;utilise encore des outils proprio hélas :</p>
<ul><li>whatsapp et c&#39;est un gros fail. J&#39;ai mal à chaque fois que je l&#39;ouvre. Mais comment lutter quand c&#39;est le réflexe immédiat de toute la population ? les amis, la famille, les voisins, les parents d&#39;élève, les assos, les anniversaires... Chaud</li>
<li>cityMapper pour les rares fois où j&#39;utilise les transports en commun</li>
<li>trainline qui se merdifie de plus en plus, mais bon j&#39;achète toujours mes billets de train avec</li>
<li>park4night qui n&#39;a pas d&#39;équivalent FOSS</li>
<li>Deezer, parce qu&#39;on partage un abonnement familial et parce que c&#39;est moins pire que chez ces nazillons de spotify, mais apparemment quand même moins bien que Qobuz (je m&#39;interroge sur leur catalogue). Et je n&#39;ai pas creusé pour savoir s&#39;il est possible de migrer les playlists</li></ul>

<p>Autre échec et de taille celui-ci : l&#39;appareil photo.<br>
Bon en vrai c&#39;est indépendant de l&#39;aspect open source de la démarche, mais si quelque chose me fait acheter un nouveau terminal ce sera ça, j&#39;ai reperdu le plaisir de photographier je tourne en rond ça m&#39;énerve.</p>

<h2 id="prochaine-étape" id="prochaine-étape">Prochaine étape</h2>

<p>Je compte bien sortir de Fastmail, qui m&#39;a permis simplement de basculer hors de Google pour une somme raisonnable (~100 € / an), mais qui coûte trop cher pour embarquer la famille avec moi.<br>
Heureusement je suis entouré de geeks et comme Oslandia a basculé chez Galae, je compte faire pareil rapidement. Je pourrai alors héberger autant de boites que nécessaire sur des domaines personnels (par exemple et au hasard pour les enfants).
Je n&#39;ai jamais franchi le pas de l&#39;auto-hébergement, pourtant ce serait pas mal par exemple pour le présent texte... mes compétences techniques sont trop faibles (gérer les flux et le routage des ports de ma box, quelle angoisse), j&#39;ai pas envie de risquer une intrusion, bref je lorgne régulièrement sur yunohost sans passer le pas.</p>
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      <guid>https://blog.parpoil.org/degooglification</guid>
      <pubDate>Tue, 10 Dec 2024 19:40:09 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Les cartes de novembre</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/les-cartes-de-novembre</link>
      <description>&lt;![CDATA[Il existe un truc sur les réseaux sociaux que je fréquente, qui s&#39;appelle (le truc, hein, pas le réseau social) 30DayMapChallenge. C&#39;est un peu bizarre le concept de se pousser les uns les autres à publier des contenus mais en fait c&#39;est l&#39;occasion de voir pleins de réalisations cartographiques et certaines valent vraiment le détour ça peut être cool. Enfin plein ça dépend du réseau social évidemment par exemple sur Mastodon, même si mon l&#39;instance à laquelle je participe s&#39;appelle mapstodon, j&#39;en vois moins que les gens sur d&#39;autres réseaux pour lesquels je ne ferai pas de publicité ici. &#xA;&#xA;Bref, je me suis lancé cette année. !--more--&#xA;&#xA;À vrai dire je ne sais pas trop pourquoi. Probablement parce que l&#39;ambiance est bon enfant sur Mastodon. Parce que j&#39;avais envie de faire des trucs. Parce que ça me court depuis longtemps de travailler dans la carto mais de ne rien produire moi-même. Je n&#39;ai pas poussé l&#39;analyse plus loin mais en même temps, pourquoi diable est-ce que je continue à écrire ici, hmm ? &#xA;&#xA;Et alors comment ça marche ? &#xA;&#xA;On ne peut plus simplement : chaque jour un thème, on fait un truc on publie et voilà. Pour ceux du fond qui n&#39;ont pas compris, c&#39;est expliqué là. Et comme malgré tout je suis assez content de moi, je conserve et republie ici. &#xA;&#xA;Je rencontre plusieurs écueils à pratiquer cet exercice :&#xA;&#xA;je bosse peut-être dans la carto mais cela fait des années (depuis 2006 pour être précis) que je ne suis plus utilisateur des outils. Je suis donc devenu une tanche et je dois demander à internet comment faire les trucs de base, les trucs un peu avancés sont carrément hors de ma portée et je suis leeeent&#xA;j&#39;ai peu de temps parce que je fais ça sur mes loisirs et en ce moment mes loisirs, ben...&#xA;je ne pratique pas professionnellement alors j&#39;ai pas sous la main une machine de compète ou un serveur pour stocker pleins de données&#xA;je ne sais pas vraiment où trouver de la donnée de qualitay&#xA;&#xA;OR DONC pour contourner tout ceci je me suis dit que j&#39;allais faire des cartes hyper simples. &#xA;Pas le temps ? une seule mise en page. Les mises en page, c&#39;est chronophage ? plus de légende (les flèches nord aussi. T&#39;façon elles ne servent à rien quand toutes les cartes sont orientées au nord), plus d&#39;échelle parce que les gens ne la regardent pas (surtout dans une vignette affichée sur internet). Je sais pas où trouver l&#39;info ? je vais aller la chercher à un seul endroit. Mon QGIS rame misérablement ? je vais faire des cartes de Paris (merci l&#39;opendata). &#xA;&#xA;Et comme disait Perrec, les contraintes libèrent la créativité. Enfin dans mon cas elles permettent surtout de produire quelque chose. Au final, beaucoup de cartes de Paris, même si je n&#39;ai pas réussi à être suffisamment inventif pour toutes les consignes. &#xA;&#xA;Les cartes&#xA;&#xA;Jour 1 : points&#xA;&#xA;Un jeu de données de points sympa : les arbres parisiens. Ceci dit, à part montrer qu&#39;il y a des arbres dans les rues, cette carte ne montre rien. Alors j&#39;ai manipulé un peu les données attributaires et après avoir tenté la hauteur j&#39;ai joué avec la circonférence. &#xA;&#xA;Ha! si quand même on voit bien les espaces verts qui ne sont pas gérés par la ville, comme le Luxembourg, le Jardin des Plantes, les Tuileries... et on voit aussi TRÈS bien les cimetières. Plus les arbres sont gros en circonférence, plus la couleur verte (ben oui verte, forcément) est intense ce qui permet de dessiner nettement certains axes&#xA;&#xA;arbres&#xA;&#xA;Jour 2 : lignes &#xA;&#xA;Lancé à la découverte du portail open data de la Ville de Paris, j&#39;allais quand même pas juste afficher les voies alors j&#39;ai cherché les pistes cyclables. Et les équipements (stationnement, bornes, arceaux).  C&#39;est décevant car il y en a presque partout. Sauf chez ces gros bourgeois décadents du XVI°, merci à eux car ils sont tellement caricaturaux ceux là qu&#39;on peut les mettre à l&#39;index sur presque toutes les cartes. ce qui est bien pratique.&#xA;&#xA;Le mode fusion permet de bien voir où on a beaucoup d&#39;équipements en empilant les objets. Voilà. Un joli jeune lumineux.&#xA;&#xA;vélo&#xA;&#xA;Jour 3 : polygones&#xA;&#xA;Oui bon j&#39;en ai produit plusieurs le même jour (car j&#39;étais dans le train) et j&#39;ai pas été hyper inspiré mais que voulez-vous c&#39;est une pratique aussi. Alors figurez-vous que les espaces de stationnement sont des polygones, même si vus de loin on dirait des lignes. Je voulais tenter de montrer que la voiture prend trop de place (bonjour l&#39;originalité woke) mais ce genre de donnée à l&#39;échelle de la ville, a vite tendance à tout recouvrir.&#xA;&#xA;Donc j&#39;ai distingué les espaces de stationnement en fonction de leur destination : sont-ils réservés à l&#39;autopartage, aux vélos cargo et aux véhicules électriques ? ou bien aux gros diesels qui puent ? Réponse en image. &#xA;&#xA;stationnement&#xA;&#xA;Jour 4 : hexagones&#xA;&#xA;Les hexagones, c&#39;est flatteur, ça donne l&#39;impression que t&#39;es un champion (heu en fait j&#39;ai suivi un tuto mais rassurez-vous c&#39;était facile) et... c&#39;est vrai ça claque.&#xA; &#xA;Autant avoir un truc marquant à représenter. Ici par exemple on voit bien qu&#39;il n&#39;y a pas de logement social sur le fleuve.&#xA;&#xA;logement&#xA;&#xA;Jour 5 : un voyage&#xA;&#xA;C&#39;est là que j&#39;ai commencé à comprendre que mes contraintes n&#39;allaient pas me permettre de tout faire. J&#39;aurais voulu montrer des déplacements d&#39;animaux mais j&#39;ai pas trouvé de donnée, j&#39;ai épuisé https://opendata.paris.fr/ et je suis tombé à court d&#39;idée. Et de temps parce que bon c&#39;est pas mon travail rappelez-vous. &#xA;&#xA;Alors j&#39;ai commis ceci en prétextant que le voyage, c&#39;est celui des cafetiers quand ils montent et démontent des terrasses ; un argument des plus spécieux je vous l&#39;accorde. &#xA;&#xA;terrasses&#xA;&#xA;Bon zut c&#39;est un gif animé mais ça se voit pas  parce que le fichier passe par un gestionnaires d&#39;images.&#xA;&#xA;Jour 6 : raster&#xA;&#xA;Dans notre jargon, raster vaut pour image qu&#39;on peut représenter sur une carte, souvent un fond de plan genre photo aérienne ou carte IGN.&#xA;&#xA;J&#39;ai donc touché le fond et j&#39;ai un peu honte mais je suis aussi content d&#39;avoir contourné la consigne : comme la définition du challenge comprend : heatmaps, or any continuous surface data, et bien tadaa :&#xA;&#xA;Jour 7 : vintage&#xA;&#xA;J&#39;ai eu du bol parce que j&#39;étais tombé quelques jours auparavant sur le site d&#39;Andy Woodruff qui fournit des ressources pour restituer des cartes modernes comme des anciennes (et avec du logiciel). &#xA;&#xA;Il le fait avec mille fois plus de grâce que moi mais bon l&#39;idée était là. En plus j&#39;ai appris des trucs, par exemple comment donner un effet &#34;aquarelle déposée à la main&#34; avec des taches de couleurs plus soutenues et positionnées aléatoirement dans les aplats de couleur (ici dans le rose. À vrai dire c&#39;est presque invisible sur l&#39;image mais c&#39;est comme le maquillage quand il y en a trop on ne voit plus que ça. Ça rend mieux sur l&#39;image originale avec une résolution supérieure)&#xA;&#xA;Jour 12 : temps et espace&#xA;&#xA;Vous aussi vous avez remarqué que 30 jours d&#39;affilée c&#39;est beaucoup ? J&#39;en ai eu un peu marre, j&#39;ai une vie aussi, merde ! Et j&#39;ai beaucoup eu la flemme haha. &#xA;&#xA;Et en vrai les consignes entre 7 et 12 étaient compliquées : &#xA;&#xA;data : HDX, c&#39;est-à-dire qu&#39;il faut aller chercher des données sur HDX, un hub de données humanitaires. Figurez-vous qu&#39;il n&#39;y a rien en France, même pas une carte des soupes populaires (bon ces derniers temps ce serait un travail conséquent de maintenir à jour une telle information) et j&#39;ai déclaré forfait&#xA;AI only m&#39;a fait voir rouge, franchement c&#39;est moche de pousser les gens à utiliser ces saloperies et j&#39;étais pas dans le mood de trouver un détournement (j&#39;ai vu passer une jolie carte extraite du jeu Civilization : quand j&#39;étais petit, l&#39;IA c&#39;était l&#39;ordinateur contre lequel on jouait, encore un quarantenaire tiens, dont je suis jaloux car c&#39;était une bonne idée).&#xA;pen &amp; paper me tentait bien mais j&#39;étais sec, c&#39;était dimanche j&#39;étais vaguement déprimé et j&#39;ai rien fait&#xA;arctic j&#39;ai pas trouvé de donnée rigolote, le plus intéressant c&#39;était de travailler sur les niveaux de glace, mais les données que j&#39;ai trouvé demandaient un traitement préalable&#xA;&#xA;DONC jour 12, time and space. J&#39;ai tenté de faire une carte sur le TARDIS, c&#39;aurait été trop classe ! il existe moult sites de fan évidemment, dont un wiki truffé d&#39;informations par exemple la liste de toutes les villes visitées par le TARDIS 0o &#xA;&#xA;Malheureusement mes talents ridicules ne me permettent pas de transformer ce matériau brut en donnée exploitable par un SIG et je me suis rabattu sur l&#39;opendata de la SNCF en voulant faire ma propre carte des lignes fermées. &#xA;&#xA;sncf&#xA;&#xA;C&#39;est une semi-réussite parce que la carte ne montre que ce que la SNCF nous présente, c&#39;est-à-dire SES lignes, mais on ne voit pas le patrimoine qui a disparu depuis 1850 et qui est considérable. &#xA;&#xA;Tout ça parce que je discutais à l&#39;apéro avec une copine qui me soutenait que c&#39;est cool de pouvoir aller en 3h à Marseille et que les lignes fermées c&#39;est surtout du fret, tandis que je lui expliquais à quel point je préfèrerais qu&#39;on voyage dans des conditions décentes sur un réseau plus dense. Au lieu de traverser le pays rapidement mais en étant traité comme du bétail et en devant prendre une voiture pour aller dans toutes ces villes où la gare est fermée. Bref.&#xA;&#xA;Jour 14 : le monde&#xA;&#xA;Passé mon premier trou dans la production cartographique, j&#39;ai cessé d&#39;avoir des scrupules et jour 13 nouvel outil ça me disait trop rien. Alors je suis allé regarder les données de l&#39;ACLED (Armed Conflict Location &amp; Event Data) pour essayer un truc différent.&#xA;&#xA;C&#39;est pas très concluant (d&#39;un point de vue carto j&#39;entends), je pense que j&#39;ai manqué de temps pour trouver des données plus facile à exploiter.&#xA;&#xA;women&#xA;&#xA;Et puis j&#39;aime pas faire des cartes du monde, les projections rendent jamais bien, ya plein d&#39;espace perdu là franchement c&#39;est vilain.&#xA;&#xA;Jour 16 : choroplète&#xA;&#xA;Entre les deux il y avait jour 15 ma donnée, et j&#39;aurais pu récupérer par exemple la trace de notre voyage de cet été, mais pour que la carte vaille le coup il aurait fallu un effort de mise en page qui dépasse mes capacités alors hop ! forfait.&#xA;&#xA;Je note que plus j&#39;avance plus j&#39;ai de facilité à déclarer forfait, je vais bientôt décréter que le mois de novembre ne compte que 19 jours haha.&#xA;&#xA;Ceci dit, choroplète (cartogramme à teintes dégradées était tellement plus classe) c&#39;est un peu la base de la représentation carto et je me suis dit tant qu&#39;à faire soyons ambitieux avec une carte bivariée. &#xA;Là encore j&#39;ai bien entendu suivi un tutoriel, et choisi deux informations qui sont forcément reliées (oui sinon la carte c&#39;est du charabia) mais peut être pas forcément de la manière qu&#39;on pourrait imaginer ? enfin c&#39;est ce que je me disais au début. &#xA;Donc : quelle relation entre le niveau de revenu et le nombre de familles monoparentales ?&#xA;&#xA;Et alors c&#39;est marrant car j&#39;ai travaillé à l&#39;IRIS (la plus petite unité de découpage du territoire pour l&#39;INSEE) car ce genre de carte à l&#39;arrondissement n&#39;aurait aucun intérêt. Heu ou en étais-je ? oui ce qui est marrant en vrai, c&#39;est que plusieurs IRIS parisiens n&#39;ont tout bonnement pas d&#39;habitant, ce qui est logique mais un peu bizarre quand même (exemples le champ de mars, le jardin des plantes ou les Tuileries). &#xA;&#xA;Sinon ce qui n&#39;est pas marrant, c&#39;est que les familles monoparentales sont pauvres. Enfin en vrai ce que dit la carte, c&#39;est qu&#39;il y a beaucoup de familles monoparentales dans les IRIS où le niveau de revenu est plus faible, mais ceux qui savent, savent. &#xA;&#xA;iris&#xA;&#xA;À part ça, je suis drôlement content du résultat, parce que c&#39;est joli à regarder.&#xA;&#xA;Jour 18 : 3D&#xA;&#xA;Plus aucun scrupule donc, j&#39;ai allégrement zappé jour 17 carte collaborative et recyclé une carte avec effet 3D produite avec QGIS et Blender il y a quelques mois parce que :&#xA;&#xA;ce genre de carte me fascine, on trouve des magiciens sur internet qui produisent des images sublimes&#xA;Geotribu avait publié une traduction du tutoriel d&#39;un des magiciens en question &#xA;&#xA;Alors spoiler c&#39;est accessible de suivre le tutoriel, mais en comprendre toutes les subtilités par contre... pas vraiment. En plus il faut un temps de traitement conséquent pour générer l&#39;image 3D ce qui explique que je ne me sois pas relancé dans le processus. &#xA;&#xA;À la place j&#39;ai partagé cette carte de Cotignac où les habitués reconnaîtront les alentours.&#xA;&#xA;cotignac&#xA;&#xA;jour 21 : conflit&#xA;&#xA;Qu&#39;avons-nous raté entre-temps ? &#xA;Bah d&#39;abord jour 19 typographie : là c&#39;est sûr les cartes qui envoient du pâté utilisent du texte pour représenter les objets et certains rendus sont bluffants. &#xA;&#xA;C&#39;est autant à ma portée que de devenir cosmonaute. &#xA;&#xA;L&#39;autre solution c&#39;est de jouer avec le texte, par exemple en n&#39;affichant que les rue de Paris dont le nom contient typographie... ça m&#39;aurait pas demandé trop de travail remarquez. &#xA;Ha merde ! avec le recul je me rends compte que j&#39;aurai pu mettre en avant les rues qui portent des noms de typographes. Plusieurs révolutionnaires en étaient mais bonjour le travail de compilation dans la liste des rues de Paris :/ &#xA;Cette carte aurait eu le mérite de mettre Martin Bernard en avant.&#xA;&#xA;J&#39;ai aussi raté jour 20 openstreetmap, je sais plus pourquoi, je devais avoir piscine. Et puis je suis mauvais avec OSM, j&#39;ai jamais réussi à extraire de la donnée comme je voulais.&#xA;&#xA;Nous voici donc à la thématique conflit, chouette ! j&#39;aurais pu creuser les données ACLED déjà mentionnées plus haut pour sortir des informations hyper réjouissantes n&#39;importe où dans le monde. &#xA;J&#39;ai préféré me recentrer sur Paris avec cette carte des barricades de mai 1871. &#xA;Haa la glorieuse époque où au lieu de se laisser enfumer par des salopards de politiciens on prenait les armes et on construisait la république idéale. &#xA;&#xA;Ça laisse songeur.  &#xA;&#xA;La donnée la plus précise que j&#39;ai trouvé a cette gueule sur Gallica, autant dire qu&#39;elle n&#39;est pas immédiatement exploitable. &#xA;Comme hélas les barricades ne furent pas si nombreuses, je me suis amusé à la digitaliser car personne ne l&#39;avait fait jusqu&#39;ici. Ou plutôt, je suis certains que plein de gens l&#39;ont fait, mais personne n&#39;a mis son travail sur les internets, franchement pas bravo les gars. &#xA;&#xA;Alors voici le résultat. Si j&#39;ai le mojo je trouverai un endroit où déposer le fichier pour de futur.e.s bénéficiaires. &#xA;&#xA;barricades&#xA;&#xA;Jour 22 : 2 couleurs&#xA;&#xA;Mouhaha, trop facile une carte avec deux couleurs seulement, c&#39;est la base des choroplètes souvenez-vous. Et j&#39;avais récupéré en début de mois le résultat des élections au premier tour des dernières présidentielles. &#xA;&#xA;elections&#xA;&#xA;Et oui, j&#39;ai rangé Macron dans &#34;la droite&#34; si jamais quelqu&#39;un se posait la question. &#xA;&#xA;Jour 23 : mémoire&#xA;&#xA;L&#39;idée d&#39;origine je crois c&#39;est que les gens partagent quelque chose de leur mémoire personnelle. Moi j&#39;ai tapé &#34;mémoire&#34; dans la barre de recherche et hop. A posteriori je me dis que j&#39;aurais dû faire comme eux et poser les données dans une grille car là on ne voit pas très bien le nombre. &#xA;&#xA;plaques&#xA;&#xA;Jour 24 &#34;circulaire&#34;&#xA;&#xA;&#34;Seulement des formes rondes&#34;, bon. Je pense que c&#39;est un peu nul comme consigne mais pourquoi pas (et à vrai dire j&#39;ai vu des productions intéressantes, par exemple ici ou là). &#xA;&#xA;Ça m&#39;a permis de creuser un peu plus les modes de représentation dans QGIS pour avoir des ronds en guise de remplissage des polygones. &#xA;&#xA;circulaire&#xA;&#xA;Conclusion&#xA;&#xA;Eeeet oui ma foi je me suis arrêté là. &#xA;&#xA;Comme ça, sans explication sans petit mot et sans même attendre la fin du mois. J&#39;ai ainsi raté :&#xA;&#xA;heat j&#39;ai bien fait une tentative mais qui donne rien, il aurait fallu que je me farcisse des papiers méthodo pour la production de cartes d&#39;ilots de chaleur et on se serait rendu compte avec étonnement que paris est une fournaise sauf éventuellement dans les espaces verts&#xA;map projections j&#39;aurais bien aimé pouvoir jouer avec Spilhaus, de loin ma projection favorite, mais elle n&#39;est pas implémentée dans QGIS et les manipulations de systèmes de projection demandent quand même de s&#39;y connaître un peu bref c&#39;est compliqué&#xA;micromapping , hm aurait pu être un jocker car j&#39;avais récupéré des données très détaillées pour cartographier un bout de trottoir&#xA;the blue planet&#xA;data : overture&#xA;&#xA;Je l&#39;ai déjà écrit plus haut, mais j&#39;ai une vie, un travail, envie d&#39;autres choses et pas le temps de faire comme l&#39;auteur de (cette merveille d&#39;ailleurs) : &#xA;&#xA;Qui a passé plusieurs années à farfouiller les bibliothèques pour fabriquer son atlas (d&#39;ailleurs si vous trouvez des similitudes, c&#39;est qu&#39;elles existent, et je tiens à préciser que je n&#39;ai rien copié dans ce livre car si je l&#39;ai acheté début novembre, je ne l&#39;ai lu que le 21,mais le nombre de cartes possibles de Paris n&#39;est pas infini. Enfin je ne pense pas). &#xA;&#xA;C&#39;est ainsi que j&#39;ai terminé le challenge de novembre, dans la déconfiture la plus totale. &#xA;J&#39;en retire deux trois trucs malgré tout. J&#39;ai remis les mains dans QGIS ce qui me rend encore plus fier de travailler à propager la gloire d&#39;un des logiciels open source les plus immédiatement utiles aux gens.&#xA;Je me suis aussi rappelé à à quel point c&#39;est duuuur de faire de jolies cartes donc je regarde de nouveau la production des gens, d&#39;un œil neuf.&#xA;J&#39;ai eu des interactions sur un réseau social fréquenté par mes pairs, c&#39;est marrant et je comprends que certains y passent un temps infini. &#xA;&#xA;Par contre cela ne m&#39;a pas appris à me tenir à une routine mais je devrai me faire une raison : à part en ce qui concerne les mauvaises habitudes, aucune routine ne prendra plus jamais chez moi. &#xA;&#xA;carto]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Il existe un <em>truc</em> sur les réseaux sociaux que je fréquente, qui s&#39;appelle (le truc, hein, pas le réseau social) <em>30DayMapChallenge</em>. C&#39;est un peu bizarre le concept de se pousser les uns les autres à publier des contenus mais en fait c&#39;est l&#39;occasion de voir pleins de réalisations cartographiques et certaines valent vraiment le détour ça peut être cool. Enfin plein ça dépend du réseau social évidemment par exemple sur Mastodon, même si mon l&#39;instance à laquelle je participe s&#39;appelle <a href="https://mapstodon.space/tags/30daymapchallenge"><strong>map</strong>stodon</a>, j&#39;en vois moins que les gens sur d&#39;autres réseaux pour lesquels je ne ferai pas de publicité ici.</p>

<p>Bref, <a href="https://mapstodon.space/@bertrand/">je me suis lancé cette année</a>. </p>

<p>À vrai dire je ne sais pas trop pourquoi. Probablement parce que l&#39;ambiance est bon enfant sur Mastodon. Parce que j&#39;avais envie de faire des trucs. Parce que ça me court depuis longtemps de travailler dans la carto mais de ne rien produire moi-même. Je n&#39;ai pas poussé l&#39;analyse plus loin mais en même temps, pourquoi diable est-ce que je continue à écrire ici, hmm ?</p>

<h2 id="et-alors-comment-ça-marche" id="et-alors-comment-ça-marche">Et alors comment ça marche ?</h2>

<p>On ne peut plus simplement : chaque jour un thème, on fait un truc on publie <em>et voilà</em>. Pour ceux du fond qui n&#39;ont pas compris, <a href="https://30daymapchallenge.com/">c&#39;est expliqué là</a>. Et comme malgré tout je suis assez content de moi, je conserve et republie ici.</p>

<p>Je rencontre plusieurs écueils à pratiquer cet exercice :</p>
<ul><li>je bosse peut-être dans la carto mais cela fait des années (depuis 2006 pour être précis) que je ne suis plus utilisateur des outils. Je suis donc devenu une tanche et je dois demander à internet comment faire les trucs de base, les trucs un peu avancés sont carrément hors de ma portée et je suis leeeent</li>
<li>j&#39;ai peu de temps parce que je fais ça sur mes loisirs et en ce moment mes loisirs, ben...</li>
<li>je ne pratique pas professionnellement alors j&#39;ai pas sous la main une machine de compète ou un serveur pour stocker pleins de données</li>
<li>je ne sais pas vraiment où trouver de la donnée de qualitay</li></ul>

<p>OR DONC pour contourner tout ceci je me suis dit que j&#39;allais faire des cartes hyper simples.
Pas le temps ? une seule mise en page. Les mises en page, c&#39;est chronophage ? plus de légende (les flèches nord aussi. T&#39;façon elles ne servent à rien quand <em>toutes</em> les cartes sont orientées au nord), plus d&#39;échelle parce que les gens ne la regardent pas (surtout dans une vignette affichée sur internet). Je sais pas où trouver l&#39;info ? je vais aller la chercher à un seul endroit. Mon QGIS rame misérablement ? je vais faire des cartes de Paris (merci l&#39;<em>opendata</em>).</p>

<p>Et comme disait Perrec, les contraintes libèrent la créativité. Enfin dans mon cas elles permettent surtout de produire quelque chose. Au final, beaucoup de cartes de Paris, même si je n&#39;ai pas réussi à être suffisamment inventif pour toutes les consignes.</p>

<h2 id="les-cartes" id="les-cartes">Les cartes</h2>

<h3 id="jour-1-points" id="jour-1-points">Jour 1 : points</h3>

<p>Un jeu de données de points sympa : les arbres parisiens. Ceci dit, à part montrer qu&#39;il y a des arbres dans les rues, cette carte ne montre rien. Alors j&#39;ai manipulé un peu les données attributaires et après avoir tenté la hauteur j&#39;ai joué avec la circonférence.</p>

<p>Ha! si quand même on voit bien les espaces verts qui ne sont pas gérés par la ville, comme le Luxembourg, le Jardin des Plantes, les Tuileries... et on voit aussi TRÈS bien les cimetières. Plus les arbres sont gros en circonférence, plus la couleur verte (ben oui verte, forcément) est intense ce qui permet de dessiner nettement certains axes</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102451-5b59b214-me.png" alt="arbres"></p>

<h3 id="jour-2-lignes" id="jour-2-lignes">Jour 2 : lignes</h3>

<p>Lancé à la découverte du portail open data de la Ville de Paris, j&#39;allais quand même pas juste afficher les voies alors j&#39;ai cherché les pistes cyclables. Et les équipements (stationnement, bornes, arceaux).  C&#39;est décevant car il y en a presque partout. Sauf chez ces gros bourgeois décadents du XVI°, merci à eux car ils sont tellement caricaturaux ceux là qu&#39;on peut les mettre à l&#39;index sur presque toutes les cartes. ce qui est bien pratique.</p>

<p>Le mode fusion permet de bien voir où on a <em>beaucoup</em> d&#39;équipements en empilant les objets. Voilà. Un joli jeune lumineux.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102453-d65f4dd7-me.png" alt="vélo"></p>

<h3 id="jour-3-polygones" id="jour-3-polygones">Jour 3 : polygones</h3>

<p>Oui bon j&#39;en ai produit plusieurs le même jour (car j&#39;étais dans le train) et j&#39;ai pas été hyper inspiré mais que voulez-vous c&#39;est une pratique aussi. Alors figurez-vous que les espaces de stationnement sont des polygones, même si vus de loin on dirait des lignes. Je voulais tenter de montrer que la voiture prend trop de place (bonjour l&#39;originalité woke) mais ce genre de donnée à l&#39;échelle de la ville, a vite tendance à tout recouvrir.</p>

<p>Donc j&#39;ai distingué les espaces de stationnement en fonction de leur destination : sont-ils réservés à l&#39;autopartage, aux vélos cargo et aux véhicules électriques ? ou bien aux gros diesels qui puent ? Réponse en image.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102455-cd05d89c-me.png" alt="stationnement"></p>

<h3 id="jour-4-hexagones" id="jour-4-hexagones">Jour 4 : hexagones</h3>

<p>Les hexagones, c&#39;est flatteur, ça donne l&#39;impression que t&#39;es un champion (heu en fait j&#39;ai suivi un tuto mais rassurez-vous c&#39;était facile) et... c&#39;est vrai ça claque.</p>

<p>Autant avoir un truc marquant à représenter. Ici par exemple on voit bien qu&#39;il n&#39;y a pas de logement social sur le fleuve.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102457-5fe7e1f9-me.png" alt="logement"></p>

<h3 id="jour-5-un-voyage" id="jour-5-un-voyage">Jour 5 : un voyage</h3>

<p>C&#39;est là que j&#39;ai commencé à comprendre que mes contraintes n&#39;allaient pas me permettre de tout faire. J&#39;aurais voulu montrer des déplacements d&#39;animaux mais j&#39;ai pas trouvé de donnée, j&#39;ai épuisé <a href="https://opendata.paris.fr/">https://opendata.paris.fr/</a> et je suis tombé à court d&#39;idée. Et de temps parce que bon c&#39;est pas mon travail rappelez-vous.</p>

<p>Alors j&#39;ai commis ceci en prétextant que le voyage, c&#39;est celui des cafetiers quand ils montent et démontent des terrasses ; un argument des plus spécieux je vous l&#39;accorde.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102453-d65f4dd7-me.png" alt="terrasses"></p>

<p><em>Bon zut c&#39;est un gif animé mais ça se voit pas  parce que le fichier passe par un gestionnaires d&#39;images.</em></p>

<h3 id="jour-6-raster" id="jour-6-raster">Jour 6 : raster</h3>

<p>Dans notre jargon, raster vaut pour <em>image qu&#39;on peut représenter sur une carte</em>, souvent un fond de plan genre photo aérienne ou carte IGN.</p>

<p>J&#39;ai donc touché le fond et j&#39;ai un peu honte mais je suis aussi content d&#39;avoir contourné la consigne : comme la définition du challenge comprend : <em>heatmaps, or any continuous surface data</em>, et bien tadaa :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102459-85dccbab-me.png" alt=""></p>

<h3 id="jour-7-vintage" id="jour-7-vintage">Jour 7 : vintage</h3>

<p>J&#39;ai eu du bol parce que j&#39;étais tombé quelques jours auparavant sur <a href="https://andywoodruff.com/posts/2024/qgis-hand-drawn-maps/">le site d&#39;Andy Woodruff</a> qui fournit des ressources pour restituer des cartes modernes comme des anciennes (et avec du logiciel).</p>

<p>Il le fait avec mille fois plus de grâce que moi mais bon l&#39;idée était là. En plus j&#39;ai appris des trucs, par exemple comment donner un effet “<em>aquarelle déposée à la main</em>” avec des taches de couleurs plus soutenues et positionnées aléatoirement dans les aplats de couleur (ici dans le rose. À vrai dire c&#39;est presque invisible sur l&#39;image mais c&#39;est comme le maquillage quand il y en a trop on ne voit plus que ça. Ça rend mieux sur l&#39;image originale avec une résolution supérieure)</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102501-0d24f215-me.png" alt=""></p>

<h3 id="jour-12-temps-et-espace" id="jour-12-temps-et-espace">Jour 12 : temps et espace</h3>

<p>Vous aussi vous avez remarqué que 30 jours d&#39;affilée c&#39;est beaucoup ? J&#39;en ai eu un peu marre, j&#39;ai une vie aussi, merde ! Et j&#39;ai beaucoup eu la flemme haha.</p>

<p>Et en vrai les consignes entre 7 et 12 étaient compliquées :</p>
<ul><li><em>data : HDX</em>, c&#39;est-à-dire qu&#39;il faut aller chercher des données sur HDX, un hub de données humanitaires. Figurez-vous qu&#39;il n&#39;y a rien en France, même pas une carte des soupes populaires (bon ces derniers temps ce serait un travail conséquent de maintenir à jour une telle information) et j&#39;ai déclaré forfait</li>
<li><em>AI only</em> m&#39;a fait voir rouge, franchement c&#39;est moche de pousser les gens à utiliser ces saloperies et j&#39;étais pas dans le mood de trouver un détournement (j&#39;ai vu passer une jolie carte extraite du jeu Civilization : <em>quand j&#39;étais petit, l&#39;IA c&#39;était l&#39;ordinateur contre lequel on jouait</em>, encore un quarantenaire tiens, dont je suis jaloux car c&#39;était une bonne idée).</li>
<li><em>pen &amp; paper</em> me tentait bien mais j&#39;étais sec, c&#39;était dimanche j&#39;étais vaguement déprimé et j&#39;ai rien fait</li>
<li><em>arctic</em> j&#39;ai pas trouvé de donnée rigolote, le plus intéressant c&#39;était de travailler sur les niveaux de glace, mais les données que j&#39;ai trouvé demandaient un traitement préalable</li></ul>

<p>DONC jour 12, <em>time and space</em>. J&#39;ai tenté de faire une carte sur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/TARDIS">le TARDIS</a>, c&#39;aurait été trop classe ! il existe moult sites de fan évidemment, dont <a href="https://tardis.fandom.com/wiki/Category:Earth_locations_by_city">un wiki truffé d&#39;informations</a> par exemple la liste de <em>toutes les villes visitées par le TARDIS</em> 0_o</p>

<p>Malheureusement mes talents ridicules ne me permettent pas de transformer ce matériau brut en donnée exploitable par un SIG et je me suis rabattu sur l&#39;opendata de la SNCF en voulant faire ma propre carte des lignes fermées.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102503-66963dc9-me.png" alt="sncf"></p>

<p>C&#39;est une semi-réussite parce que la carte ne montre que ce que la SNCF nous présente, c&#39;est-à-dire SES lignes, mais on ne voit pas le patrimoine qui a disparu depuis 1850 et qui est considérable.</p>

<p>Tout ça parce que je discutais à l&#39;apéro avec une copine qui me soutenait que c&#39;est cool de pouvoir aller en 3h à Marseille et que les lignes fermées c&#39;est surtout du fret, tandis que je lui expliquais à quel point je préfèrerais qu&#39;on voyage dans des conditions décentes sur un réseau plus dense. Au lieu de traverser le pays rapidement mais en étant traité comme du bétail et en devant prendre une voiture pour aller dans toutes ces villes où la gare est fermée. Bref.</p>

<h3 id="jour-14-le-monde" id="jour-14-le-monde">Jour 14 : le monde</h3>

<p>Passé mon premier trou dans la production cartographique, j&#39;ai cessé d&#39;avoir des scrupules et <em>jour 13 nouvel outil</em> ça me disait trop rien. Alors je suis allé regarder les données de l&#39;ACLED (<a href="https://acleddata.com/">Armed Conflict Location &amp; Event Data</a>) pour essayer un truc différent.</p>

<p>C&#39;est pas très concluant (d&#39;un point de vue carto j&#39;entends), je pense que j&#39;ai manqué de temps pour trouver des données plus facile à exploiter.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102505-68552f6b-me.png" alt="women"></p>

<p>Et puis j&#39;aime pas faire des cartes du monde, les projections rendent jamais bien, ya plein d&#39;espace perdu là franchement c&#39;est vilain.</p>

<h3 id="jour-16-choroplète" id="jour-16-choroplète">Jour 16 : choroplète</h3>

<p>Entre les deux il y avait <em>jour 15 ma donnée</em>, et j&#39;aurais pu récupérer par exemple la trace de notre voyage de cet été, mais pour que la carte vaille le coup il aurait fallu un effort de mise en page qui dépasse mes capacités alors hop ! forfait.</p>

<p>Je note que plus j&#39;avance plus j&#39;ai de facilité à déclarer forfait, je vais bientôt décréter que le mois de novembre ne compte que 19 jours haha.</p>

<p>Ceci dit, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_choropl%C3%A8the">choroplète</a> (<em>cartogramme à teintes dégradées</em> était tellement plus classe) c&#39;est un peu la base de la représentation carto et je me suis dit <em>tant qu&#39;à faire soyons ambitieux</em> avec une carte bivariée.
Là encore j&#39;ai bien entendu suivi un tutoriel, et choisi deux informations qui sont forcément reliées (oui sinon la carte c&#39;est du charabia) mais <em>peut être pas forcément</em> de la manière qu&#39;on pourrait imaginer ? enfin c&#39;est ce que je me disais au début.
Donc : quelle relation entre le niveau de revenu et le nombre de familles monoparentales ?</p>

<p>Et alors c&#39;est marrant car j&#39;ai travaillé à l&#39;IRIS (la plus petite unité de découpage du territoire pour l&#39;INSEE) car ce genre de carte à l&#39;arrondissement n&#39;aurait aucun intérêt. Heu ou en étais-je ? oui ce qui est marrant en vrai, c&#39;est que plusieurs IRIS parisiens n&#39;ont tout bonnement pas d&#39;habitant, ce qui est logique mais un peu bizarre quand même (exemples le champ de mars, le jardin des plantes ou les Tuileries).</p>

<p>Sinon ce qui n&#39;est pas marrant, c&#39;est que les familles monoparentales sont pauvres. Enfin en vrai ce que dit la carte, c&#39;est qu&#39;il y a beaucoup de familles monoparentales dans les IRIS où le niveau de revenu est plus faible, mais ceux qui savent, savent.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102507-84034764-me.png" alt="iris"></p>

<p>À part ça, je suis drôlement content du résultat, parce que c&#39;est joli à regarder.</p>

<h3 id="jour-18-3d" id="jour-18-3d">Jour 18 : 3D</h3>

<p>Plus aucun scrupule donc, j&#39;ai allégrement zappé <em>jour 17 carte collaborative</em> et recyclé une carte avec <em>effet 3D</em> produite avec QGIS et Blender il y a quelques mois parce que :</p>
<ol><li>ce genre de carte me fascine, on trouve des magiciens sur internet qui produisent des images sublimes</li>
<li>Geotribu avait publié <a href="https://geotribu.fr/articles/2024/2024-05-28_carte-relief-ombre-avec-blender-partie-1-preparation-donnes-avec-qgis-et-gdal/">une traduction du tutoriel</a> d&#39;un des magiciens en question</li></ol>

<p>Alors <em>spoiler</em> c&#39;est accessible de suivre le tutoriel, mais en comprendre toutes les subtilités par contre... pas vraiment. En plus il faut un temps de traitement conséquent pour générer l&#39;image 3D ce qui explique que je ne me sois pas relancé dans le processus.</p>

<p>À la place j&#39;ai partagé cette carte de Cotignac où les habitués reconnaîtront les alentours.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102509-62fbc72e-me.png" alt="cotignac"></p>

<h3 id="jour-21-conflit" id="jour-21-conflit">jour 21 : conflit</h3>

<p>Qu&#39;avons-nous raté entre-temps ?
Bah d&#39;abord <em>jour 19 typographie</em> : là c&#39;est sûr les cartes qui envoient du pâté utilisent du texte pour représenter les objets et certains rendus sont bluffants.</p>

<p>C&#39;est autant à ma portée que de devenir cosmonaute.</p>

<p>L&#39;autre solution c&#39;est de jouer avec le texte, par exemple en n&#39;affichant que les rue de Paris dont le nom contient <em>typographie</em>... ça m&#39;aurait pas demandé trop de travail remarquez.
Ha merde ! avec le recul je me rends compte que j&#39;aurai pu mettre en avant les rues qui portent des noms de typographes. <a href="https://barricades.ac.uk/items/show/105">Plusieurs révolutionnaires en étaient</a> mais bonjour le travail de compilation dans la liste des rues de Paris :/
Cette carte aurait eu le mérite de mettre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Bernard">Martin Bernard</a> en avant.</p>

<p>J&#39;ai aussi raté <em>jour 20 openstreetmap</em>, je sais plus pourquoi, je devais avoir piscine. Et puis je suis mauvais avec OSM, j&#39;ai jamais réussi à extraire de la donnée comme je voulais.</p>

<p>Nous voici donc à la thématique <strong>conflit</strong>, chouette ! j&#39;aurais pu creuser les données ACLED déjà mentionnées plus haut pour sortir des informations hyper réjouissantes n&#39;importe où dans le monde.
J&#39;ai préféré me recentrer sur Paris avec cette carte des barricades de mai 1871.
Haa la glorieuse époque où au lieu de se laisser enfumer par des salopards de politiciens on prenait les armes et on construisait la république idéale.</p>

<p>Ça laisse songeur.</p>

<p>La donnée la plus précise que j&#39;ai trouvé <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8494156h">a cette gueule sur Gallica</a>, autant dire qu&#39;elle n&#39;est pas immédiatement exploitable.
Comme hélas les barricades ne furent pas <em>si</em> nombreuses, je me suis amusé à la digitaliser car personne ne l&#39;avait fait jusqu&#39;ici. Ou plutôt, je suis certains que plein de gens l&#39;ont fait, mais personne n&#39;a mis son travail sur les internets, franchement pas bravo les gars.</p>

<p>Alors voici le résultat. Si j&#39;ai le mojo je trouverai un endroit où déposer le fichier pour de futur.e.s bénéficiaires.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102511-a0d9cf49-me.png" alt="barricades"></p>

<h3 id="jour-22-2-couleurs" id="jour-22-2-couleurs">Jour 22 : 2 couleurs</h3>

<p>Mouhaha, trop facile une carte avec deux couleurs seulement, c&#39;est la base des <em>choroplètes</em> souvenez-vous. Et j&#39;avais récupéré en début de mois le résultat des élections au premier tour des dernières présidentielles.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102513-b0ca8e0d-me.png" alt="elections"></p>

<p>Et oui, j&#39;ai rangé Macron dans “la droite” si jamais quelqu&#39;un se posait la question.</p>

<h3 id="jour-23-mémoire" id="jour-23-mémoire">Jour 23 : mémoire</h3>

<p>L&#39;idée d&#39;origine je crois c&#39;est que les gens partagent quelque chose de leur mémoire personnelle. Moi j&#39;ai <a href="https://opendata.paris.fr/pages/catalogue/?q=m%C3%A9moire">tapé “mémoire” dans la barre de recherche</a> et hop. A posteriori je me dis que j&#39;aurais dû <a href="https://social.numerique.gouv.fr/@ignfrance/113531016109794711">faire comme eux</a> et poser les données dans une grille car là on ne voit pas très bien le nombre.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102515-1cfc81b8-me.png" alt="plaques"></p>

<h3 id="jour-24-circulaire" id="jour-24-circulaire">Jour 24 “circulaire”</h3>

<p>“<em>Seulement des formes rondes</em>”, bon. Je pense que c&#39;est un peu nul comme consigne mais pourquoi pas (et à vrai dire j&#39;ai vu des productions intéressantes, par exemple <a href="https://fosstodon.org/@cvidonne/113543108591421737">ici</a> ou <a href="https://mapstodon.space/@heigit/113542743219293120">là</a>).</p>

<p>Ça m&#39;a permis de creuser un peu plus les modes de représentation dans QGIS pour avoir des ronds en guise de remplissage des polygones.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/05/20251005102517-9ac67cdb-me.png" alt="circulaire"></p>

<h2 id="conclusion" id="conclusion">Conclusion</h2>

<p>Eeeet oui ma foi je me suis arrêté là.</p>

<p>Comme ça, sans explication sans petit mot et sans même attendre la fin du mois. J&#39;ai ainsi raté :</p>
<ul><li><em>heat</em> j&#39;ai bien fait une tentative mais qui donne rien, il aurait fallu que je me farcisse des papiers méthodo pour la production de cartes d&#39;ilots de chaleur et on se serait rendu compte avec étonnement que paris est une fournaise sauf éventuellement dans les espaces verts</li>
<li><em>map projections</em> j&#39;aurais bien aimé pouvoir jouer avec <a href="https://images.theconversation.com/files/372399/original/file-20201201-13-onm3ij.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=754&amp;fit=crop&amp;dpr=3">Spilhaus, de loin ma projection favorite</a>, mais elle n&#39;est pas implémentée dans QGIS et les manipulations de systèmes de projection demandent quand même de s&#39;y connaître un peu bref c&#39;est compliqué</li>
<li><em>micromapping</em> , hm aurait pu être un jocker car j&#39;avais récupéré des données très détaillées pour cartographier un bout de trottoir</li>
<li><em>the blue planet</em></li>
<li><em>data : overture</em></li></ul>

<p>Je l&#39;ai déjà écrit plus haut, mais j&#39;ai une vie, un travail, envie d&#39;autres choses et pas le temps de faire comme l&#39;auteur de (cette merveille d&#39;ailleurs) :</p>

<p><img src="https://images.epagine.fr/161/9782370554161_1_75.jpg" alt=""></p>

<p>Qui a passé plusieurs années à farfouiller les bibliothèques pour fabriquer son atlas (d&#39;ailleurs si vous trouvez des similitudes, c&#39;est qu&#39;elles existent, et je tiens à préciser que je n&#39;ai <em>rien</em> copié dans ce livre car si je l&#39;ai acheté début novembre, je ne l&#39;ai lu que le 21,mais le nombre de cartes possibles de Paris n&#39;est pas infini. Enfin je ne pense pas).</p>

<p>C&#39;est ainsi que j&#39;ai terminé le challenge de novembre, dans la déconfiture la plus totale.
J&#39;en retire deux trois trucs malgré tout. J&#39;ai remis les mains dans QGIS ce qui me rend encore plus fier de travailler à propager la gloire d&#39;un des logiciels open source les plus immédiatement utiles aux gens.
Je me suis aussi rappelé à à quel point c&#39;est duuuur de faire de jolies cartes donc je regarde de nouveau la production des gens, d&#39;un œil neuf.
J&#39;ai eu des interactions sur un réseau social fréquenté par mes pairs, c&#39;est marrant et je comprends que certains y passent un temps infini.</p>

<p>Par contre cela ne m&#39;a <em>pas</em> appris à me tenir à une routine mais je devrai me faire une raison : à part en ce qui concerne les mauvaises habitudes, aucune routine ne prendra plus jamais chez moi.</p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:carto" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">carto</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.parpoil.org/les-cartes-de-novembre</guid>
      <pubDate>Thu, 21 Nov 2024 19:26:10 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Les vieux cocos</title>
      <link>https://blog.parpoil.org/les-vieux-cocos</link>
      <description>&lt;![CDATA[L&#39;année passée j&#39;avais réussi à visiter le Mobilier National, enfin le site qui se trouve à côté de chez moi dans le 13°, à l&#39;occasion des journées du Patrimoine. &#xA;&#xA;Sachez en passant que c&#39;était vraiment trop bien, à la fois marrant, intéressant et complètement décalé -notamment parce que j&#39;ai aussi visité  la manufacture nationale des Gobelins qui est au même endroit-, de penser que des gens continuent à travailler comme au moyen-âge en plein Paris et là je pense bien sûr aux tisserandes qui par exemple en 2023 terminaient la tapisserie des JO 2024 dessinée par Marjane Satrapi, sur des métiers à tisser âgés au bas mot de 200 ans. !--more--&#xA;&#xA;J&#39;étais ressorti emballé, pensez-vous pour entrer dans ce bâtiment magnifique (conçu par Auguste Perret, rien que pour ça la visite vaut le coup tout est trop bien pensé et juste sublime... oui bon c&#39;est un entrepôt géant, mais signé Perret !) l&#39;établissement a eu l&#39;initiative géniale de dérouler dans la cour le tapis rouge de l&#39;Élysée que j&#39;ai donc foulé de mes propres pieds, à l&#39;instar de Poutine ou Kadhafi oui parfaitement.  &#xA;Halala et en plus j&#39;avais aussi visité les ateliers de l&#39;école des Gobelins en suivant, on ne m’arrêtait plus et c&#39;était pas mal aussi.&#xA;&#xA;Voici donc en guise d&#39;introduction, un très bref résumé de ma première expérience d&#39;adulte des journées du Patrimoine durant laquelle je m&#39;étais dit qu&#39;en fait c&#39;est bien ce truc et qu&#39;il faudrait le reconduire les années suivantes.&#xA;&#xA;Comme de juste en 2024 je me suis souvenu de leur existence une semaine avant et j&#39;ai jeté un oeil à la carte interactive (plutôt une bonne idée la carte hein) du Ministère, pour me rendre compte, évidemment, que tous les trucs intéressants à visiter étaient déjà complets depuis probablement des semaines. &#xA;&#xA;Je me suis donc résolu à traverser le périphérique et j&#39;ai réservé une visite des immeubles en étoile d&#39;Ivry. &#xA;&#xA;C&#39;est super exotique, et ce dès le rendez-vous sur une des places situées au milieu d&#39;un des complexes à quelques mètres de la mairie.&#xA;&#xA;place voltaire&#xA;&#xA;En plus le mode de visite est cool puisqu&#39;elle est organisée par une asso de riverains qui font donc visiter... leur propre domicile, celui de leurs voisins et en profitent pour raconter leur vie.  &#xA;Pour ne rien vous cacher, ces braves gens semblent avoir largement atteint l&#39;âge de la retraite et pour la plupart vivent dans le quartier depuis sa construction ou pas loin ; le plus alerte d&#39;entre eux n&#39;était arrivé là qu&#39;en 1983 et s&#39;est révélé très sympa, ainsi qu&#39;intarissable sur les bénéfices de l&#39;urbanisme qui facilite la vie en communauté, comme sur l&#39;incurie des gestionnaires publics dont dépend l&#39;entretien des bâtiments et plus globalement sur les incivilités qui pourrissent la vie des gens (oui les communistes aussi deviennent un peu réac en vieillissant, ceci dit je ne peux pas lui donner entièrement tort). &#xA;&#xA;vu de l&#39;extérieur&#xA;&#xA;Une partie du plaisir consiste à voir les logements des gens, j&#39;avoue c&#39;est une joie de voyeur dont j&#39;ai pu heureusement constater qu&#39;elle est largement partagée, je ne suis donc pas autant détraqué qu&#39;on pourrait le penser. &#xA;&#xA;L&#39;autre partie (du plaisir) vient de la découverte de cet endroit littéralement incroyable. De l&#39;extérieur déjà (mais tous ceux qui ont déjà traversé Ivry se sont forcément demandé ce que sont ces bâtiments improbables collés à la monstruosité qu&#39;est l&#39;hôtel de ville) il est difficile de comprendre la manière dont s&#39;agencent ces multiples flèches de béton brut qui pointent en tous sens et entre lesquelles poussent des arbres à chaque étage. En plus certains bâtiments sont posés sur de longues jambes et il n&#39;y a pas deux halls ou porte identiques. &#xA;&#xA;l&#39;extérieur encore&#xA;&#xA;Et puis on dira ce qu&#39;on veut mais le béton brut, ça claque. Certes là il accuse son âge et les griefs des résidents sur son entretien semblent fondés.&#xA;&#xA;À propos de l&#39;extérieur, une des autres visites organisée permet de découvrir les espaces communs et notamment les jardins mais bon il aurait fallu venir aussi le matin ça faisait beaucoup, même si le repas partagé avec les habitants était sûrement très sympa.&#xA;&#xA;une entrée&#xA;&#xA;Mais c&#39;est pas pour ça qu&#39;on est là, nous on veut découvrir le truc de l&#39;intérieur et dieu quelle splendeur je regrette de n&#39;avoir vu que trois appartements (et l&#39;école mais je garde le meilleur pour la fin). D&#39;abord ils sont très agréables, pourvus de vastes baies vitrées et disposant chacun d&#39;un minimum de terrasses. Et j&#39;ai aussi l&#39;impression qu&#39;il n&#39;y en n&#39;a pas deux pareils. Le Renaudie s&#39;est bien fait suer et c&#39;est pas lui qui aurait proposé un unique plan d&#39;appartement à tous les habitants, ça non. &#xA;&#xA;Les appartements donc, ont au moins une terrasse (certains en ont plusieurs), certaines petites, d&#39;autres gigantesques (j&#39;aurais aimé voir l&#39;appartement qui dispose de deux fois 100 m2 de terrasse), des agencements rigolos et pas un seul angle droit c&#39;est assez curieux. Ceux qui sont de plain-pied présentent l&#39;inconvénient principal d&#39;être un peu bas de plafond. Bon, c&#39;est pas le cas de celui-ci :&#xA;&#xA;duplex&#xA;&#xA;Oui car une bonne partie d&#39;entre eux sont des duplex avec des détails qui tuent, comme ce faux plafond venant encadrer ce sublime escalier à vis (je me rends compte en mettant la photo qu&#39;elle est pourrie, désolé) :&#xA;&#xA;escalier à vis&#xA;&#xA;D&#39;ailleurs cet appartement dispose de trois terrasses, dont deux assez grandes pour prendre le café tranquilou autour d&#39;une petite table et de deux chaises installées dans l&#39;herbe. Certaines sont faites pour être utilisées comme jardin, d&#39;autres sont clairement trop petites, elles amènent un peu de verdure jusque dans le logement et c&#39;est tout (et c&#39;est déjà pas mal). &#xA;&#xA;terrasse&#xA;&#xA;Selon plusieurs des personnes croisées ce jour-là, ces logements ont eu assez peu de succès auprès des destinataires originels du projet, à savoir les ouvriers de la ceinture rouge, semble-t-il par excès d&#39;originalité. Ou plutôt comme le dit notre cicerone avec un mélange de candeur et de classisme &#34;les gens se pouvaient pas venir avec leur cuisine ou leur salle à manger parce que ça rentrait pas&#34; (dans ces pièces sans angle droit, rappelez-vous) alors les immeubles se sont remplis d&#39;artistes, profs et professions libérales... tous plutôt fauchés quand même et certainement pas de droite haha.&#xA;&#xA;un poteau&#xA;&#xA;Matez-moi ces détails pfiou. Bon il faut dire en même temps que tous ces recoins, petites allées, entrées dérobées aux regards... doivent faire le bonheur des dealers et je crois qu&#39;il y a eu quelques problèmes de ce style malgré le fait qu&#39;on se trouve en plein centre ville.&#xA;&#xA;Bref c&#39;est vraiment super et le clou du spectacle était la visite de l&#39;école primaire dont on n&#39;attendait pas forcément grand-chose, mais qui en fait porte elle aussi un projet social : de gigantesques (oui bon nous sommes plutôt habitués aux écoles parisiennes nous autres il faut bien dire) espaces communs permettant de se déplacer facilement et qui aboutissent à un espace central où peuvent déambuler les enfants (qui se trouve être aussi la bibliothèque en toute simplicité), des classes toutes différentes séparées des couloirs par des baies vitrées....&#xA;&#xA;lumière&#xA;&#xA;La lumière provient des fenêtres bien entendu, mais aussi de ces baies vitrées situées à 7m du sol et qui comportent curieusement des fenêtres munies de poignées, pourquoi pas. &#xA;&#xA;cdi&#xA;&#xA;Franchement ce genre d&#39;endroit donne envie de redevenir un gamin pour courir partout et aussi bénéficier d&#39;un endroit chaleureux où tout le monde doit être à son aise, les salles de classe disposent de serres (oui la photo là est prise depuis l&#39;intérieur d&#39;une classe) :&#xA;&#xA;serre1&#xA;&#xA;D&#39;ailleurs dans la même classe de l&#39;autre côté de la porte, il y a son pendant :&#xA;&#xA;serre&#xA;&#xA;Avec ces bancs, là pour que les enfants s&#39;assoient en rond pour raconter ou écouter des trucs, ça change des tables alignées et chaque classe a son propre atrium :&#xA;&#xA;atrium&#xA;&#xA;Oui je floute les visages, enfin mon téléphone me permet de les faire carrément disparaître et comme de juste je n&#39;ai pas hésité un instant. Commentaire du directeur en désignant la fosse creusée dans le sol &#34;on n&#39;a jamais eu un seul accident&#34;.  &#xA;Chaque classe le sien et chaque classe différent :&#xA;&#xA;atrium&#xA;&#xA;Je dois dire que tout le monde était sous le charme et sans doute un peu jaloux de constater qu&#39;en fait on peut construire intelligemment en se mettant à la place des utilisateurs au lieu de livrer des boites où ranger les gens. &#xA;&#xA;Et pour couronner la visite, la cour. On pourra me rétorquer que tout ceci est bien minéral, alors certes c&#39;est pas la forêt (ceci dit il y a un parc de l&#39;autre côté de la rue, il est moins photogénique) mais par contre l&#39;intégration au quartier est totale :&#xA;&#xA;cour&#xA;&#xA;On a une grande cour pour jouer au ballon en hurlant, un classique de toutes les primaires, et de l&#39;autre côté on accède à un dédale d&#39;allées qui serpentent entre les étoiles vitrées qu&#39;on voyait d&#39;en bas tout à l&#39;heure, avec moult cachettes et escaliers qui multiplient les points de vue et pourraient continuer à l&#39;infini. &#xA;&#xA;école&#xA;&#xA;école&#xA;&#xA;À l&#39;infini comme notre visite de l&#39;endroit, mais toutes les bonnes choses ont aussi une fin. &#xA;&#xA;Allez dernier bonus dédié à toutes les enseignant.e.s de primaire, cette astuce à base de chambre à air usagées, pour aider les enfants gens à tenir assis devant un bureau :&#xA;&#xA;bureau&#xA;&#xA;#architecture #paris]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>L&#39;année passée j&#39;avais réussi à visiter le Mobilier National, enfin le site qui se trouve à côté de chez moi dans le 13°, à l&#39;occasion des journées du Patrimoine.</p>

<p>Sachez en passant que c&#39;était vraiment trop bien, à la fois marrant, intéressant et complètement décalé -notamment parce que j&#39;ai aussi visité  la manufacture nationale des Gobelins qui est au même endroit-, de penser que des gens continuent à travailler comme au moyen-âge en plein Paris et là je pense bien sûr aux tisserandes qui par exemple en 2023 terminaient <a href="https://www.mobiliernational.culture.gouv.fr/fr/actualites/le-projet-de-tapisserie-olympique-dapres-marjane-satrapi">la tapisserie des JO 2024 dessinée par Marjane Satrapi</a>, sur des métiers à tisser âgés au bas mot de 200 ans. </p>

<p>J&#39;étais ressorti emballé, pensez-vous pour entrer dans <a href="https://www.mobiliernational.culture.gouv.fr/fr/nous-connaitre/le-mobilier-national/batiment-perret">ce bâtiment magnifique</a> (conçu par Auguste Perret, rien que pour ça la visite vaut le coup tout est trop bien pensé et juste sublime... oui bon c&#39;est un entrepôt géant, mais signé Perret !) l&#39;établissement a eu l&#39;initiative géniale de dérouler dans la cour le tapis rouge de l&#39;Élysée que j&#39;ai donc foulé de mes propres pieds, à l&#39;instar de Poutine ou Kadhafi oui parfaitement.<br>
Halala et en plus j&#39;avais <em>aussi</em> visité les ateliers de l&#39;école des Gobelins en suivant, on ne m’arrêtait plus et c&#39;était pas mal aussi.</p>

<p>Voici donc en guise d&#39;introduction, un <em>très</em> bref résumé de ma première expérience d&#39;adulte des journées du Patrimoine durant laquelle je m&#39;étais dit qu&#39;en fait c&#39;est bien ce truc et qu&#39;il faudrait le reconduire les années suivantes.</p>

<p>Comme de juste en 2024 je me suis souvenu de leur existence une semaine avant et j&#39;ai jeté un oeil à <a href="https://journeesdupatrimoine.culture.gouv.fr/programme#/search@48.8322344,2.3430443,13.21">la carte interactive</a> (plutôt une bonne idée la carte hein) du Ministère, pour me rendre compte, <em>évidemment</em>, que tous les trucs intéressants à visiter étaient déjà complets depuis probablement des semaines.</p>

<p>Je me suis donc résolu à traverser le périphérique et j&#39;ai réservé une visite <a href="https://www.tourisme-valdemarne.com/jai-teste-pour-vous-la-visite-des-etoiles-de-renee-gailhoustet-et-jean-renaudie-a-ivry-sur-seine">des immeubles en étoile d&#39;Ivry</a>.</p>

<p>C&#39;est super exotique, et ce dès le rendez-vous sur une des places situées au milieu d&#39;un des complexes à quelques mètres de la mairie.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184317-ee5ad82a-me.jpg" alt="place voltaire"></p>

<p>En plus le mode de visite est cool puisqu&#39;elle est organisée par une asso de riverains qui font donc visiter... leur propre domicile, celui de leurs voisins et en profitent pour raconter leur vie.<br>
Pour ne rien vous cacher, ces braves gens semblent avoir largement atteint l&#39;âge de la retraite et pour la plupart vivent dans le quartier depuis sa construction ou pas loin ; le plus alerte d&#39;entre eux n&#39;était arrivé là qu&#39;en 1983 et s&#39;est révélé très sympa, ainsi qu&#39;intarissable sur les bénéfices de l&#39;urbanisme qui facilite la vie en communauté, comme sur l&#39;incurie des gestionnaires publics dont dépend l&#39;entretien des bâtiments et plus globalement sur les incivilités qui pourrissent la vie des gens (oui les communistes aussi deviennent un peu réac en vieillissant, ceci dit je ne peux pas lui donner entièrement tort).</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184327-9a363cb0-me.jpg" alt="vu de l&#39;extérieur"></p>

<p>Une partie du plaisir consiste à voir les logements des gens, j&#39;avoue c&#39;est une joie de voyeur dont j&#39;ai pu heureusement constater qu&#39;elle est largement partagée, je ne suis donc pas autant détraqué qu&#39;on pourrait le penser.</p>

<p>L&#39;autre partie (du plaisir) vient de la découverte de cet endroit littéralement incroyable. De l&#39;extérieur déjà (mais tous ceux qui ont déjà traversé Ivry se sont forcément demandé ce que sont ces bâtiments improbables collés à la monstruosité qu&#39;est <a href="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c6/H%C3%B4tel_Ville_-_Ivry-sur-Seine_%28FR94%29.jpg/520px-H%C3%B4tel_Ville_-_Ivry-sur-Seine_%28FR94%29.jpg">l&#39;hôtel de ville</a>) il est difficile de comprendre la manière dont s&#39;agencent ces multiples flèches de béton brut qui pointent en tous sens et entre lesquelles poussent des arbres à chaque étage. En plus certains bâtiments sont posés sur de longues jambes et il n&#39;y a pas deux halls ou porte identiques.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184322-87069e3d-me.jpg" alt="l&#39;extérieur encore"></p>

<p>Et puis on dira ce qu&#39;on veut mais le béton brut, ça claque. Certes là il accuse son âge et les griefs des résidents sur son entretien semblent fondés.</p>

<p>À propos de l&#39;extérieur, une des autres visites organisée permet de découvrir les espaces communs et notamment les jardins mais bon il aurait fallu venir <em>aussi</em> le matin ça faisait beaucoup, même si le repas partagé avec les habitants était sûrement très sympa.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184333-cf0ed090-me.jpg" alt="une entrée"></p>

<p>Mais c&#39;est pas pour ça qu&#39;on est là, nous on veut découvrir le truc de l&#39;intérieur et dieu quelle splendeur je regrette de n&#39;avoir vu que trois appartements (et l&#39;école mais je garde le meilleur pour la fin). D&#39;abord ils sont très agréables, pourvus de vastes baies vitrées et disposant chacun d&#39;un minimum de terrasses. Et j&#39;ai aussi l&#39;impression qu&#39;il n&#39;y en n&#39;a pas deux pareils. Le Renaudie s&#39;est bien fait suer et c&#39;est pas lui qui aurait proposé un unique plan d&#39;appartement à tous les habitants, ça non.</p>

<p>Les appartements donc, ont au moins une terrasse (certains en ont plusieurs), certaines petites, d&#39;autres gigantesques (j&#39;aurais aimé voir l&#39;appartement qui dispose de <em>deux fois 100 m2 de terrasse</em>), des agencements rigolos et pas un seul angle droit c&#39;est assez curieux. Ceux qui sont de plain-pied présentent l&#39;inconvénient principal d&#39;être un peu bas de plafond. Bon, c&#39;est pas le cas de celui-ci :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184339-ac0b473a-me.jpg" alt="duplex"></p>

<p>Oui car une bonne partie d&#39;entre eux sont des duplex avec des détails qui tuent, comme ce faux plafond venant encadrer ce sublime escalier à vis (je me rends compte en mettant la photo qu&#39;elle est pourrie, désolé) :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184344-26e00bd5-me.jpg" alt="escalier à vis"></p>

<p>D&#39;ailleurs cet appartement dispose de trois terrasses, dont deux assez grandes pour prendre le café tranquilou autour d&#39;une petite table et de deux chaises installées dans l&#39;herbe. Certaines sont faites pour être utilisées comme jardin, d&#39;autres sont clairement trop petites, elles amènent un peu de verdure jusque dans le logement et c&#39;est tout (et c&#39;est déjà pas mal).</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184400-71fcc332-me.jpg" alt="terrasse"></p>

<p>Selon plusieurs des personnes croisées ce jour-là, ces logements ont eu assez peu de succès auprès des destinataires originels du projet, à savoir les ouvriers de la ceinture rouge, semble-t-il par excès d&#39;originalité. Ou plutôt comme le dit notre cicerone avec un mélange de candeur et de classisme “<em>les gens se pouvaient pas venir avec leur cuisine ou leur salle à manger parce que ça rentrait pas</em>” (dans ces pièces sans angle droit, rappelez-vous) alors les immeubles se sont remplis d&#39;artistes, profs et professions libérales... tous plutôt fauchés quand même et certainement pas de droite haha.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184418-ee55ea46-me.jpg" alt="un poteau"></p>

<p><em>Matez-moi ces détails pfiou. Bon il faut dire en même temps que tous ces recoins, petites allées, entrées dérobées aux regards... doivent faire le bonheur des dealers et je crois qu&#39;il y a eu quelques problèmes de ce style malgré le fait qu&#39;on se trouve en plein centre ville</em>.</p>

<p>Bref c&#39;est vraiment super et le clou du spectacle était la visite de l&#39;école primaire dont on n&#39;attendait pas forcément grand-chose, mais qui en fait porte elle aussi un projet social : de gigantesques (oui bon nous sommes plutôt habitués aux écoles parisiennes nous autres il faut bien dire) espaces communs permettant de se déplacer facilement et qui aboutissent à un espace central où peuvent déambuler les enfants (qui se trouve être aussi la bibliothèque en toute simplicité), des classes <em>toutes différentes</em> séparées des couloirs par des baies vitrées....</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184423-a5926a3c-me.jpg" alt="lumière"></p>

<p>La lumière provient des fenêtres bien entendu, mais aussi de ces baies vitrées situées à 7m du sol et qui comportent curieusement des fenêtres munies de poignées, pourquoi pas.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184438-f6788749-me.jpg" alt="cdi"></p>

<p>Franchement ce genre d&#39;endroit donne envie de redevenir un gamin pour courir partout et aussi bénéficier d&#39;un endroit chaleureux où tout le monde doit être à son aise, les salles de classe disposent de serres (oui la photo là est prise depuis l&#39;intérieur d&#39;une classe) :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184452-9160ea02-me.jpg" alt="serre1"></p>

<p>D&#39;ailleurs dans la même classe de l&#39;autre côté de la porte, il y a son pendant :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184506-ee6fc386-me.jpg" alt="serre"></p>

<p>Avec ces bancs, là pour que les enfants s&#39;assoient en rond pour raconter ou écouter des trucs, ça change des tables alignées et chaque classe a son propre atrium :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184530-a3684215-me.jpg" alt="atrium"></p>

<p><em>Oui je floute les visages, enfin mon téléphone me permet de les faire carrément disparaître et comme de juste je n&#39;ai pas hésité un instant</em>. Commentaire du directeur en désignant la fosse creusée dans le sol “on n&#39;a jamais eu un seul accident”.<br>
Chaque classe le sien et chaque classe différent :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184553-17cf2ba6-me.jpg" alt="atrium"></p>

<p>Je dois dire que tout le monde était sous le charme et sans doute un peu jaloux de constater qu&#39;en fait on peut construire intelligemment en se mettant à la place des utilisateurs au lieu de livrer des boites où ranger les gens.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184543-86b9cddc-me.jpg" alt=""></p>

<p>Et pour couronner la visite, la cour. On pourra me rétorquer que tout ceci est bien minéral, alors certes c&#39;est pas la forêt (ceci dit il y a un parc de l&#39;autre côté de la rue, il est moins photogénique) mais par contre l&#39;intégration au quartier est totale :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184634-b10f2776-me.jpg" alt="cour"></p>

<p>On a une grande cour pour jouer au ballon en hurlant, un classique de toutes les primaires, et de l&#39;autre côté on accède à un dédale d&#39;allées qui serpentent entre les étoiles vitrées qu&#39;on voyait d&#39;en bas tout à l&#39;heure, avec moult cachettes et escaliers qui multiplient les points de vue et pourraient continuer à l&#39;infini.</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184639-6713627d-me.jpg" alt="école"></p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184649-8363449e-me.jpg" alt="école"></p>

<p>À l&#39;infini comme notre visite de l&#39;endroit, mais toutes les bonnes choses ont aussi une fin.</p>

<p>Allez dernier bonus dédié à toutes les enseignant.e.s de primaire, cette astuce à base de chambre à air usagées, pour aider les <del>enfants</del> gens à tenir assis devant un bureau :</p>

<p><img src="https://img.parpoil.org/_data/i/upload/2025/10/04/20251004184654-18b3f08e-me.jpg" alt="bureau"></p>

<p><a href="https://blog.parpoil.org/tag:architecture" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">architecture</span></a> <a href="https://blog.parpoil.org/tag:paris" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">paris</span></a></p>
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      <pubDate>Wed, 25 Sep 2024 22:20:49 +0100</pubDate>
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